CARNASSIERS
OBSERVATIONS CONCERNANT LES VARIATIONS DONT LES ÆLUROGALE ÉTAIENT SUSCEPTIBLES
La formule dentaire des Ælurogale m'avait paru, lors de mes premières études sur ce genre de carnassier fossile, devoir être la suivante :
Inc: : Fe Can. : ie Prém. : -
[rs
bel - 1 . Carn. : —. Tub. : —.
ec
Mais ayant eu plus tard l’occasion d'observer un assez grand nombre de maxillaires inférieurs, je remarquai que la première prémolaire était uni-radiculée sur quelques spécimens, bi-radiculée sur d’autres. Je pensais que ces différences pouvaient tenir à la présence dans le jeune âge des quatre prémolaires inférieures, la première ayant une racine, la seconde deux. Je supposais alors qu’il se serait passé pour les Ælurogale le même fait que pour les Pseu-
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delurus. Chez ces Félins, en effet, les prémolaires inférieures, au nombre de quatre, avaient une grande tendance à disparaître de bonne heure, et il m'avait été possible de constater que souvent sur les maxillaires inférieurs qu’on observait, c'était tantôt la première à une racine dont la chute s’accomplissait sans laisser de traces, tantôt la seconde à deux racines. Mes prévisions relativement à la formule dentaire des Ælurogale étaient exactes, car j'ai pu examiner depuis plusieurs maxillaires inférieurs sur lesquels le nombre des prémolaires était de quatre. Le maxillaire d’Ælurogale minor que j’ai fait représenter sur la planche I accompagnant ce mémoire (fig. 9), fournit un exemple de cette disposition.
La formule dentaire de ce Félidé fossile varie donc suivant que les deux premières prémolaires ont persisté, ou bien suivant que la première ou la seconde sont tombées. Mais il peut se présenter un autre cas dans lequel rentre un maxillaire faisant partie de mes collections. La première et la deuxième prémolaire ont accompli simultanément leur chute et n'ont laissé aucune trace de leur existence primitive. Les Ælurogale dans ce cas ne possèdent plus que deux prémolaires comme les Chats actuels. Enfin une dernière simplification du système dentaire inférieur est observable chez ces carnassiers : certains d’entre eux ont perdu leur tuberculeuse. Faut-il se borner à considérer ces variations dans le nombre des dents, sur des animaux appartenant à un même genre, comme de simples accidents, ou bien ne devons-nous pas y voir la marque assurée d'une grande tendance à une variation devant avoir pour résultat l'apparition d’une race à système dentaire très simplifié ? C’est cette dernière opinion que je crois être exacte. En effet, si l’on observe la forme et la taille des premières prémolaires et de la tuberculeuse des Ælurogale, l’on est frappé de leur volume restreint par rapport au reste de la série dentaire, et il suffit de jeter les yeux sur la figure 9 de notre planche pour apprécier la justesse de cette observation. L'on voit tout de suite que l'on se trouve en présence d'organites ne jouant aucun rôle actif dans les phénomènes de la mastication ou de la préhension des aliments. Ils devaient primitivement être beaucoup plus développés et ils étaient utilisés alors pour les phénomènes de nutrition. Peu à peu, par suite de modifications dans le régime de l'animal auquel ils appartenaient, ils n’ont plus été employés de la même manière, et lente-
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ment, progressivement, ils se sont atrophiés. La couronne de la dent s’est abaïissée de plus en plus, elle a diminué suivant tous ses diamètres, alors que les racines de leur côté subissaient dans leur force, leur volume, des réductions parallèles. Ces dernières parties ont fini par être si petites que, pénétrant peu profondément dans l’intérieur du corps du maxillaire, elles étaient facilement arrachées, alors que le carnassier auquel elles appartenaient déchirait sa proie. Elles n’existaient plus dès lors que chez les animaux d’un àge peu avancé, et si on les rencontrait sur des sujets adultes, cela n’était qu'exceptionnellement. Cette réduction progressive des premières prémolaires à fini par être suivie de leur disparition. Quant à ce qui est de la tuberculeuse, les mêmes observations lui sont applicables. Son volume très réduit pouvait faire prévoir également sa disparition, et les Ælurogale ont perdu cette petite dent de la mème manière que les Hyænictis ont perdu leur dernière dent en série,
Il résulte de ces considérations générales que le nombre de dents des Ælurogale s’est lentement et successivement modifié et que la formule dentaire de ces animaux à varié ainsi qu’il suit :
3 4 2 1 1 Inc. PS au Prém. —. — Carn. —. — Tub. -—.
4 1 1 Inc. ©. — Prém. 2x ga. (TS Mine Tub. la pre- RES " ere MS p mière prémolaire est à deux racines.
. — Carn. —. — Tub. +, la pre-
cle
Inc. NT Prém.
mière prémolaire est à une racine.
Inc. M — Prém. —. — Carn. 24 — Tub. —
x |re
3 a Inc. rise Prém. —: — Carn. —. — Tub. +.
3 > Inc. eh Prém. —,— Çarn. +. — Tub.
Le dernier terme de la série est :
1 1 . — Carn. ro Tub. TR
Inc. FES Prém.
c’est-à-dire qu’un animal ayant primitivement au maxillaire infé-
rieur, par le nombre de ses dents, une dentition de Mustelidé, a acquis progressivement, sous l'influence seule des lois naturelles, une dentition de Chat.
Mais si les Ælurogale sont curieux à étudier au point de vue des modifications successives présentées par leur système dentaire, ils n’offrent pas un moindre intérêt au point de vue des variations de taille, de force, dont ils étaient susceptibles. J'ai pu, durant ces dernières années, arriver à constituer une série de maxillaires inférieurs, de grandeurs décroissantes, permettant de relier les formes les plus réduites aux formes les plus puissantes.
Le maximum de grandeur du maxillaire inférieur des Ælurogale m'a paru jusqu'ici être fourni par un échantillon que j’ai obtenu des gisements de Bach. J’ai fait représenter cet échantillon dans mon travail sur les animaux fossiles des phosphorites du Quercy, figure 212. L’étendue de la série dentaire, mesurée à partir du bord postérieur de l’alvéole de la canine jusqu’au bord postérieur de la tuberculeuse, est de 0"085. Le minimum de grandeur m'a été fourni par un maxillaire trouvé à Mouillac. L’étendue de la série dentaire en arrière de la canine, mesurée comme sur l'échantillon précédent, est seulement de 0"030. La hauteur du maxillaire au-dessous de la carnassière est de 0"036 sur le premier maxillaire, et de 0"013 sur le second. De pareils écarts dans la taille des carnassiers dont proviennent ces débris sembleraient indiquer des espèces bien distinctes. Comme on va le voir, il n’en est rien et j'ai pu arriver à trouver toute une série de formes intermédiaires, permettant de rattacher l’Ælurogale dont les prémolaires et les molaires inférieures occupaient un espace de 0"085 à l’Ælurogale chez lequel les mêmes dents occupaient un espace de 0"030. Afin qu’on puisse saisir facilement les faits que j'ai pu ainsi observer, je vais indiquer dans une série de tableaux les mesures relatives à l'étendue de la série dentaire, aux proportions du corps du maxillaire, à la grandeur des différentes dents. Les maxillaires sont toujours étudiés suivant le même ordre.
Longueur de la série dentaire en arrière de la canine.
Max. n° 1 (collection Filhol) (une seule prémolaire à une racine). 0085 Max. n° ? (collection Daudibertières) (une seule prémolaire à une racine et absence de tuberculeuse)..... 0074
La — 9) —
Max. n° 3 (collection Filhol) (une prémolaire à une racine)..... Om072 Max. n° 4 (collection Daudibertières) (une prémolaire à deux TAGS). se Le el: ASC 0m068 Max. n° 5 (collection Filhol) (une prémolaire à deux racines)... 0066 Max. n° 6 (collection Filhol) (une prémolaire à une racine) .... 0064
Max. n° 7 — — (une prémolaire à deux racines) .. 0055 Max. n° 8 —- —, : (deux prémolaires)..:.."1%. 2... 0m043
Max. n°9 — — (une prémolaire à deux racines, pas de tuberculeuse).......... Om036
Max. n° 10 = — (deux prémolaires, pas de tubercu- Lu Mnéto ot ena ed AU Om033
Max. n°11 — — (deux prémolaires, pas de tubercu- SEMMIS ONE A SAT ARRS OL VUITRE 0m030
Si sur les mêmes échantillons l’on recherche quelle est la hauteur du corps du maxillaire inférieur au niveau du bord postérieur de la canine et au niveau de la carnassière, l’on trouve lès nombres suivants :
Hauteur en arrière Hauteur sous la de la canine carnassière Masen00%49".5.: 0030 0036 Max no 2... Om028 0030 Max: 0 Sivse Om025 0m027 Maxne; dis sse: 0»026 0024 Manon... Om021 02025 Max. n0,-6::. 1. 0019 0022 1. 7 AN ONE RARE Om015 0019 MAR TMS ee Om013 Om014 RE Me sm 0 D lue 0012 Maxno 10:..... 0012 Om011 Max:no41:..... Om012 Om01?
Les mesures relatives à la longueur des prémolaires ou à l’étendue des alvéoles qui les renfermaient sont les suivantes :
1re Prém. 2 Prém. 3e Prém. ke Prém.
Mason 0®0040 (alv.) Om0160 (alv.) 0w0170 (alw.) MESSE CEE 0®0040 (alv.) 0Om0150 ...: O0170 (alv.) Maure mere nee 00030 (alv.) OnOL4O%. 2 0 001607. >. LÉ cd bd ie 000802. OMDT900. a M'OMDTAD" ... . Mano: Dctertenn 0m0040 (alv.\ 0m0130 .... 0M0160 .…. Max non 6. mins 0m0030 (alv.) OnD44 0%"... 108 0m)1500, 5 Marne Rent 020040 (alv.) Om0110 .... 0®0130 (alv.)
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