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SECONDE ARRIVÉE DES JESUITES EN CANADA

La secoude arrivée des RR. PP. Jésuites en Canada, eut lieu le 1er Juin 1812, mais leur nouveau collège ne fut fondé, à Montréal, qu’en 1848, parle R. P. Félix Martin, sous les auspices immédiats de Mgr. Bourget, évêque de Montréal.

Cet heureux événement eut lieu au grand contentement des amis de l’éducation et des appréciateurs du bien que ces hommes savants et expérimentés font partout où les conduisent la charité et lé zèle qui les animent, pour la propagation du christianisme et de la science.

Li‘s Jésuites arrivés en Canada en 1842 étaient au nombre de six, savoir: les RR. PP. Pierre Chazelle, Dominique Duranqueî, Joseph Hannipaux, Paul Luis et, Félix Martin et Rémy Tellier. Deux d’entre eux ont été supérieurs de cette nouvelle colonie, savoir : le R. P. Chazelle, depuis son arrivée jusqu’au 31 Juillet 1844', et le R. P. F. Martin, depuis cette date jusqu’au 31 Juillet 1847, époque où il fut remplacé par le R. P. L. P. Viguon, actuellement en charge.

En arrivant sur le théâtre de leurs illustres ancêtres, les Jésuites s’occupèrent des moyens d’instruire et de former dans ces deux sphères, le christianisme et la science, la partie de la jeunesse qui leur serait confiée, et, à l’exemple de leur divin Maître, ils nous dirent: u Laissez venir à nous les petits enfants.”

Les amis de l’éducation, dociles à leur voix éloquente et persuasive, non seulement leur envoyèrent leurs enfants, mais encore s’empressèrent de leur faire des dons généreux pour l’établissement d’un second collège catho-

lique à Montréal, et nous y voyons aujourd’hui cette belle institution qui est déjà une des plus florissantes ejb des plus remarquables, parmi les premières du pays.

MM. John A. Donigani, Chs. S. Rodier, aujourd’hui maire de Montréal, et le commandeur Jacques Viger furent les premiers à donner le signal dans cette œuvre de bienfaisance et de dévouement.

Cependant, il n’est pas à dire que nous étions à plaindre sous le rapport des moyens d’instruction, et que nous avons absolument besoin, lors de l’arrivée des Jésuites en

1842, d’un second collège classique à Montréal ; mais le goût de l’éducation se répandant, en proportion au moins de l’augmentation de la population, il est clair qu’un seul collège catholique en cette ville ne pouvait plus répondre au besoin, surtout dans la suite. Preuve, c’est que le collège de Montréal et celui de Ste. Marie, tenu en cette ville par les Jésuites, sont tous deux remplis d’élèves, également avides de se former dans les arts et les sciences, et dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes et sociales

Un heureux incident contribuera à faire apprécier davantage, surtout en Canada, les services et le mérite des Jésuites, ces apôtres et ces propagateurs universels de l’Evangile et de la science ; c’est la reproduction des relations de leurs courageux devanciers en ce pays.

En effet, la reproduction, au grand complet, des relations des premiers Jésuites qui ont visité le Canada, et qui ont découvert et parcouru les parties les plus importantes de l’Amérique, ne peut qu’intéresser vivement les amis de la religion et de la science, et spécialement de l’histoire.

. Pour les hommes studieux, réfléchis et impartiaux, çes relations vont être comme le journal des temps anciens et primitifs de la colonie, comme le signe parlant de notre nationalité avec le missionnaire intrépide en tête, armé seulement d’un crucifix d’une main et d’une plume à écrire de l’autre, pour combattre d’un côté les barbares et de l’autre les Anglais, et vaincre l’idolâtrie et la superstition des uns et l’hérésie et le fanatisme des autres. j

Sans doute, ceux qui seront à même de tirer ainsi faeit lement bon parti de ces précieuses relations, ne manqueront pas d’en savoir gré aux ayant droit. Il a fallu du courage, des sacrifices et une grande persévérance pour pouvoir se les procurer toutes, et les mettre ensemble ait jour, d’une manière suivie.

De tous ceux auxquels nous sommes redevables de la reproduction, au complet, des relations des Jésuites, MeasireL.E. Bois, curé de Maskinongé, bibliophile et archéologue distingué, occupe le premier rang; car il a le mérite de l’initiative et de la plus grande somme d’efforts cons-* tants et de sacrifices généreux qu'il a fallu faire, pour procurer à l’entreprenant et courageux éditeur, les volumes et les manuscrits nécessaires à la complétion de ces relations, dont une bonne partie a été copiée à Paris, aux frais de M. Bois. C’est par suite de sa proposition que, d’au-? très personnes généreuses aidant, cette lâche d.ffijile a été entreprise et effectuée, à la grande satisfaction de nos compatriotes.

Le Collège de Ste. Marie, ou des Jésuites à Montréal, compte 12 professeurs outre le recteur, et 250 élèves qui ont accès à un cabinet de physique et à une bibliothèque bien fournis.

■ Oû peut Comprendre aisément que les RE. PR. Jésuites emploient, avec dévouement et zèle, tous les moyens en leur pouvoir pour l’avancement et le perfectionnement de leurs élèves, et que, chez eux, ces moyens sont multipliés et ingénieux. Aussi, la pratique est-elle toujours suivie d’un succès signalé.

Le College de Ste. Marie est incorporé depuis 1852, et les RR. PP. Jésuites y ont établi, en 1851, une chaire de droit en faveur des professions légales, suivant les dispositions de la 27e clause de l’acte 12 Vict., ch. 46.

Cette école est sous le patronage de membres distingués du Barreau canadien de Montréal, et Maximilien Bibaud, Canadien, avocat et docteur en droit, en occupe honorablement la chaire autour de laquelle environ 70 élèves se sont déjà réunis, pour entendre et prendre en note les instructions de ce savant professeur.

Les certificats délivrés aux élèves qui ont suivi régulièrement le cours d’instruction donné sur le Droit, au Collège Ste. Marie, sont signés par le recteur de l’établissement et par le professeur de droit, et, d’après la loi, ils équivalent chacun à un diplôme de Bachelier en Droit. Ils comportent en faveur des impétrants des privilèges et exemptions que n’ont pas les élèves dépourvus de diplôme, lors de l’examen à subir pour être admis à la profession du droit.

Le noviciat des Jésuites, en Canada, est établi en la paroisse dite Sault-au-Récollet, où se trouve aussi le magnifique couvent neuf des Dames du Sacré-Cœur, sur une des branches de la rivière Outaouais, à 7 milles de Montréal. — Voir Partiale II, touchant les anciens Jésuites.

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