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qui était haut et tranchant dans sa partie moyenne. La quatrième prémolaire rappelait par sa structure les dents précédentes, mais son tubercule postérieur était plus anguleux et plus coupant. Les deux vraies molaires avaient une partie antérieure comprenant trois pointes aiguës suivies d’un talon abaissé.
OXYÆNA GALLIÆ (Filh.)
Le genre Oxyæna dont je viens de rappeler brièvement les caractères si particuliers de la dentition n'avaitété trouvé jusqu'ici que par M. Cope, dans les dépôts éocènes du Nouveau-Mexique. Ce savant paléontologiste en avait signalé trois espèces, qu'il avait appelées Oxyæna morsitans, Oxyæna lupina et Oxyænaforcipata. Les recherches que j'ai faites dans les gisements de phosphate de chaux de Lamandine m'ont fait découvrir un fragment de maxillaire supérieur d’Oxyæna d’espèce différente de celles signalées en Amérique. La pièce que j’ai entre les mains comprend l’alvéole de la canine, les alvéoles des deux premières prémolaires et les deux secondes prémolaires en place. ,
La canine paraît avoir été forte et comprimée par ses faces latérales. Les diamètres antéro-postérieur et transverse de son alvéole sont de 0®020 et 0012. L'espace occupé sur le bord alvéolaire supérieur par les quatre prémolaires était de 0"057.
La première prémolaire était uniradiculée et presque contiguë à la canine. Son alvéole mesure 0"006 de longueur et 0005 de largeur. Au niveau de cette dent, le bord du maxillaire est oblique d'avant en arrière et de dehors en dedans, Dans tout le reste de son étendue, il a une direction absolument inverse. Il résulte de cette disposition que le bord du maxillaire supérieur supportant la série des prémolaires et des molaires forme à sa partie antérieure un angle accusé.
La deuxième prémolaire avait deux racines et elle semble avoir possédé un assez grand développement antéro-postérieur. L’étendue de l’espace qu'occupent ses deux alvéoles est en effet de 0"0137. La première racine était beaucoup plus puissante que la seconde.
Pt Les diamètres transverses de la première et de la deuxième racine de ces dents sont de 000% et de 0007.
La troisième ainsi que la quatrième prémolaires sont en place comme je le disais au commencement de cette description. Ces dents sont absolument semblabies comme structure à celles des Oxyœæna de l'éocène d'Amérique, seulement leurs proportions sont fort différentes ainsi qu'on pourra le voir en examinant le tableau
suivant :
OXY. GALLLE OXY. MORSITANS OXY. LUPINA OXY. FORCIPATA
EC CE CR. en LT,
3ePrém. 4ePrém. SePrém. 4e Prém. 3ePrém. 4ePrém. 3ePrém. 4ePrém
Longueur. \Ow017 OM017. ..... Om013 OmO15 O"017 OmOlL4 Om015 onto ee On A. 0 Sn ns St ee Om010 Om01?
Epaisseur. (0®012 OmOLÆ ..... OmQO11 0009 Ox016 0009 Om014
La troisième prémolaire de l'Oxryæna que je fais connaître est bien plus longue en même temps que plus large que celle de toutes les espèces Américaines. Quant à la quatrième prémo'aire, elle est aussi longue que l’est celle de l'Oxyœæna lupina, maïs elle est beaucoup moins large. Ces caractères distinctifs très nets ne permettront pas de confondre ces différentes formes animales.
Le bord antérieur du maxillaire supérieur, bien préservé sur l'échantillon que je décris, était fortement arrondi et très élevé dans sa partie postérieure. Ainsi sa hauteur, prise au niveau de l’espace qui sépare la troisième prémolaire de la quatrième, est de (m071. La face de l’'Oxryæna que j'ai trouvé était, par suite de ce fait, élevée, courteet arrondie. Le trou sous-orbitaire correspond à l’espace séparant la troisième de la quatrième prémolaire. Il est haut et large ; son élévation est de 0015 : sa largeur est de 0m0140. Son bord inférieur est distant de 0"013 du bord alvéolaire supérieur. La distance horizontale comprise entre le trou sous-orbitaire et la portion correspondante du bord antérieur du maxillaire supérieur est de 0"050. Ce dernier chiffre permet d’apprécier la grande brièveté du museau du carnassier que j'ai découvert.
Les caractères si particuliers offerts par la dentition ne permettent pas de confondre l’Oxyæna de Lamandine avec les espèces du même genre, découvertes au Nouveau-Mexique par M. Cope, aussi je proposerai de désiguer ce carnassier par un nom spécifique et je l’appellerai Oxryæna Gallie.
Je n’ai pas besoin d’appeler l'attention sur l'importance de la découverte du genre Oxyæna dans les dépôts éocènes de France. Elle vient établir un lien nouveau avec la faune éocène supérieure de l'Amérique du Nord. Quant à ce qui est de l’époque d’existence des Oxyæna en France, elle est très bien précisée par suite de la nature du dépôt dans lequel on l’a trouvée. À Lamandine l’on ne saurait prétendre qu’il y a eu des remaniements de couches renfermant les fossiles. Les ossements y sont englobés dans un calcaire lacustre phosphaté. Ce sont principalement des ossements de Palæotherium curtum, de Paloplotherium annectens et minus, de Hyænodon leptorynchus, de Pterodon dasyuroïdes que l’on retrouveassociés. Quant aux Mollusques, ce sont l’Zschurostoma formosum, le Planorbis cornu, le Liminea ore longo, le Limineaalbigensis, etc., qui caractérisent l’àge du dépôt. L'on peut dès lors affirmer que l’Oxyæna Galliw a vécu durant la partie de la période éocène supérieure correspondant dans le bassin de Paris à la formation des dépôts gypseux de Montmartre.
G. CÉPHALOGALE (Jourdan).
CEPHALOGALE GEOFFROYI (Jourd.)
Les Cephalogale ont été signalés jusqu'ici seulement dans le gisement du miocène inférieur de Saint-Gérand-le-Puy. J’ai obtenu dernièrement des dépôts de phosphate de chaux du Quercy une portion de maxillaire supérieur qui correspond de la manière la plus exacte à l'espèce décrite par Jourdan sous le nom de Cephalogale Geoffroyi. La pièce que j'ai entre les mains comprend la carnassière et les deux tuberculeuses si caractéristiques de ce genre de Mammifères. Je mets en parallèle dans le tableau suivant les mesures prises sur mon échantillon et celles qui correspondent à l’échantillon type découvert par Jourdan.
CARN. re TUBERC. 2e TUBERC.
Longueur... 0®"0150 O"0145 Omf12 OmOIt 0m9089 0Om0075 Hauteur .... (0O®0090 00090 Om005 Om005 00030 0%0030 Epaisseur... 0"0100 00100 Om(14 Om01Z 00130 O"0110
Il résulte de l’étude comparative des chiffres précédents que le Cephalogale dont j'ai obtenu les débris était, par la proportion de sa carnassière et de ses tuberculeuses supérieures, presque identique au Cephalogale Geoffroyi trouvé par Jourdan à Saint-Gérandle-Puy.
CEPHALOGALE MINOR (Filh.) (PI. V, fig. 1-6.)
J'ai fait connaitre cette espèce dans mon travail sur les Mammifères fossiles de l'Allier. Elle figurait dans la collection de M. Pomel, et j'avais pu l’établir à la suite de l'étude de deux fragments de maxillaires inférieurs, qui me paraissaient, « d’après le mode de constitution de leurs tuberculeuses, devoir être rapportées au genre Cephalogale. » Il y avait en effet identité de formes entre la première tuberculeuse du Cephalogale Geoffroyi et la première tuberculeuse qui existait sur ces màchoires. Une série de maxillaires inférieurs, découverts dans les dépôts de phosphate de chaux de Mouillac, m'ont montré que j'avais eu raison de soupconner l'existence ancienne d’une serte de Cephalogaie à taille réduite. J'ai fait reproduire sur la planche V dece travail, figures 1à 6, deux maxillaires inférieurs bien préservés du Cephalogale minor. Les deux pièces dont je donne les dessins me paraissent correspondre aux variations actuellement connues de la taille de ce carnassier.
Je n’'exposcrai pas ici les diverses particularités du système dentaire du Cephalogale minor, qui rappellent de la manière la plus exacte celles qui sont propres au Cephalogale Geoffroyi. Je me borverai seulement à appeler l'attention sur la forme de la carnassière. En décrivant plus haut la mandibule inférieure du mam-
er,
mifère que j'ai nommé Cynodictis Rossignoli, je fais remarquer que cet animal s’éloignait du type Cynodictis par une tendance bien accusée à la dissociation des pointes de sa carnassière. J'ajoute que cette dissociation commençonte peut faire soupçonner des analogies non encore prévues entre le type Cephalogale etles types Cynodictis et Amphicyon. Si l'on veut se reporter à la figure 7 de la planche V {figure type de Cynodictis), à la figure 10 de la planche VI {Cynodictis Rossignol) et à la figure 5 de la planche V (Cephalogale), Yon sera certainement frappé par la gradation successive que l’on observera dans la disposition ‘des pointes de la carnassière. Il est évident que par cette dent le Cynodictis Rossignoli tient le milieu entre les Cynodictis et les Cephalogale.
Sur le Cephalogale minor, comme sur le Cephalogale Geoffroyi, les tuberculeuses inférieures étaient très serrées les unes contre les autres, et il en résultait (voy pl. V, fig. 4) que la dernière de ces dents avait sa couronne inclinée presque verticalement. Si l’on compare la figure 4 de notre planche V à la figure du maxillaire inférieur du Cephalogale Geoffroyi, que j’ai donné dans le troisième volume des Archives du Musée de Lyon, l’on verra que par cette partie de leur système dentaire ces deux carnassiers étaient identiques.
J'ai pu recueillir dans les gisements de phosphate de chaux de Mouillac quatre maxillaires bien préservés de Cephalogale minor. Je vais donner dans une série de tableaux les mesures qui leur sont relatives. L’on pourra ainsi apprécier les différences de taille que cette espèce était susceptible de présenter :
; 4 SE Max. n°1. Max.n°2. Max.nc3. Max.n°4 Etendue de la série dentaire infé-
rieure en arrière de la canine... 0050 004$ Om018 0046 Espace occupé par les prémolaires. 0028 0w02?5 0026 Om024
Espace occupé par les molaires.. 0022 0w023 On022. 0022 Hauteur du maxillaire au niveau de la première prémolaire..... OmQ1# UND, LES Ge0l
Hauteur du maxillaire au niveau de la portion moyenne de la carnASMÉTO ressentent mere OmOIS Om013 0014 O2(13
a — Hauteur du maxillaire au niveau du bord postérieur de la der-
nière tuberculeuse......,..... 02023 OmQ17 O017 0»016 Epaisseur du maxillaireau nivear HPAAIDARRASSIÈrE 22 ds Ox(0S 02006 02006 0®006
Ces nombres montrent que, chez les Céphalogale minor, la série dentaire conservant à quatre millimètres près (0"050 et (046) la même étendue, la hauteur du corps du maxillaire pouvait varier de 0°023 à 0"0:6. Il y avait donc des Cephalogale minor à màchoires fortes, tandis que les mêmes parties de leur squelette étaient très grèles sur d’autres. On peut se rendre compte de ces différences, en examinant les figures ? et 4 de notre planche V.
Les mesures relatives aux prémolaires existant sur les maxillaires dont je viens d'indiquer les proportions sont les suivantes :
Maxillaire n° 1 :
jre Prém. 2e Prém. 3 Prém. 4e Prém.
{alvéole).
Ebngueur Ris te. 00040 00060 Om0070 Om0085 ARE © is... 00050 020034 0»0050 Ppaisseur. : 7.2.4... 0m0020 0m00?25 020030 0m0040 Maxillaire n° 2 :
LensReur-::.:..0. 0m)030 0®0050 0"0065 00080 MORE MS AR LS, 4... 0m0023 00030 0%0045 RIDALSSOLE 29e ae ste» oioe 0®0020 C20025 00030 00042? Maxillaire n° 3 :
Loneneur 23:05 Om0u20 0m0055 0»0060 00070 PATES Peas se ere OU ee 020030 0%0010 Gm0040 Hpaisseur 2227. ete. 020017 Om)027 0m0025 0»0032 Maxillaire n° 4 :
bongieur...- 0m0025 0m0055 0®0070 0®0080 ÉIMMREUT de 20 Doc act Sd OR Om0030 020040 020050 BDASSOUT ose hees ee » 0201020 C1030 0»0030 00040
Ces différents nombres montrent que, malgré les variations de
force du corps du maxillaire des Céphalogale minor, les proportions des dents restaient presque constantes. Les mesures relatives à la carnassière et aux tuberculeuses sont
les suivantes :
Maxillaire n° 1 :
Carnassière. {re Tub. 2e Tub.
Longueur.........., Om0140 0m0073 0m0040 Hauteur 0m0070 0w0030 0®0020 Fpalsseur CRC EE CEE 0m9060 00050 00040 Maxillaire n° 2 :
Lonateure ere 0w0140 0®0060 0w0050 Hauteur... 10 00070 0m0022 0m0050 Epaisseur ete 2.-te 0m0060 - 00050 026030 Maxillaire n° 3 :
Longueur -r2trreee 00130 00070 0®0030 Hauteure 2 retEters 00070 00039 00020 EHpalsseure-cenecrer 00055 00050 0®0030 Maxillaire n° 4 :
Longueur -#12# 00130 00060 0®0030 Hauteur." 2etre 00080 00030 020030 BpaiSseur.---#---#6e 00060 00050 00030
Je n’ai pu encore obtenir qu’un fragment de maxillaire supérieur portant la carnassière et la première prémolaire. Ces dents sont absolument identiques comme structure à celles du Cephalogale Geoffroyi. Leurs dimensions sont les suivantes :
Carnassière, 4re Tub.
LONEUCUPET EEE Eee. Om0100 0®008 HAUtEUT ET Le eee 00060 0r004 EPAISSeUT Eee ere 00075 0010
Il semble, d’après les débris que l’on en découvre actuellement, que le Cephalogale minor ait été un carnassier {rès abondant.