‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada, étant un exposé des principaux faits qui ont ue lieu relativement à l'éducation, depuis 1615 jusqu'à 1855, inclusivementChapitre 25 sur 74 · ÉCOLES DE FABRIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLES DE FABRIQUE

En 1824, la législature du Bas-Canada, voyant l'inefficacité des écoles de l'Institution royale, passa une loi pour l'établissement d'écoles élémentaires tenues sous le contrôle des fabriques de paroisses.

Cette loi permettait aux fabriques de consacrer chacune un quart de ses revenus annuels pour l'établissement d'une école par paroisse, et de deux, lorsque les familles y seraient au-dessus de 200.

Un mandement d'un des évêques du Bas -Canada autorise les curés et les fabriciens à approprier la somme désignée par la loi pour cette fin.

Mais, comme le revenu des fabriques est généralement bien modique, et souvent même insuffisant pour répondre au besoin du culte extérieur, il en est résulté que cette loi n'a guère mieux contribué à répandre l'instruction dans les paroisses que la loi de l'Institution royale. Cependant, en 1828, nous avions 48 écoles de fabrique et 68 en 1830, outre 13 écoles de filles tenues par les Dames de la Congrégation dans les campagnes. Il n'y avait guères que les paroisses riches qui pouvaient soutenir convenablement ces écoles, avec l'aide des parents.

Ces deux lois sont encore en force, mais l'Institution royale n'ayant plus de fonds, a cessé entièrement d'opérer, tandis que la loi des écoles de fabrique est utilisée au moyen de la 25e clause de laid d'éducation actuelle, en vertu de laquelle les fabriques ont placé leurs écoles sous le contrôle des commissaires d'école.

lies propriétés de l'Institution royale sont toutes maintenant sous le contrôle des commissaires d'école, en vertu de la 21e clause de cette dernière loi. COLLÈGE DE STE. ANNE.

Le beau Collège de Ste. Anne de la Pocatière, dans le district de Kamouraska, fut fondé en 1827, par Mes-

sire C. F. Painchaud, curé de la paroisse, et bâti avec ses épargnes et les contributions volontaires de ses paroissiens et des amis de l'éducation, résidant dans le voisinage, et l'aide de la législature. L'hon. Amable Dionne se distingua parmi les contribuables.

Les classes du Collège Ste. Anne commencèrent en Septembre 1829, et le nombre des élèves a toujours augmenté, jusqu'au chiffre de 200, confiés aux soins de 15 professeurs.

Il y a deux cours d'études suivis séparément dans cette institution, savoir: un cours classique et un cours pratique préparatoire qui comprend l'anglais et le français et toutes les sciences usuelles. Dès la première année, 70 élèves suivaient ce cours où l'on forme des sujets capables pour toutes les occupations de la vie active.

Une bibliothèque bien choisie et un cabinet de physique sont à l'usage des élèves des deux cours.

Outre un superbe lopin de terre cultivé avec soin et embelli, par des travaux ou l'on voit le bon goût et le génie se contester le mérite et la préférence, cette institution possède une belle ferme destinée à être modèle dans le district de Kamouraska.

Le plan d'une école agricole et l'organisation des classes et des moyens d'exécution sont en pratique à cet effet, et promettent un succès très satisfaisant, sous l'habile direction de Messire F. Pilote, supérieur de ce Collège dont le site élevé et les dépendances, distribuées en regard du fleuve St. Laurent et sous l'influence de l'air fortifiant de la mer, en font l'établissement d'éducation le plus romantique et le plus salubre du pays.

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