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Pourvoir aux moyen de publier un journal d'éducation

100. Pourvoir aux moyens d'établir un plus grand nombre de bibliothèques de paroisse.

A l’époque où j'écrivis le rapport qui contenait ces propositions distinctes, et dont l'adoption immédiate, in toto, eût contribué grandement à faciliter l'intelligence et le fonctionnement de la loi, et à empêcher des réclamations injurieuses à mor administration, le pays était encore sous l'influence d’une gène pécuniaire qui ne permettait guère au gouvernement de venir en aide à l'instruction publique d’une manière aussi libérale et efficace qu'il en était besoin, et, connaissant cette gène, je n'étais véritablement pas libre d'indiquer tous les moyens propres à le faire à un degré suffisant, et comme sans doute le gouvernement aurait aimé à pouvoir le faire. Je n'avais pas assez de choix dans les moyens, et il me fallait

avoir recours aux moins dispendieux, afin de pouvoir obtenir”

au moins quelque chose.

On peut dire en toute vérité que, perant mon administration, longue et extrêmement difficile, les circonstances pénibles où je me suis trouvé ne m'ont jamais permis d'obtenir, soit pour la chose, soit pour moi-mème, ce que les convenances et le besoin indiquaient dans l'intérêt bien entendu de l’importante mission qui m'était confiée.

C’est pourquoi je proposai, dans mon rapport du 25 mars 41851, et dans un autre plus spécial encore, de faire, par économie, l'acquisition d’un établissement tout fait pour y tenir des écoles normales, et d'établir un journal d'éducation en liaison avec le journal d'agriculture qui se publiait dans le temps. Je m'étais entendu à cet effet avec M. William

(t) Voir dans l’appendice No. 34.

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Evans, rédacteur de ce journal, et nous étions tous deux &’opinion que cette liaison eût été à la fois un moyen économique et bien propre à répandre les connaissances spéciales dont les classes particulières de lecteurs auxquels ce double journal aurait été envoyé’ont le plus de besoin. Les temps sont devenus meilleurs depuis cette époque, et les deux journaux sont aujourd'hui publiés et répandus séparément (1). Cependant, l'idée de publier ensemble et de répandre simultanément le journal d'agriculture et d'éducation, comme n'étant qu'un seul et même journal, te reposait pas seulement sur un principe d'économie ; elle s’appuyait encore sur le fait que deux classes de lecteurs, formées des agriculteurs et des instituteurs, étant ainsi obligées de recevoir chacune le journal spécialement destiné à l’autre, elles eussent été toutes . deux à même de les lire, et la curiosité, sinon l'intérêt particulier, les aurait portées à le faire assidûment, et sans doute toujours avec avantage pour les individus et pour là société. De cette manière, l'éducation avec ses moyens, ses avantages et ses prestiges, eût été plus directement exposée à l’appréciation des agriculteurs qui les eussent étudiés et plus volontiers utilisés ; et l’agriculture, avec ses principes, comme science et comme art, et avec ses profits comme branche dindustrie et comme premier élément de commerce, de prospérité et de bonheur matériel, eût été plus généralement portée à Ia

(1) M. Evans, né en Irlande, le 22 novembre 1786, vint en Canada en 1819, et s’établit comme agriculteur, à la côte St. Pierre, paroisse dé Montréal, Il est décédé le 1er février 1857, à l’âge de 71 ans.

Sans être un homme instruit, M. Evans est un de ceux qui à le plus contribué par ses écrits, à l’amélioration et au progrès de l'agriculture en Canada. Il a écrit un traité sur cet art de première nécessité. ., Cet ouvrage a été bien répandu en anglais et en français dans le pays. 1lfut traduit et publié par ordre de la législature du Bas-Canada en 1836; mais les troubles de 1837 et 38 ayant empêché la distribution de cette traduction, je la:trouvai encore tout entière dans les bureaux publics en 1842, lors de ma nomination à la charge de surintendant de l’éducalion.

Dans l'intérêt de la chose qui avait déjà été pour moi, depuis nombre d'années, un sujet d'étude et d'occupation particulière, je demandai à être chargé de la distribution du traité de M. Evans dans le pays, et ayant recu une autorisation pour cette fin, je le distribuai aux sociétés d'agriculture, dux conseils municipaux et aux instituteurs capables d’en tirer bon parti dans les écoles établies sous le contrôle de la loi d'éducation.

M. Evans a été le collaborateur et le successeur du vénérable M, Jos, er: rault de Québec, par ses écrits, et plus spécitlément par son traité sur l’agriculture. Ils étaient l’un et l’autre des amis de l'éducation et d'opinion que les agriculteurs devraient être généralement assez instruits pour pouvoir étudier, comprendre et mettre en pratique les principes de l'agriculture avec connaissance de cause et avec succès,

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sonnaissance immédiate des instituteurs, qui auraient pu en faire leur profit et celui de leurs élèves. Il nous semblait, à M. Evans et à moi, que nous ne pouvions manquer d'obtenir ce double résultat, surtout si l'enseignement des principes de l’agriculture avait été prescrit aux instituteurs comme je proposais, dans ce même rapport, qu'il le fût, et, comme dans tous les cas, je conseillais toujours de le donner, au moins dans nos écoles-modèles. Plusieurs de mes circulaires contiennent ce conseil, au moins relativement à l’horticulture.

Au reste, on sait que élepuis 1826 (1) je me suis plus ou moins occupé des moyens propres à améliorer notre système d'agriculture, à l’établir sur une base solide et sûre, et à faire apprécier cet art primitif et d’origine divine comme le plus naturel, le plus noble, le plus honnête et le plus indépendant de tous, L'on peut dire aussi qu'il est Le plus facile, le plus profitable à ceux qui, instruits, laborieux et prudents, savent lecultiver avec intelligence, avec discernement et constance.

En effet, l’agriculture est l’art dont la pratique sagement dirigée, peut le plus contribuer au bien moral et matériel du peuple, surtout du peuple canadien. Ses mœurs, sa prospérité et son bonheur en dépendent plus que de tout autre moyen humain.

Les resources de l’agriculture sont généralement multipliées et abondantes entre les mains de ceux qui, par leur instruction, par leur diligence et par leur activité, savent ÿ puiser sûrement. Or, notre sal est très fertile, d’une culture facile, et, sous l'influence féconde de notre propice climat, ces ressources sont singulièrement productives de bons effets.

S'il est vrai de dire que l’agriculture est très généralement utile et profitable à ceux qui en font leur occupation spéciale, l'on peut dire aussi qu’elle l’est particulièrement en Canada dont les habitants ne péuvent naturellement mieux faire que de s'y consacrer sans réserve. Traditionnelle et essentielle à

(1) Dés cette année, j'écrivis sur le chaulage du grain de semence, et sur l'usage des alcalis comme engrais et comme éléments destructeurs des œufs que la mouche hessoise dépose sur les grains de blé encore en épis quelque temps avant la moisson. Onconnait, d'ailleurs, mon supplément au traité d'agriculture, par-notre estimable compatriote V. Guillet, de Trois-Rivières, ancien membre du parlement du Bas-Canada, Les autres qui ont écrit touchant l’agriculture parmi nous, sont : MM. Aubin, Chagnon, Evans, Ossaye, Perrault, Dr. Pâquin, Messire Chevigny, curé de St. Henri de Mascouche, aujourd'hui à Gontrecœur, et Messire Léon Provencher, curé de St. Joachim,

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Cie d leur subsistance, l'agriculture doit être considérée et pratipa feu quée par eux comme un art national et indispensable, Là, CE H ils POUVEr one toujours le pain, la paix, le calme et ce conten- LR EE tement qu’on ne rencontre guère, au même degré, ailleurs cpl que dans là vie champütre, Le collège de Ste.-Anne, auquel Haies est attachée une excellente école ( agriculture, offre à 10S set jeunes gens le moyen facile el sûr d'acquérir une éducation PS agricole qui les mettra à même de connaitre et d'apprécier pe ces grands avantages.

us ou ILest donc extrêmement important'que le peuple canadien, Yaisme instruit de ces choses, sache toujours en tirer le meilleur à faire parti. Sous tous les rapports, son avenir en dépend principae plus lement.

spAgn Cependant, le projet de publier deux journaux en un seul 8 pus n'ayant pu se réaliser, et la demande d'une autre loi d'éducasavent tion se renouvelant sans cesse, en vue du besoin de quelgues stançe. dispositions nouvelles que ne comprenait pas l'acte 14 &K 15 TERRE V. ch. 97, je me décidai, en janvier 1854, à soumettre au gou iel du vernement le projet susdit, dans la ferme conviction que, mil devenu loi, il aurait amplement répondu à tous les besoins LA 'e

de l'instruction publique. Nous aurions eu une loi d'éducation unique et uniforme, comprise en un seul et même

ipliées l volume.

sûre “Het LETTRE OFFICIELLE.

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Ayant été prié de reproduire la lettre suivante de MM. les ement commissaires d'écoles catholiques de Montréal, je le fais très ciale, volontiers avec le sentiment d’une bien vive reconnaissance.

que Montréal, 14 mars 1876.

J. B. Meilleur, Ecr. A. D. LL. D., Québec.

MoNSIEUR,

J'ai l'honneur de vous faire part d’une résolution passée par MM. les Commissaires d'Ecoles Catholiques Romains de la Cité de Montréal, dans la séance du 7 février dernier.

“ Proposé par P. $ Murphy, Ecr., secondé par J. Ald. Ouimet, Ecr, et résolu :

‘ Que par reconnaissance pour les services rendus à. l'ins- ‘ truction publique par d. B. Meilleur, Ecr., M. D. ci-devant # Surintendant de l'Education du Bas-Canada, Iles petits

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‘“ enfants de ce Monsieur recevront à l'avenir l'instruction ‘ gratuitement dans les écoles des Commissaires de la ville ‘* de Montréal et le Secrétaire est chargé d'en informer Mon- ‘“ sieur Meilleur.

Je suis heureux, Monsieur, d'être chargé de porter à votre connaissance, une résolution si bien justifiée de Messieurs les Commissaires, et d'être ainsi près de vous l'interprète de l'appréciation sincère de votre dévouement si prolongé et si à pr pour la propagation de l'enseignement dans la ’rovinee.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mou profoud respect ot l'assurance de mes sentiments bien sincères.

Votre tres humble serviteur.

M. CG. DEssoYens, Secréluire.

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