COLLEGE DE NICOLET
Messire Louis-Marie Brassard, curé de Nicolet, y fonda en 1804, une école classique qu’il établit dans son presbytère, puis dans une maison voisine, à un étage, de 120 pieds sur 36, abandonnée plus tard.
M. Brassard légua son école et un terrain acquis à ses propres frais, pour cette fin, à Mgr. Denaut, dixième évêque de Québec, à la condition de continuer son œuvre. Mais cet établissement ayant eu le malheur d’être enveloppé, dans la succession de Mgr, Denaut, Mgr. J. O.
Plessis, son successeur, fut obligé de le racheter, afin de ne pas laisser périr l’œuvre de ce zélé fondateur.
De 1826 à 1830,1e Collège de Nicolet fut réédifié sur un grand plan, exécuté par Mgr. Panet, sur un terrain spacieux dont une grande partie est consacrée à l’horticulture. Les élèves y ont chacun un morceau de terre à sa disposition pour cette fin, que j’ai eu le plaisir de les voir réaliser avec abondance. Je puis en dire autant, sous ce rapport, du terrain et des élèves du Collège de Ste. Anne et du Collège de l’Assomption.
Légumes, fleurs et fruits ne sont qu’une partie des avantages que procurent les terrains féconds attachés à ces beaux établissements. L’exercice qu’exige leur culture, si propre à fortifier le corps et à distraire utilement l’esprit des occupations abraites et sérieuses, en est un autre qui ne saurait être trop apprécié sous le rapport physique et moral. D’ailleurs, l’acquisition, par la pratique, des principes de culture j et l’art de les mettre en opération, sont déjà des avantages très précieux qui résultent de cet exercice. Il est donc à la fois utile et agréable, et partant très recommandable.
Mgr. Plessis affectionnait particulièrement le Collège de Nicolet, qui a donné au pays quatre évêques, savoir : NN. SS. Provancher, Prince, Cook et Baillargeon, et nombre d’autres hommes éminents, dont plusieurs sont parents au vénérable fondateur. M. le G. V. E. Crevier, fondateur du Collège de Ste. Marie de Monnoir, est aussi un élève du Collège de Nicolet.
Ce Collège compte ordinairement 18 professeurs et audessus de 200 élèves, pris presque exclusivement dans le district de Trois-Rivières.
Plusieurs des élèves du Collège de Montréal y ont occupé de hautes positions, au grand avantage de l’institution. MM. Chs. Ducharme, Jacques Odelin, Clément Aubry, John Holmes, P. L. Archambault, J. Bte. Roupe et J . O. Leprohon sont de ce nombre. Ces trois derniers, natifs de l’île de Montréal, ont été directeurs du Collège de Nicolet, et celui-ci pendant plus de 30 ans, à !a grande satisfaction de ses nombreux élèves.
Messire Alexis Basile Durocher, élève du Collège de Québec, décédé curé de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, fut le premier directeur du Collège de Nicolet.
Ce Collège possède une bibliothèque de 4000 volumes, et un cabinet de physique et d’histoire naturelle bien assortis auxquels on ajoute chaque année.
Le Collège de Nicolet fut incorporé en 1821, et érigé en Séminaire en 1836. Les Collèges de St. Hyacinthe et de Ste. Thérèse, dont il sera parlé plus tard, sont aussi érigés en Séminaires depuis plusieurs années.
NIV.
COLLÈGE McGILL.
En 1811, l’hon. James McGill, membre du conseil législatif du Bas-Canada, fit donation d’un magnifique terrain, sis au pied de la montagne de Montréal, pour y ériger les bâtisses nécessaires à l’établissement d’une université que par un contre-sens on appela “ l’Université du Collège McGill,” au lieu de Collège de V Université McGill.
La propriété de ce terrain lui ayant été contestée par la famille de son épouse, la légalité de la donation de l’hon. McGill le fut aussi, et, après de longs procès passés d’une cour à l’autre en ce pays, appel ayant été fait au
conseil privé du roi, la décision finale fut donnée en faveur du Collège McGill.
Ce Collège, dont une partie des bâtisses est érigée dans le voisinage immédiat de Paqueduc de la ville, au pied de la montagne de Montréal, a été fondé en vertu d’une charte royale accordée à cet effet, par George III, en 1821, et inauguré pour la première fois en 1835, et d’une manière plus formelle et plus solennelle en 1843,
Mais l’administration de ce Collège, sous les auspices de cette charte, ayant été confiée exclusivement aux mains de l’Eglise anglicane, elle ne répondit pas à l’attente et aux besoins des protestants, pris collectivement. Ils s’insurgèrent contre l’institution, et refusèrent généralement d’y envoyer leurs enfants. De sorte que ce Collège, jusqu’à l’époque du changement opéré en vertu de la charte actuelle, qui lui fut accordée en 1852, ou plutôt jusqu’à l’époque où il fut uni, en 1854, au High-School, son rival, n’a guère prospéré sous le rapport classique, et n’a jamais eu que très peu d’élèves, quelquefois moins que dix. Mais, en vertu de cette nouvelle cliaite, et en conséquence de cette union, le Collège McGill a été organisé en entier, de manière à mieux convenir généralement aux intéressés, et l’institution prospère aujourd’hui, sous l’habile administration de J. W. Davvson,LL. D., principal.
L’Université McGill compte 20 professeurs, dont neuf appartiennent au High-School, où les jeunes gens sont
(1) En cette même année fut établi le High-School, espèce de lycée qui a rivalisé avantageusement avec le Collège McGill jusqu’en 1854, époque de son annexion à cette institution.
préparés à entrer dans les cours universitaires ou simplement du génie ou des arts., après la complétion desquels les concurrents reçoivent, pour prix et pour preuve de leurs succès, les divers degrés académiques accordés, pour les mêmes fins, dans les Universités ordinaires.
L’Ecole de Médecine, attachée à l’Université McGill, s’est fait, dès le début, un mérite de savoir, de diligence et de succès dont elle a toujours su soutenir la réputation et l’éclat. Plusieurs médecins canadiens y ont occupé des chaires auxquelles ils ont fait honneur, et ce, de l’aveu impartial de leurs collègues aussi bien que de leurs élèves ; les Drs. O. T. Bruneau et G. Vallée étaient de ce nombre.
La faculté médicale du Collège McGill fut formée, comme institution indépendante, en 1824, mais elle fut annexée au College en 1829, et complétée, pour répondre à cette annexion, en 1845. Le Dr. Holmes, le seul survivant des anciens professeurs, est aujourd’hui le doyen de cette faculté qu’il a honorée par ses talents et par le zèle qu’il a mis à y remplir les devoirs qui lui ont été dévolus pendant 35 ans.
Les cours de la faculté médicale de l’Université Mc¬ Gill étant donnés en anglais, les élèves qui les suivent sont très-généralement d’origine bretonne et en grande partie du Haut-Canada.
L’Ecole de Médecine de l’Université McGill a, dans l’Ecole de Médecine canadienne-française établie à Montréal, une rivale habile et honorable qui, malgré les difficultés nombreuses qu’elle a eu à surmonter et le peu d’encouragement qu’elle a reçu de la Législature, s’est fait une réputation très-recommandable $ aussi, est-elle
très-encouragée et très-appréciée par l’opinion et par les nombreux élèves qui la fréquentent. (Voir l’article XXJX, sur l’Ecole de médecine canadienne.)