NE, ÉCOLE DES SOURDS MEETS A MONTRÉAL
Après quatre années, la Législature cessa malheureusement de subventionner l’école des sourds-muets tenue à Québec en 1832, et elle ‘fut diseontinuée faute de moyen, ral
La Législature allégua, pour raison de;son refus de continuer une allocation en faveur de cette école, qu'elle était trop dispendieuse à la Province. Cependant, pour rendre moins odieux ce refus inopiné, on exprima ‘! le regret de ne pouvoir continuer l'allocation, en promettant de rétablir, dans des circonstances plus favorables, cette importante école,”
En 1836, M. le Supérieur du Coliége de St. Hyacinthe, Jean Charles Prince, plus tard évêque de St. Hyacinthe, voyant l'école des sourds-muets tombée et le besoin d’en avoir une sur pied dans le. Bas-Canada, eut la généreuse pensée d’adjoindre;au pensionnat de ce collége, une nouvelle école paur l'instruction des garçons spurds-muets, et appela, pour la diriger, M. Carron, élève de M. McDonald. Ils sont tous deux défunts, déjà depuis plusieurs années,
Afin de: pouvoir admettre gratuitement à cette école un certain nombre de sourds-muets pauvres, on s’adressa à la Législature pour en obtenir une aide pécunigaire, mais ce fut en vain, Les Légishateurs, trop préoccupés alors de leurs ardentes contestations pohitiques, ou ne purent pas s'occuper effectivement de cette demande, ou ne trouvèrent pas les circonstances assez favorables pour rétablir l'importante école des sourds-muets. La corporation du collége de St. Hyacinthe fut donc obligée, après trois années de sacrifices, de renoncer temporairement à Cette bonne œuvre, si généreusement entfeprise, HAE En 1848, Mgr. lenace Bourget, deuxième évèque.de Montréal, qui s'était déjà fort intéressé à l’école des sourds-muets établie à Québec et à celle établie subséquemment à St, Hyacinthe, alors compris dans son vaste diocèse, voyant que la Légisiature ne paraissait pas disposée à s'occuper du triste sort de 1500 sourds-muets que comptait déjà alors le Canada,
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entreprit de fonder, pour l'instruction de cs iufortunés, une école double, pour les deux sexes, dont l& direction fut afferte à M. Charles Irénée Lagorce, alors :curé de St: Charles sur la rivière Chambly. | : ET MA
M. Lagorce avait déjà fait quelquesessais. dy L'enseignement des saurd-muets, en dbnnant des instructions, à trois jeunes gens-daus son presbytère, {1) Tr
Ayant abandonné sa cure pour se 'consiéèrer à cette uvre humanitaire, M, l'Ablé Lagoree se rendit auprès. de M. Mac. Donald, l'ancien directeur de l'école des sourds-muets, à Québec, pour en recevoir, quelques renseignements, et, en Novembre 1848, il put, avec l'assistance d’un jeune sourdmuet, M. Recves, ouvrir ceite traisième école dans un hospice d'orphelins au faubourg Québec de Montréal, x ii
Durant 18 mois, l’école des sourd-muets tenue au faubourg Québec fut fréquentée par une dizaine d'élèves, dont trois seulément purent payer une partie de leur pension. Le produit { de quelques bazars et la charité publiqué furent, pendant ce temps, les principales ressources de ce nouvel établissement.
Au mois de mai 1850, l’école fut trafsportée du faubourg Québec an Côteau St. Louis, vulgo,Mile-end, k environ un mille hors de la villé,) dans une bâtissejà demi-terminée, érigée sur un terrain assez spacieux dorné à l'évêque ‘de Montréal pour des fins religieuses et’ d'éducation, par M. le Dr. Pierre Beaubien de cette ville. ! On a érigé depuis une belle église, catholique, à côté même de cette maison d'école, pour l'usage de ce populeux quartier. :
Depuis le mois de Mai 1851, jusqu'au mois d'Octobre 1852,
M. l'abbé Lagorce fut obligé d'interrompre son école de garçons sourds-muets, pour aller visiter les principales institutions des sourds muets en France; y étudier les meilleures: méthodes d'enseignement, ct se procurer un maitre bien formé au langage des signés, le seul; ajouté au langage des gestes, dont puissent se servir les sourds-muets, pour communiquer leurs idées et comprendre celles d'autrui. Cet habile maitre, du nom de William Young, anglais et sourd-muet de naissance, est actuellement ensdigfiamt au Côteau St. Louis, près Montréal, : ' En 1853, le parlement provihcial commenca, la première fois sous l'acte d'uniôn,.à favoriser l'institution des sourdsmuets à Montréal, par une allocation annuelle de £150 qui a été heureusement continuée jusqu’à ce jour et j'ai en outre, domé poûr cetté institution là somme dé £450 des fonds du gouVernemént. ‘ sn
M. l'abbé Lagorce a sacrifié les revenus d'une belle cure, et l'on peut dire sa santé pour le succès de cette, œuvre dé philanthropie et de bienfaisauce chrétienne, En se livrant, pour se former et pour en former d’aubrés spécialement, pour
(1) M. Lagorce est décédé à Ste. Claire, diocèse de Québec, le 23 Février 1864, dans sa 27e année de prétrise,
l’enseignement des élèves qui fréquentent les écoles des sourds-muets des deux sexes tenues à Montréal, il ne put continuer d’en prendra la direction. ( ‘tr
Ainsi, en 1856, M. l'abbé Lagorce, dont la santé était très affaiblie par les fatigues de ce pénible enseignement, fut obligé d'abandonner la direction de l'école du Côtean St. Louis pour la confier aux Clercs de St, Viateur, ordre religieux auquel appartient Frère William Young qui a généreusement quitté sa patrie pour venir instruire, en Canada. ses compagnons d’infortune. "4
Aujourd'hui que l'école de garçons sourds-muets’u Côteuu St, Louis, est reinise aux mains des Glexrcs dé St. Viateur, M. ’abbé A. J. Duhaut en est le Directeur, ayant, comiie fnstituteurs aidant, les Frères William Young et Alfred Bélanger, sous la supériorité du R. P. Thérèse Lahaye, tous de l’ordre de Glercs de Si, Viateur. (1) '
En 1856, Mgr. l'Evêque de Montréal adressa une circuldire à ses diocésains en faveur des écoles tenues en son diocèse
our les sourds-muets des deux sexes, et comme toujours, orsqu'il s’agit dé quelque bien à faire, les fidèles répondirent généreusement à l'appel qu'il fit à leur charité pour'le succès de cette œuvre de Denfiisance chrétienne. Cut appel était d'autant plus à propos que le 2616 fondateur avait moins de ressource à sa disposition, ét quë la Législature ne lui était pas suffisamment venue en afde pour le mettre’ën état d’accompau aussi utilement que désirable, sû tâche hümanitaäire si
eureusement commencée, PEU re:
En 1858, il n'y avait que ‘12 élèves peñsionnaites à l'école tenue au Côteau St. Louis‘pour les garçons sourds-muëts, mais en 1802, il y en avait 23, en 1864, 28, et en 1865, 35. Plusieurs sourds-mubëts de la villé Ÿ vont recevoir aussi, à certains jours des inStructions ‘particulières avec plus ou moins de succès suivant le degré de leur intelligence et le temps qu'ils donnent à leurs ingénieux instituteurs pour la cultiver.
L'école établie pour l'instruction des filles sourdes-muettes est confiée aux religieuses de la Providence, et elles s'atquittent également bien de cette tâche difficile et méritoire.
En 1857, cette école, commencée en la paroisse de la Longüe- Poïtite, voisine de Montréal, et continuée ‘dans un bel établissement au haut de la rue St, Denis, Montréal, ne
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(1) Depuis que ce qui précède est écrit, le Ri P''Lahaye est décédé presque subitement Qu Côteau $t, Louis le 3 mars 1861, à l'âge de près de 46 ans, laissant dans la consternation les fidèles de ce quartier, au milieu duquel il avait su faire bâtir une, belle église qu'il desservait tout en mème temps avec zèle et une édifiante charité. Mais, le R. P. Lahaye n'ayant pu s'acquitter, avant de mourir, des dettes qu’il avait contractées pour la construction de son église, le séminaire de 8t. Sulpice de Moftréa! en a fait l'acquisition pour’ le-eulté divin.
Le R. P. Thibaudier de la même congrégation, et son successeur, mourut de la même manière à l'Industrie, ville Joliette, ls 25 Novembre 1862, à l'âge de 47 ans, et dans sa {8e année de prétrise,
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comptait que 2à élyves, mais, en 1862, elle en avait 50, dont plusieurs du Haut-Ganada et mème des Etats-Unis, Kn1864, elle comptait 70 élèves dont plusieurs étaient aussi de Hahfax et de la Nouvelle Ecosst. !
Ces écoles spnt fréquentees en yrande partie par des enfants protestants, mais ils n'y sont pas moins l’objet des soins empressés ct de la charité chrétienne que les autres. Les per sonnes qui sont chargées de leur instruction ne les distinguent que par des actes de prévénance obligeante que chacune s’ef. force de leur prodiguer à tous, les premiers. D'ailleurs, il en est toujours ainsidans toutés nos autres niaisons d'éducation et de bienfaisance. Tous cetfx qui'sont l'objet de leur#soins, les reçoivent ad Moins du méme aug che 1 pese L'école fé garçons n'é V4 pas Anis nombitiuse, sâns doute, en partie parce qu'on avait es encore complété lés arrangements nécessaires nou rendre cette école aussi commode et profitable que possible aux élèves. Les moybns ne permettaient pas de le faire, ct'il peut se faire dussi qüe les parents de ces infoktunés rebuts de la DEN ‘pas eu eux-mêmes le moyeh de fes envoyer à l'écôte. Des patents sont‘mêmes 6bli gés d'utiliser au foyer domést que lours'en en les faisant travailler suivant leur Capacilé respictivé, afin de pouvoix leur proçurer. plus sûrement leur subsistance. Souvent, daïis.le. çouxs de mes: visites, j'ai élé témoin de circoustances pénibles qui m'ont porté à nr'entquérir dés parents et des voisins, à l'égard des enfarts qui né fféquentaient pas les, écoles, et j'ai pu me convaincre disèmient qe pra vite des parents eu était seule la cause, mêm£ lorsque 1és écoles établies’ pour leurs enfants étaient tpnues dans le Vôisinage. IL fallait, nonobstant}, tétix écemment ces emfants et les nourrir sans.en-chtenir a1icun service,.et Les parents ne pouvaient pas
le fâire convenablemeñt.s .
Or, cètte gène, pour ne Pur dire cette impossibilité ‘se fait bien plus sentir à l'égard des enfants sourds-rmüèts qû'à l'égard des.autres,: parce quo, pour les envoyer à l'école, ïl faut presqu'invariab ement des délogor, et les éloigner, quelquefois considérablement, du toit patérnel, parce qu'il n'ÿ a qu’une seule école pour les enfants sourds:muets de chaque sexe dans toute la province. y" Ces faits, plus connifs que pesés, ont été plus qué suffisants, pour porter notre Législature À appréprier une certaine somme ponr venir en aide aux dignes.institutéurs de ces écoles Pour toutes ces considérations et bien d’antres encoré qu'il serait facile de mentionner, je me suis fait un devoir de con tribuér, des fonds du gouvernement, à l'établisseinent et au maintien de cés écoles.
Pour ce faire, j'ai forcé un peu les circonstanées, et: j'ai octroyé, avec l'approbation du gouvernement, 14 sôémme de pr comme alé spécialement pour la construction des âtisses.
tHSburds mucts,
re mener a po are D LA SA ver
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D'ailleurs, le compte rendu suivant, emprunté à la Minerve, journal du Montréal, fera mieux connaitre que toute autre observätion ce qui est important de savoir relativement à cette institution, In'y est question que de l'école de garcons sourds muets : mais ce qu'en dit l'auteur, s'applique avec autant d'intérêt, et dé force, à l'école de filles tenue par les Sœurs de la Providence, pour les filles sourdes muettes,
La INSTITUT DES SOURDS MUETS,
4 Cet Institut, fondé au Côteau St. Louis, paroisse de Montréal, est dirigé par les Cleres de St, Viatour, sous les auspices de Sa Grandeur, Mgr. Bourget Situé sur la rue st. Laurent, à un mille de la cité, la maison peut être dite à la fois de la ville et de la Sopage. L'air est d’une sälubrité proverbiale : la route macadamisée qui y conduit étant la plus fréquentée de la banlieue de Montréal, st entretenue par une sociêté (Zrust), en rend l'accès trs facile en toute saison. Aussi, depuis l'érection de l'église de l'Enfant Jésus, sur le terrain même de l'institut, la population catholique at elle triplé dans ce local.
Quant aux bâtisses de l'Institut même, elles peuvent, en consé-
uence des agrandissements récemment ajoutés, aisément loger de 60 à 75 pensionnaires. Les cours et jardins offrent un grand avantage pour les promenades et récréations, si nécessairés aux développements physiques des infortunés sourds-muets, :
C'est PANNE voulant, autant que possible, répondre aux vues larges et chrutiennes de Sa. Grandeur l'Evêque de Montréal, 1n communauté dé St. Viatour a résolu de faire des sacrifices, sque audessus de ces forces, pour donner l'essor à cette œuvre de philantrapie toute chrétienne et toute catholique. Na j
Or, à cet effet, il suffira, pour des Canadiens, amis de leur pays et de leur religion surtout, de leur dire encore uue fois, qu'il y a, en Canada, près de :,500 sourds-muets des deux ‘sexes privés de la connaissance de Dieu ; que ces infortunés appartiennent la plupart à des parents pauvrés : que, jusqu'ici, tandis qu'on a fait des efforts pour promouvoir l'éducation dans ce pays, à l'égard deg parlants, on a rien fait, ou presque rien, pour cétte classe d'êtres disgraciés de la nature, 8;
dignes, endant, de la sympathie de tous les cœurs sensibles et amis du progrès inte)lle : tel,
Le cburs d'étude du: e cinq à six ans et:embrasse les langues'francaise et anglaise; le cours religieux, larithmétique, la géographie, l'histoire, etc. : . ti '
Le prix d’adtission est de $7 par mois.
Les nt te se font par trimestre, et d'avance.
Le lit avec sa garniture, les livres le blanchissage et les frais do maladie sont à la charge des parents,
Tous les objets appartenant aux élèves doivent porter leurs noms,
ou au moins les initiales,” .