‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada, étant un exposé des principaux faits qui ont ue lieu relativement à l'éducation, depuis 1615 jusqu'à 1855, inclusivementChapitre 45 sur 74 · SŒURS DE STE. ANNE · texte numérisé non relu

SŒURS DE STE. ANNE

En Septembre 1848, Messire Paul Loup Archambault, V. G., curé de la paroisse de Vaudreuil, y rit la fondation de la communauté des filles de Ste. Anne, mais les sujets qu'il réunit au nombre de 5 pour cette fondation, ne firent profession que le huit Septembre 1850.

La maison -mère de cette communauté fut transférée à St. Jacques de l'Achiganen 1853, dnns l'établissement qu'avaient occupé les Dames du Sacré-Cœur, lors de leur arrivée en Canada. Au reste, il était entendu que ces dernières Dames ne devaient pas se fixer à St. Jacques.

La communauté des filles de Ste. Anne, toute d'origine canadienne, inspire déjà une grande confiance dans le pays, et même ailleurs. Outre trois établissements florissants qu'elle compte dans le Bas-Canada, elle en a fait tout récemment un dans l'île de Vancouver, sise dans l'Océan Pacifique, près des côtes de l'Orégon, et dont Mgr. Demers, canadien, est l'Evêque missionnaire. (1) A la demande de Mgr. Demers, quatre de ces pieusus et courageuses filles partirent de St. Jacques en Avril 1858, pour aller faire cet établissement lointain qui est déjà en pleine activité. Celles qui furent capables de ce dévouement héroïque sont Dlles. Brasseur, Gauthier et Valois, de Vaudreuil, et Dlle. Lane, de Montréal.

Les filles de la communauté de Ste. Anne se dévouent principalement à l'instruction des jeunes filles, et s'occupent, en même temps, de former des institutrices pour tenir les écoles élémentaires dans nos paroisses. En 18-^3? le nombre de leurs élèves était de 232.

COLLÈGE DE LENNOXVILLE.

En 1851, les amis de l'éducation de la ville de Sherbrooke et des endroits environnants, se prévalant de l'acte 7 Vict. ch. 49, fondèrent à Lennoxville, petit vil-

(1)NN. SS. Blanchet sont Canadiens et frères; l'un est Evêque de Nesqualy et l'autre Archevêque de l'Orégon-City, dans le Territoire de TOrégon.

lace sis à l'Est, près de la ville susdite, le Bishop-collô ,pe, confié aux soins de l'Eglise anglicane.

En 1854, ce collège comptait 50 élèves classiques, mais leur nombre a augmenté depuis que cette institution est érigée en université. Son inauguration, comme telle, a eu lieu il y a deux ans. En cette occasion solennelle, cette université s'est montrée bien libérale, en conférant divers degrés honoraires à bon nombre de personnes dont le mérite, jusque-là, n'avait pas encore été apprécié de la même manière.

Cet acte de libéralité et d'appréciation est à la fois un encouragement donné aux jeunes gens instruits, à s'instruire davantage, afin de mériter les honneurs académiques, et un moyen de faire des amis à l'université qui trouvera en eux un appui et des protecteurs. D'ailleurs, l'inauguration d'une université n'a pas lieu tous les jours. COLLEGE DE STE. MARIE DE MONNOIR.

Le collège de Ste. Marie de Monnoir fut fondé en 1853, par Messire Edouard Crevier, V. G. et curé de la paroisse, et incorporé par acte du parlement en 1855. Ce vénérable prêtre est en même temps le supérieur de cette institution qui promet un avenir très honorable.

Le plan d'enseignement de ce collège, comme celui de l'Assomption et de Ste. Anne, comprend deux cours d'études, savoir : un cours pratique ou industriel, qui embrasse toutes les branches d'instruction usuelles, et un cours classique qui comprend le latin, le grec, l'histoire, la littérature, la philosophie, et la chimie appliquée à l'agriculture.

Le cours pratique compte 72 élèves, et le cours classique 60, partagés en différentes classes ; total 140.

Ces deux cours d'études sont confiés à 7 professeurs, y compris le directeur qui surveille et remplace les professeurs au besoin.

Non seulement la langue anglaise est enseignée, dans le collège de Ste. Marie de Monnoir, comme dans tons nos autres collèges français en Canada, mais encore, il y a ceci de remarquable dans cette institution, c'est que les études s'y font généralement en anglais. Les matières d'enseignement sent prises des auteurs ang'ais dans lesquels les élèves étudient le latin, le grec et l'histoire.

Une bibliothèque considérable est à l'usage des élèves de cette institution, et le généreux fondateur a commencé à y former un cabinet de physique et de chim-e, à l'instar de ceux des autres collèges classiques du pays. La bibliothèque de ce florissant établissement est formée en grande partie des contributions volontaires de tout le clergé du diocèse de St. Hyacinthe.

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