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ECOLE DE DRUIT A MONTRÉAL

Nous VOYONS DRE l'histoire que, avant la cession du Canada à l'Angleterre, M. Cugnet, procureur du roi à Québec, donnait aux étudiants dés leçons sur le Droit, et que, sur ses certificats, ses élèves étaient admis comme conseillers-assesseurs au Conseil Supérieur, sans toutefois, être avocats. Mais cet enseignement utile fut discontinué lors de la cession du pays en 1763, et, pendant près d’un siècle, les étudiants.en Droit r'eurent d'autres leçons formelles que celles qui leur furent données spontanément à Québec par M.Ls, Plamondon, et à Montréal par M. D. B. Viger et O'Sullivan, jurisconsultes distingués de leur époque.

Ainsi, nous voyons que le Canäda-français à eu aussi ses

. Cujas.

L'un des élèves de cette espèce d'école, M. Franwvis Roy, de Montréal, fut le patron de M. L.H. Lafontaine, décédé juge en chef en cette ville, le 26 de février 1865. Sir Lafontaine s'était déjà fait une réputation fort honorable, comme jurisconsulte, avant d'arriver au poste responsable de ministre pratique.

Lorsqu'en 1789, Lord Dorchester, gouverneur-général du Canada, proposa, dans des vyes de prosélytisme protestant, d'établir une Université à Québec, Mgr. Hubert, évêque de Québec, opposé à cette proposition à cause du vice de la constitution de cette Université, propc -4, néanmoins, le rétablissement de l’école de Droit à Québec. Beaucoup plus tard, M. le juge Sewell faisait, à Québec, un nouvel appel en faveur de l’enseignement du Droit en cette ville. (1)

Cependant, ce.ne fut qu’en 1849, lors de l'incorporation du Barreau du Bas-Canada, que la loi encouragea, sans'l'établir, l’enseignemnet rêgulier du droit, en accordant un stage privilégié aux étudiants en Droit qui auraient suivi, dans un éuliégs classique incorporé, un cours complet de Droit.

En 1851, M. Maximilien Bibaud, jeune, encouragé par cette disposition de la loi et par plusieurs membres distingués du Barreau de Montréal, dont M. Toussaint Peltier, son illustre patron, faisait partie, ouvrit, dans cette ville, le 1er mai 1851, une école de Droit pour six élèves. Le 12 septembre suivant, ces jeunes gens faisaient lors de leur ‘ premier repetitorum solennel,” üne preuve éclatante de leur succès, à la grande satisfaction d’un auditoire nombreux et choisi.

L'année suivante, en 1852, le collége Ste. Marie ayant obtenu un acte d'incorporation, l'école de Droit qui y était déjà établie, prit formellement le caractère d’une école légale régulière sous tous les rapports, suivant les dispositions de la 2e clause de l'acte 12 Vict., chap. 46. Depuis cette année,

(tj Voir notice sur l’enseignement du Droit, par M. Bibaud, jeune, professeur de Droit au collége Ste, Marie, Montréal,

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l'école de Droit fonctionne régulièrement au collége Ste. Marie, au grand contentement des intéressés. Les élèves, formés à cette école passent invariablement des examens solides et brillants.

En 1853, cette école comptait onze élèves réguliers. en 1858, quatorze et en 1859, dix-sept. Le nombre en augmente tous les jours ét, aujourd’hui, près de 300 élèves y ont reçu l'instruction spéciale qu'ils demandaient.

L'enseignement du Droit, donné à ceux qui en suivent lé cours du collége Ste. Marie, est méthodique et habilement dirigé. Dans son ensemble, ce cours Compreud non-seulement les subdivisions et les considérations nécessaires, pour la plus grande intelligence des principes, Mais encore une disposition

articulière qui est consacrée à indiquer l'application du

roit dans l’exercice de la profession du Notariat qui remplit comme on.le sait, un si grand rôle dans les affaires de famille dans le Bas-Canada.

Cette spécialité, dans l’enseignement du Droit, est très précieuse. Elle remplit une lacune que ceux qui connaissent toute l'importance et toute la responsabilité de la profession du Notariat voyaient avec peine.

En effet, le Notaire, par là position distinguée qu’il occupe au sein des familles, par la confiance que l’on met en lui, par le degré de connaissances qu’il doit posséder, autant que par sa prudence et son honorabilité dans les affaires, est le confident et le conseil-des parties contractantes, l'interprète de la loi et le juge et rédacteur des stipulations qui ont lieu entr'elles. Sa signature seule suffit pour mettre un sceau légal à ces stipulations, et pour les rendre obligatoires pour toutes les fins y mentionnées. Si, par ignorance, par imprudence, par négligence ou par une coupable perversion des intentions exprimées des parties, son instrumentalité devenait préjudiciable à l’une d'elles, ou seulement nulle, elle pourrait être la cause d'un mal irrémédiable, souvent même d’une ruine irréparable, Il est donc de la plus. grande importance que le Notaire ait de profondes connaissances en Droit, qu’il sache en faire une application judicieuse, et sûre dans l'exercice de sa profession, et qu’il soit probe et tout dévoué aux affaires qui lui sont confiées sous les auspices de la loi. Cest pourquoi, un enseignement spécial est donné dans l’école de Droit de Montréal aux élèves qui se destinent au Notariat, sans qu'ils soient, pour cela, exempts de suivre toutes les parties qui constituent le cours de Droit. Cet enseignement est dévolu à trois professeurs habiles et dévoués dont l’un est notaire.

M. Maximilien Bibaud qui, dans le début, était seul chargé du cours de Droit au collége Ste. Marie, est maintenant le doyen des professeurs. Deux professeurs adjoints partagent avec lui la tâche de l’enseignement de ses principes et de la manière d'en faire l'application dans les affaires.

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Les certificats délivrés aux élèves qui ont suivi régulièrement le cours d'instruction donné sur le Droit au collége Ste. Marie de Montréal, sont signés par le Recteur de l'établissement et par le doyen des professeurs de Droit, ct, d'après la loi, ils équivalent, chacun, à un diplôme de Bacheïier enfDroit. Ces certificats comportent, en faveur des impétrants, des priviléges et exemptions que n'ont pas les élèves dépourvus de diplômes académiques, lors de l'examen qu'ils sont tenus de subir pour être admis à la profession du Droit.

Les patrons de l’école de droit fondée à Montréal sont, le R. P. Recteur du collége de Ste. Marie, Mgr. l'évêque de Montréal, l’Honorable D. B. Viger, l'Honorable A. N. Morin, l'Honorable Sir G. E. Cartier, THonorable L. H. Lafontaine, ces quatre derniers décédés ; MM. C.S. Cherrier, Dr. J. B. Meilleur.

P.S, Depuis que ce qui précède est écrit, M. Bibaud a laissé la chaire de Droit qu’il occupait avec distinction au collége

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& St. Marie depuis 16 ans.

tr L à n : XLIV 6 COLLEGE DE SHERBROOKE (1852).

r ] Comme on le sait généralement, la ville de Sherbrooke est le sise à 45 lieues de Québec et à 32 de Montréal. Elle est située te au centre d’une contrée riche et florissante et d’une population eu prospère et heureuse. Elle est sise sur la rivé ouest de la al rivière St. François qui, par la profondeur de ses eaux et la " largeur de son lit, peut entrer en parallèle avec eertains e, fleuves renommés de l’Europe.

ns La ville de Sherbrooke est traversée d’outre en outre, par di- le chemin de fer de l'Atlantique, et coupée en deux par la ve petite rivière Memphrémagog dent les ‘eaux par une chûte e assez considérable, se jettent dans la rivière St. Francois. le Bâtie, en grande partie, sur une éminence élevée, d'où le he regard embrasse un horizon fort étendu, la ville de Sherbrooke de se divise en Basse et Haute-Ville. C'est dans la Haute-Ville es que se trouverc les principaux édifices publics. Ceux qui

dominent cette élévation sont dùs principalement au zèle infatigable ct à l'énergique persévérance du curé de l'endroit, M. l'abbé À. £. Dufresne qui, dans l’espace de neuf à dix ans, a élevé, à la gloire de Dieu et de ses concitoyens, un temple magnifique, un beau collége et un beau couvent. Ces édifices sont en brique et de dimensions suffisantes pour pouvoir répondre aux besoins même d’un avenir éloigné.

æ collége de Sherbrooke est situé bien centralement pour ia commodité et l'avantage de la jeunesse catholique des townships de PEst, êt, vu Véducation et l'instruction soignée qu'on y donne en anglais et en français, l'air pur qu'on y respire et les agréments qu'on y. rencontre, il ne peut qne

prospérer et prendre rapidement de plus grandes proportions, ce qui est d'autant plus désirable que, situé entre deux institutions protestantes du mème genre, le besoin d’un

il collége catholique s'y fait plus sentir. Ces deux institutions

sont: le ‘ Bishop's college ” et le ‘ St, Francis collége.” (Voir les articles touchant ces institutions.)

Le collége de Sherbrooke est placé sous, l'habile direction du collége de St. Hyacinthe, et le cours d'études est à peu de choses près le même dans les deux institutions. MM, Dufresne et Quinn sont encore les seuls que le collége de Sherbrooke

il ait eus pour directeurs.

Tout ce que l'on peut dire à la louange du collége de Sherbrooke peut être répété, convenablement, en faveur du couvent qu’on y voit à quelques pas de l'église. Ilest dans une condition de succès et de prospérité très encourageante. Ce couvent est destiné à remplir, en faveur des filles catholiques de ce quartier ,populeux, les devoirs importants dont le collége est chargé en faveur des garçons.

Le couvent de Sherbrooke, le seul dans les townships de l'Est, est remarquable par la beauté de son site dans cette charmante petite ville. La salubrité de cette ville, sa facilité de communication avec toutes. lea principales villes du Bas-Canada, et le plan d'instruction suivi, en anglais et en français, dans cette nouvelle maison d'éducation, en font une institution des plus recommandables.

Comment donc, les citoyens, et spécialement les catholiques de Sherbrooke pourraient-ils ne pas conserver une éternelle reconnaissance à celui qui les a si richement dotés. (!)

Outre ces deux beaux Ctablissements, destinés surtout à l'instruction et à l'éducation de la jeunesse catholique de cette florissante partie du Bas-Canada, il y a encore, à Sherbrooke, une académie anglaise protestante où l'on erseigne tout ce qui est compris dans un Cours pratique, et tout ce qui constitue la première moitié d'un cours classique, à l'instar de £e qui se voit dans les maisons d'éducation de ce genre établies dans les Etats-Unis.

Des acelémies comme celle de Sherbrooke sont assez nombreuses et RUOEES dans les townships de l'Est où on les trouve élablies quelquefois deux par comté. Elles ont été importées avec leur nom et plan d'instruction, des Etats. Unis, et les précepteurs sont généralement des élèves des institutions d'éducation des Etats limitrophes d'ou ilsapportent généralement tous les livres dont leurs élèves peuvent avoir besoin pendant leur gestion.

La composition, l'impression et la reliure de ces livres ayant lieu dans les Etats-Unis, le produit de leur vente sert à alimenter l'industrie américaine et à en payer le prix.

Je fais allusion à cétte pratique dans. mon rapport de

(1, Noir la Gaszelle des Campagnes du 25 septembre 1862.

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décembre 1842, et j'en tire des conséquentes qui ort attiré dans le temps l'attention des lecteurs.

Autrefois, ces académies recevaient chacune des fonds du gouvernement provincial, la somme de £100 par an, et cette même somme #tait payée avec la contribution locale, au précepteur de chaque académie. Mais, depuis quelques années, cette allocation a subi une certaine diminution, d’où il suit qu’un peu moins de notre argent sert aujonrd'hui à alimenter directement l'industrie et le commerce de nos voisins,

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