‹ Mémorial de l'éducation du Bas-CanadaChapitre 29 sur 79 · ÉCOLE DES SOURDS-MUETS · texte numérisé non relu

ÉCOLE DES SOURDS-MUETS

En 1832, la Législature passa une loi spéciale, l’acte 2 Guill. IV, ch. 20, pour l’établissement d’une école pour les sourds-muets à Québec, sous la direction de Donald MacDonald, écuyer, de Québec. Il alla se former, pour cette fin, à Hartford, Etat de Connecticut, en prenant des leçons de M. Clerc qui avait été lui-même élève de l’abbé Sicard, successeur du célèbre abbé de L’Epée, inventeur de la méthode de l’enseignement des sourds-muets en France.

M. Donald MacDonald sut s’acquitter de la tâche difficile d’instruire les sourds- muets qui furent confiés à ses soins, avec un dévouement et un succès qui aurait dû être suivi d’une dotation permanente, pour le soutien de l’etablissement qu’il avait fait, et d’une récompense personnelle viagère au fondateur, proportionnée à ses ser-

vices j mais cette loi, comme les précédentes, étant malheureusement temporaire, elle expira avec elles en 1836, et le maître et ses élèves furent abandonnés, le premier à très peu de ressource, et les derniers au trop peu d’instruction qu’ils avaient reçue, au moins les derniers entrés à l’école.

Un élève de cette école, remarquable par la force et le développement de son intelligence, est un citoyen marquant à Québec. Il est bon chrétien et très habile dans les affaires. Ces faits honorables, pour l’instituteur et pour l’élève, prouvent à la foi la praticabilité et l’utilité des écoles établies pour l’instruction des sourds-muets.

Le vénérable M. Deniers, du Séminaire de Québec, et Mgr. Bourget, évêque de Montréal, avaient fait beaucoup d’efforts pour le succès de l’école des sourds-muets à Québec.

M. MacDonald et M. Clerc sont décédés à peu près en même temps, sans être parvenus à un âge avancé.

J’ai plusieurs fois demandé le rétablissement d’une école pour l’instruction des sourds-muets, et notamment dans mon rapport du 11 Mars 1848, page 42, mais sans succès.

Cependant, Mgr. l’Evêque de Montréal, auquel aucune occasion de faire le bien n’échappe, a trouvé, dans sa charité, le moyen d’établir, par le ministère intelligent et zélé de M. l’abbé Lagorce, canadien, deux écoles pour l’instruction des sourds-muets en la paroisse de Montréal. Celle des garçons est maintenant confiée aux Clercs de l’ordre de St. Viateur, et celle des filles aux Sœurs de la Providence de cette ville, et, de part et d’autre, ces personnes s’acquittent avec zèle et succès des

devoirs difficiles qui leur sont dévolus, en se chargeant d’instruire cette classe de sujets si intéressants auxquels la nature a refusé l’usage de deux facultés importantes dans la vie active, l’ouï et la parole. (Voir l’article XXXVIII sur ces écoles.)

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