EMBARRAS DOMESTIQUES
Maine et au comte de Toulouse tous les mêmes rangs et )ioniieurs qu'Us avoient [pour] leur postérité. On aperçoit du premier coup d'œil tout Tavantage que le duc du Maine tiroit , pour la solidité des prodiges qu*il avoit entassés , de faire son fils gendre et beau-frère du seul petit-fils et du seul fils de France , et frère du Dauphin , et de le» forcer par cette alliance à en devenir les protecteurs et les boucliers. Je n'y trouvai d^issue que dans une approbation qui me di>nnât créance pour les délais , car le refus eût été la perte de M. le duc d'Orléans. Je montrai donc i Mme la duchesse d*Orléans , qui m'en parla avant de Toser proposer à M. son mari y que je goûtois cette pensée , mais que je n'en pouvois approuver la précipitation. J'insistai sur l'âge des parties, je m'étendis sur l'effroi que les princes du sang et toute la cabale de Meudon prendroient de cette union si fort à découvert , et tous les ennemis et les jaloux de M. le duc d'Orléans et da M. du Maine, On peut juger que Mme la duchesse d'Orléans ne se rendit pas , et que cette matière fut souvent débattue entre nous.
Je ne me cachai pas à elle, dès la première fois qu'elle m'en parlai que j'en dirois mon avis à M. le duc d'Orléans, s'il me le demaadoit^ et ce que j'eus de plus pressé fut de lui en rendre promptement compte. 11 approuva fort ce que j'avois répondu , il s'expliqua lui-même dans le même sens , et nous coulâmes le temps de la sorte jusqu'4 la mort de Monseigneur. Alors, la cabaJe de Meudon n'étant plus à craindre, les instances qui s'étoient un peu ralenties reprirent de nouveau. L'âge des parties et les autres inconvénients déjà allégués furent le bouclier dont nous parâmes , avec grand travail , jusqu'à la mort de M. [le Dauphin] et de Mme la Dauphine. L'intérêt alors du duc du Maine devint bien plus grand. Le roi vieilUssoit et changeoit , la régence regardoit de plei4 droit M. le duo de Berry; l'avoir contraire et M. le duc d'Or-p léans , ou pour protecteurs nécessaires poiiim^ beau-r frère et gendre, quelle immense différence 1 par conséquent, quels manèges et quelles presses ne furent-ils pas employés 1 Je soutins tous les assauts avec les mêmes armes dont je m'étois déjà servi) c^ toujours j'étois 1^ premier et le plus vivement attaqué , et M. le duc d'Orléans y tint bon de soi^ côté ; mais e'étoit des recharges continuelles* La mort de M, le duc de Berry fit uue telle augmentation d'intérêt qu'elle causfi aussi les in* stances les plus violentes. M. du Maine seutoit le poids de ses crinies, du moins à l'égard de M. le duc d'Orléans qui vivoit , et ce prince étoit sur le point d'être régent, et en plein état de se yengar. Le^duc du Maine en trembloit, et cela n'étoit pas difficile à imaginer par tout ce que la peur des ducs lui fit faire pour les mettre aux mains , comme on l'a vu, avec le parlement, et comme pn le yerra en son lieu avec tout le monde.
Il ne s'aglssoit pas encore du testament ni des mesures qui ont été racontées. Il ne royoit donc que ce mariage qui pût le rassurer. Aussi dès qu'il eut mis la dernière main à sa grandeur héréditaire par s'être fait déclarer lui, son frère et leur postérité, capables de succéder à la couronne , il se servit de ce dernier comble comme d'une nouvelle raison pour la prompte conclusion du marisgo* Ja fus w«or9 attaqué iàr