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SŒURS DE L’ASSOMPTION

J’ai d’autant plus de plaisir à signaler la fondation dont suit la modeste description que m’en a procurée un ami, qu’elle est le fruit d’elforts plus courageux et de

sacrifices plus généreux et plus constants, de la part du vénérable Messire J. Harper, et de Messire J. C. Marquis, alors à St. Grégoire, maintenant curé de St. Pierre Célestin.

Les deux maisons d’éducation supérieure que l’on voit prospères et florissantes en la paroisse de St. Grégoire le Grand, sorties du combat qui s’y est engagé entre les parties au sujet de la loi d’éducation, sont une preuve irréfragable du succès de cette loi, malgré l’opposition qu’elle a rencontrée dans certaines parties du district de Trois-Rivières, et surtout dans cette paroisse.

u La Congrégation de l’Assomption, à St. Grégoire, a été fondée en 1853, par Messire J. Harper, curé de la paroisse. Quatre Demoiselles se réunirent sous sa direction, le 6 Septembre de la dite année, dans l’intention de se vouer à l’instruction des jeunes personnes de leur sexe, de former des institutrices et de se consacrer à Dieu par les vœux de religion. On mit à leur disposition une maison en pierre de cinquante-cinq pieds de longueur sur quarante-cinq de profondeur, à deux étages, avec deux ailes en bois de trente pieds sur vingt -cinq. Depuis, elles ont ajouté un étage en brique à l’édifice en’pierre et ont, de plus, fait l’acquisition d’une maison en bois à deux étages de cinquante-cinq pieds sur trente.

Le nombre des élèves la première année fut de 45 internes et 80 externes.

La seconde année 52 internes et 80 externes.

La troisième “ 60 (( 75

La quatrième u 93 “ 106

La cinquième u 86 u 87

La sixième “ 73 “ 84

Chaque année, un nombre d’élèves plus ou moins grand ont subi des examens avec honneur devant le bureau des Examinateurs, et ont obtenu leurs diplômes tant pour école élémentaire que pour école mo lète. Outre les différente» branches de l’instruction, nécessaires aux femmes dans la société, on enseigne aussi les art» d’agrément : la musique, le dessin, les divers ouvrages d’utilité et d’agrément ; couture, broderie en soie, en laine, etc.

Ce nouvel établissement a aussi fait des progrès sous le rapport de la religion, au bout de deux ans Sa Grandeur Monseigneur Thomas Cooke l’approuva et J’érigea en communauté religieuse sous le titre «de Congrégation de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, revêtit de l’habit de religion les quatre premières et leur as: ->cia deux autres Demoiselles en qualité de postulantes. L’année suivante, on leur permit de prononcer leurs vœux. Aujourd’hui la communauté se compose de douze Sœurs : trois professes, quatre novices, cinq postulantes et une laïque, madame Marmet, dont le mérite, le savoir et les connaissances sont assez connus pour qu’on puisse se dispenser d’en rien dire ici.

Pendant le cours de cette année 1859, le ciel a fait subir à cette communauté naissante une terrible épreuve en lui eulevant par la mort sa première supérieure, personne de grands talents et d’un rare mérite.

Si le nombre des sujets parait encore peu considérable, ce n’est pas qu’il ne s’en soit pas présenté un plus grand nombre, mais la Congrégation, n’ayant d’autre ressource que ce qu’elle reçoit des commissaires d’école, comme subvention annuelle, et la modique somme qu’elle retire des élèves pour prix de leur pension, a cru plus prudent de n’admettre que les sujets absolument nécessaires pour répondre aux besoins actuels de la maison ; pourtant il serait à désirer que le nombre des Sœurs s’augmentât, car déjà les paroisses voisines voyant le bien et l’avantage qu’elles pourraient retirer d’un semblable élablissement, ont témoigné le désir de se procurer des Sœurs de cette institution, mais jusqu’à présent il a été impossible de les satisfaire pour les raisons données plus haut.”

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