SOEURS DE L'ASSOMPTION A ST. GRÉGOIRE
J'ai d'autant plus de plaisir de signaler la fondation. dont suit la modeste description que m'en a procurée un ami, qu’elle est le fruit d'efforts dans le Bas Canada, les plus courageux et &e sacrifices les plus généreux et les plus constants, de la part du vénérable Messire J. Harper, et de Msssire J, C. Marquis, celui-ci alors à St. Grégoire, maintenant curé de St. Pierre Célestin.
Cette institution a été incorporée par acte de la Législature provinciale passé en sa session de 1865.
Les Dames de la Congrégation de L'Assomption, outre l’enseignement qu'elles se chargent de donner aux jeunes élèves qui fréquentent leurs classes établies dans leur convent, tiennent une école normale spéciale, pour y former des institutrices pour tenir des écoles primaires dans les paroisses. C'est la troisième maison d'éducation de filles dont les professes tiennent une école normale volontaire et indépendantes de celles tenues sous les auspices du gouvernement. Los autres sont celles de la Présentation et de Ste. Anne, celle-ci d’origine toute canadienne dont la maison principale ayant été à St. jacques de l’Achigan, est maintenant fixée en la paroisse de Lachine. :
ne faut pas confondre le nom de l’Institut des Dames de L'Assomption avec celui de la paroisse de L'Assomption où
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l'on voit un beau couvent des Dames de la Congrégation de Montréal. Il ne faut pas, non plus, confondre le mom de l'institut des Dames de a Présentation, avec celui de la Présentation voisine de St. Hyacinthe, où est leur maison. mère en Canada.
Les deux maisons d'éducation supérieuse que l'on voit prospères et florissantes en la paroisse de St. Grégoire le Grand, sorties du combat qui s'y est engagé entre les parties opposés au sujet de la loi d'éducation, sont une preuve irréfragable du succès de cette loi, malgré l'opposition def a rencontrée dans certaines parties du district de Trois- Rivières, et surtout dans cette paroisse.
“ La Congrégation de L'Assomption, maintenant à Nicolet, a été fondée à St. Grégoire, en 1853, par Messire J. Harper, curé de la
aroisse, Quatre Demoiselles se réunirent sous sa direction, le 6
eptembre de la dite année, dans l'intention de se vouer à l'instruction des jeunes personnes de leur sexe, de former des instutrices et de se consacrer à Dieu par les vœux de réligion. On mit à leur disposition une maison en pierrs de cinquante-cinq pieds de longueur sur
uarante-cinq de profondeur, à deux étages, avec deux ailes en bois
e. trente pieen sur vingt-cinq. Depuis, elles ont ajouté un étage en brique à l'édifice en pierre et ont, de plus. fait l'acquisition d'une maison en bois à deux étages de cinquante-cinq pieds sur trente.
Le nombre des élèves la première année fut de 45 internes et SU externes,
La seconde année 52 internes et 80 externes.
La troisième ‘“ 60 ss 75 4 La quatrième ‘ 93 ‘t 106 ‘ La cinquième ‘ 86 « LL CO La sixième ‘ 73 “ 84
Chaque année un nombre d'élèves plus ou moins grand ont subi des examens avec honneur devant le bureau des Examinateurs, et ont obtenu leurs diplômes tant pour école élémentaire que pour école modèle. Outre les différentes branches de l'instruction, nécessaires aux femmes dans la société, on enseigne aussi les arts d'agrément: la musique, le dessin, les divers ouvrages d'utilité et d'agrément ; couture, broderie en soie, en laine, etc.
Ce nouvel établissement a aussi fait des progrès sous le rapport de la religion, au bout de deux ans Sa Grandeur Monseigneur Thomas Cooke l’approuva et l’érigea en communauté religieuse sous le titre de Congrégation de L'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, revêtit de l’habit de religion les quatre premières et leur associa deux antres Demoiselles en qualité de fpostulantes. L'année suivante, on leur permit de prononcer leurs vœux. Aujourd’hui la communauté se compose de douze Sœurs: trois professes, quatre novices, cinq postulantes et une laïque, madame Marmet, dont le mérite, le savoir et les connaissances sont assez connus pour qu’on puisse se dispenser d’en rien dire ici.
Pendant le cours de cette année 1859; la ciel a fait subir à cette communauté naissante une terrible épreuve enr lui enlevant par la ur LS première supérieure, personne de grands talents et d’un rare mérite.
Si le nombre des sujets parait encore peu considérable, ce n’est pas qu’il ne s’en soit présenté un plus grand nombre, mais la Congrégation, n'ayant d'autre ressource qua ce qu’elle reçoit des commissaires
d'école, comme subvention annuelle, et la somme qu'elle retire des élèves pour prix de leur pension, a cru plus prudent de n’admettre que les ge absolument nécessaires pour répondre aux besoins actuels de la maison ; pourtant il serait à désirer que le nombre des Sœurs s’augmentât, car déjà les paroisses voisines voyant le bien et l'avantage qu’elles pourraient retirer d'un semblable établissement, ont témoigné le désir de se procurer des Sœurs de cette institution, mais jusqu'à présent il a ét6 impossible de les satisfaire pour les raisons données plus haut,’
Cette nouvelle communauté est la dernière d'orig' na dienne ;.elle est aussi la dernière établie dans le Bas .ada, et sa description complète l’'énumération de nos maisons d'éducation dévouées à l'instruction des jeunes filles dans ce pays. Mais nous ne devons pas laisser ce sujet, si intéressant pour la société et si consolant pour la religion, sans mentionner au moins les quelques communautés de mème genre, établies dans le Haut-Canada qui ne dérivent pas des nôtres ; ce sont celle de Lorette etscelle de St. Joseph.
A la demande de Mgr: Powet,ler évêque de Toronto, cinq Damés religieuses de l'ordre de la bien-heureuse Vierge- Marie, communément appellées Dames de Lorette, partirent du couvent de Dalkey, près de Dublin, en Irlande, pour venir s'établir à Toronto où elles. arrivèrent en septembre 1847. Madame Tgnace Hutchinson était leur supérieure.
Get ordis, qui prit naissance en Bavière au commencement
du 17e siècle. et se compôsa d’abord des dames ang) ?s et irlandaises qui avaient été forcées de s’exiler de li \AYS, our éviter les persécutions religieuses, s'y est étab. puis
ors, et y a pris de grands développements, surtout dans la ville de Dublin et dans ses environs où elle compte sept établissements qui se contéstent l'opinion et le mérite.
Dans le Haut-Canada, où les Dames de Lorette sont très appréciées, elles ont déjà plusieurs étabhssements très pros pères, fréquentés, en grande partie, surtout à Toronto, par des enfants de nos frères séparés.
Outre ces établissements pour l’instruction.des jeunes filles, l’on voit encore à Toronto, un collége dirigé par les RR. PP. Basiliens, fréquenté par plus de 100 élèves, et les écoles tenues par les frères des écoles chrétiennes pour l'instruction gratuite de plus de 600 enfants.
Les sœurs ou filles de St. Joseph se sont aussi établies à Toronto, le 7 octobre 1851, à la demande de Mgr. de Charbonnel, 2nd évèque de Toronto. Cette communauté prit son origine en 1651, au Puy-en-Veloy, en France, à la sollicitation du R:'P. -, Jésuite. Depuis lors, les sœurs de St. Joseph
se sont répandues plus où moins dans tous les diocèses de France.
En 1836, six religieuses de cet institut se rendirent à St. Louis de Missouri, sous la protection de Mgr. Rosati, et, en 1838, deux autres vinrent se joindre à elles, après avoir appris la manière d'enseigner les sourds-muets.
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les Etats-Unis, réside à Carondelet où elles out leur principal établissement, à six milles de St. Louis, et l'on compte aujourd'hui plus de 100 de ces religieuses réparties dans les diocèses de St. Louis, de St, Paul, de Philadelphie, de Quincy et de Wheeling. C'est l'établissement de Philadelphie qui « fourni des sujets à da fondation de Toronto.
Outre la tenue des écoles les sœurs de St. Joseph se dévouent sénéreusement à toutes sortes d'œuvres de charité et de Dientsisence telle que le soin des hôpitaux, la visite des prisons, les maisons de refuge, et la visite et l'assistance des malades à domicile, etc.
Maintenant, si nousrésumons les communautés de femmes qui se dévouent plus ou moins à l'enseignement en Canada, nous trouvons que sur 17 instituts de ce genre qui prospèrent dans cette florissante colonie, huit sont originaires de France, une, d'Irlande et huit du Canada.
Les communautés dont les premiers sujets vinrent de France, comme celles qui ont pris naissance en Amérique, ont, à leur tour, établi de nombreuses et importantes missions, soit dans les provinces du Golfe St. Laurent, soit dans les Etats-Unis, et jusque dans le Chili, surtout depuis six ou huit ans, et, aujourd'hui, le Bas-Canada qui ne contient guères plus d'un million de catholiques dans un pays où lesmalheurs de la guerre n'avaient laissé subsister que 65,000 canadiens lorsque l'Angleterre en prit possession en 1763, et où le protestantisme, et même le gouvernement a mis en couvre. pendant plus d'un demi siècle, tous les moyens de perversion eh som pouvoir, tels que les promesses et les menaces, l'or et l'oppression, pour faire des prosélytes et porter nos ancêtres à appostasier, nous avons la consolation de voir plus de 1200 religieuses réparties dans 8% couvents, enseignant plus de 1,600 jeunes filles,.dont près dé la moitié gratuitement, et ce, sans compter les œuvres de charité de toutes espèces auxquelles la plupart de ces saintes femmes se dévouent tout en même temps, avec un zèle et une constance à toute épreuve.
Dans toutes les circonstances où elles se trouvent, l'esprit qui anime ces communautés et les autres établissements de bienfaisance en Canada, fait bien voir que, pour avoir cessé, depuis plus d’un siècle, d’'appartenir à ja France, cette fille ainée de l’église catholique, nous n'avons pas cessé d’être unis, par la même foi et par la pratique des mêmes vertus, à la patrie de nos ancêtres.
Partout et toujours c'est l'esprit de l’évangile qui avise, fortifie et dirige nos diverses institutions dans les œuvres chrétiennes et humanitaires dont elles font leur occupation quotidienne. C'est ainsi qu’en donnant au monde le spectacle édifiant de tout ce que l'amour de Dieu et du prochain leur fait entreprendre et accomplir de charitgble pour le soulagement de l'humanité dans ses souffrances, et pour le bien-être de la société dans ses besoins. nous avons la douce consolation
de voir la pratique salutaire des sublimes vertus du eatholicisme poussée jusqu'à l'héroïsme, par l'union des œuvres à la foi, et par leur coopération sanctifiante.