‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 72 sur 116 · LIT ACADÉMIE DE ST. HENRY · texte numérisé non relu

LIT ACADÉMIE DE ST. HENRY

Un Ordre de Frères enseignants a été formé en 5 'et établi à St. Henri de Mascouche, diocèse de Montréal, par Messire J. M. Chevigny, alors curé de cette paroisse. Sous les auspices de leur fondateur, aidant, ils ont enseigné avec succès les sciences usuelles'et l’agriculture, ;

Malheureusement, cette maison d'éducation est tombée faute de moyens et d'encouragement suffisants de la part du gouvernement. Ce fait est d'autant plus regrettable qu'elle était mieux située pour pouvoir répondre à un grand besoin. Isolée des autres institutions de son espèce, et établie au milieu d’une grande population, l'Académie de Mascouche paraissait destinée à faire un grand bien à la cause de l'éducation dans ce canton populeux. M. Chevigny, ancien curé de cette paroisse, avait fait de grands et généreux sacrifices à cet effet ; mais, seul à fonder et à maintenir son établissement, il n’a pu en assurer l'existence. D'ailleurs, en laissant cette paroisse, il devenait impossible à ce digne prêtre de continuer à soutenir son œuvre.

C’est peut être ici le lieu de faire observer que, depuis 1856, trois institutions d'éducation supérieure ont perdu ce caractère et ne son$ guère ts que des écoles élémentaires, savoir : le collége de Chambly, le collége Laval et l'Académie de St. Henri de Mascouche.

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Gependant il n'est que juste de constater en même temps que, dépuis cétte époque’ on a fondé un collége classique à Trois-Rivières un collége classique à Rimouski un à Chicoutimi et que l’Académie de Si. Laurent à pris le rôle de collége classique, qu'une Académie ‘a été établie à St. Athanase, paroisse sise Ge l’autre coté de la rivière, visä-vis la ville de St. Jean Dorchester. ,

Messire Chevigny est auteur d’un excellent petit traité d'agriculture, et J'en ai recommandé l'usage dans nos écoles DIHRALIOE ainsi que le livre de M. Ossaye, sur le même sujet, e premier, comme livre classique, le second, qui est un dialogue entre deux cultivateurs, comme livre de lecture.

Cependant, je dois avouer ici que Pespèce de langage que M. Ossaye attribue à un Canadien, dans son livre intitulé : ‘© Veillées Canadiennes,” ne m’a jamais plu. En recommandant l'usage de ce livre dans nos écoles et dans nos bibliothèques de paroisse, j'ai sacrifié la forme et mon opinion, pour porter nos cultivateurs à utiliser le fond.

LIIT UNIVERSITÉ LAVAL.

L'Université-Laval est l'œuvre spontanée des Messieurs du Séminaire de Québec. Elle est modelée principalement sur celle de Louvain en Belgique, l’une des plus célèbres de l'Europe. En voyant le systéme de l'Université-Laval, on est forcé de reconnaitre celui de l’Université de Louvain, c'est-àdire assez, de suite, que l’Université Laval mérite à juste titre, toute la confiance des premières institutions classiques du pays, et, en effet, rien n'a été épargné pour la mériter pleine et entière.

Les Messieurs du Sém' ‘ure de Québec, en fondant l'Université. Laval,” se proposaient deux buts : 10. élever le niveau des études professionnelles, et, incidemment celui des études ; 20. protéger, pendant leur cléricature, la foi et les mœurs de ceux qui se destinent aux études professionnelles.” Comme on le voit, l'Université Laval, comme celle de Louvain, a pour objet principal de mettre les jeunes gens à l'abri de l’incréd'1lité, et des dangers du monde, et l'on peut dire que ses géné” fondateurs ont mis tout en œuvre pour l’atteindre sûren : Aussi sous ce rapport, leur succès est parfait.

Nos jeunes gens, au sortir de leur cours académiques, comme au jour de leur entrée sont pleins de foi, et forts du fond de sciences qui les distingue si honorablement, ils sont aussi pleins de courage et d'espérance dans l'avenir.

L'inauguration de l'Université-Laval eut lieu à Québec, le 21 de septembre 1854, au milieu d’une grande pompe et d’une grande foule de spectateurs de tout rangs et de toutes conditions. On peut dire que c'était là à la fois un jour de fête littéraire et nationale pour les Canadiens.

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. Gette fondation importante avait, sans doute, élé préméditée par Mgr. Laval, premier évêque de Québec, et l'on peut-dire au:moins qu'il en.jeta là base en y fondant, en 1663, le Séminaire des, Missions Etrangères ; mais les circonstances ne permirent pas de la faire avant 1854.

Une charte royale avait été obtenue à cet effet en 1852, ainsi qu'un indult du Souverain Pontife, en date du 6 mars 1853, autorisant l'Unifersité-Laval. à conférer les degrés ordinâires.

Cette charte a été obtenue principalement sur la recom: mandatiou de lord Elgin, à la demande gear firent, les messieurs du: Séminaire de Québêc à Sa Majesté la reine d'Angleterre, par l'entreprise de l’illustre et regretté Louis Jacques Casault, l'un des leurs. Ge vertueux et zélé prêtre est, en conséquence regardé comme le fondateur de cette université dont, depuis nombre d'années, on ressentait vivement le besoin. Il en fut le premier Recteur et l'on sait qu’il sut'remplir les devoirs difficiles de cette haute fonction à la grande satisfaction de tous.

Cette libéralité, de la part de notre gracieuse Souveraine, et de son habile lieutenant en l'Amérique Britannique, les fera passer à-la postérité comme:ayant bien mérité du pays.

: Des neuf prètres;-:membres du: séminaire de Québec, dont les noms.sont inscrits dans la charte royale de l'Université Laval; savoir : MM: Louis: Jacques Casault, John Holmes, Ant, Parant, Léon Gingras, Louis Gingras, Joseph Aubry, Michel Forgues, Mgr. Horan, M. le grand vicaire A. Taschereau, aujourd'hui-Archévêque de Québec, est le seul qui ‘démeure attaché" cette institütion. |

MM. Louis Jacques Casault, Léon Gingras, Louis Gingras, Ant. Parant, John. Holmes, Mgr. Horan et MM. Jos. Aubry sont décédés, et M: Michel Forgues a été appelés à d’autres postes, : [l a suffi d’une espace de treize ans pour amerñier de si grands'et dé si nombreux changements dans l’Université Laval. (1) C'est M. Ths. Hamel. G. V.. supérieur du séminaire, qui.est aujourd'hui le Recteur de FUniversité-Laval.

Il est à remarquer que, sur les nouf prêtres dont les noms vénérés sont inscrits dans la charte rovale de cette université, “trois sont des éléves du collége de Montréal, savoir : MM. Louis Gingräs, John Holmes.et Jos. Aubry. (2)

(1): Voir notice biographique sur- M: Louis Gingras, Québec. (2) Lors de sa visite en Canada, en 1860, son Altesse Royale le Prince de Galles, a fait. don à l'Université Laval de £200, dont l'emploi est destiné à donner des prix aux élôves. ‘Le conseil universitaire aurait décidé que cette somme serait placée à intérêt et que l'intérêt serait, chaque année, employé à remplir les vues du royal donateur.=—Journal de Québec, 4 Oct. 1860,

C’est leijour. de l'Immaculée Conception que Sa Majesté la Reire Victoria, signa: la charte decette institution quê le.Prince de Galles, son fils, devait honorer un ‘peu..plus tarc, par un témoignage permanent d'estime et d’en- «ouragement,- C'est aûss: en ce. jour ‘de réjotissance pour l'église qu'est fixée Ja fôte ‘patronale: de. l'Unifersité-JLaval.: En c® beau jour, tous les

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Lord Elgin assista à l'inauguration de l'Université-Laval, et prit part, avec un intérêt visible, à tout ce qui fut dit de mieux et de plus favorable à cette belle fondation. Sa présence et lé magnifique discours qu’il prononça avec la facilité d’élocution qu'on lui connaît, contribuèrent à donner un éclat tout particulier à cette imposante cérémonie.

M. l'abbé Louis Jacques Casault, premier Recteur de lUniversité-Laval, eut pour successeur \. l'abbé Taschereau, aujourd’hui Archevèque de Québec. .

L'époque de cette fondation paraissait avoir 6té reculée, mais c'était pour l’asseoir sur une base plus large, plus solide et plus durable. Depuis le décès de Mgr. Laval, les messieurs du Séminaire de Québec, toujours occupés de ce vaste projet, ne cessèrent de chercher les moyens former la somme nécessaire pour le mettre à exécution d’urte manière digne de leur illustre fondateur, et, d’ailleurs, propre en toutes choses à répondre au besoin du pays à cetégard. L'Université-Laval est un établissement fait sans mesquinerie et sans épargne. Il est spacieux, commode et riche, et l’on peut dire qu'il est national. PAS

Cependant, lorsqu'on observe que ‘ l'Université de Paris. l'une des plus anciennes du monde, n’a été fondée que dans le XIle siècle, bien‘que le royaume de France existât depuis le Ve,” et qu'aujourd'hui mème l'Angleterre n'a encore guères que deux Universités, ceHe d'Oxford {1} et celle de Cambridge, fondées plus tard encore, (2) et que le Collége des Jésuites à

élèves, anciens et actuels, se réunissent comme autant d'enfants affectueux et reconnaissants au foyer paternel de son vénéré Recteur. .Ce jour est une véritable fète de famille où l'échange empressé des témoignages. d'une légitime affection réciproque, conteste la prééminence aux pr d'une délicieuse musique.

(1) C'est à Alfred-le-Grand, qui fut pour la Grande-Bretagne ce qu'avait êté Charlemagne pour le continent, le restaurateur des arts et des lettres, qu'est dûe la fondation de la célèbre Université d'Oxford et de sa fameuse bibliothèque. ,

En‘1837, on a fondé à Londres une Université ; mais cette institution n'est pas enseignante. Son rôle se borne à conférer les degrés à des élèves formés dans des collèges qui leur sont affiliés.

Il y a encore l'Université äe Durham, en Angleterre, celles d'Edimbourg, de Glasgow ct de St. André en Ecosse—et deux à Dublin, en Irlande, et dont uné catholique fondée en 1861. Mgr. Hughes, archevêque de New- York, Etats-Unis, assistait à la cérémonie de la pose de la pierre angulaire de cette Université en cette même année. Il y précha le sermon de circonstance en présence d’un auditoire composé de plus de 4,000 personnes de toutes conditions.

Mgr. Hughes est décédé a New-York, sa métropole, le 3 janvier 1864, à l'âge de 65 ans, après avoir fourni une carrière utile et glorieuse pour lui et pour l’Eglise.. Voir l’appendice note 22.

(2) Deux institutions classiques furent fondées dans les Etats-Unis dans le XVIle siècle, savoir : l’Université Harvard, sise à Cambridge, près de Boston, fondée en 1636, ct celle de Williamsburg, dens la Virginie. en 1682 : et vingt-trois y ont été fondées bans le XVIIle siècle, au nombre desquelles se. trouvent l’Université de New-York, fondée en 1787, l'Université Cathoii de Georgetown, dans le district de Colombia, fondée 1792, Les catholiques

| 242 (r'A uébec, et subséquéemment celui établi par le Séminaire de D. | Hg ébec pour le remplacer, suppléaient, per leur enseignement cho: LE systématique et profond, au défaut d’une Université catholique petit (1 | en-Canada, on a raison d’être moins surpris du rétard apporté las: à son étabhssement à Québec. te | dan:

D'ailleurs, nous avions encore, depuis 1773, le Collége de tenci [| Montréal, depuis 1804 celui de Nicolet, et dépuis 1812 celui sans (ll de St. Hyacinthe qui suppléaient, par la pratique d’un senr- les Li blable enseignement, dans le ‘district de Trois-Rivières, ét mêm L | surtout dans celui de‘Moutréal, au: défaut d’une Université au D: il milieu de nous. Notre jéunesse classique ‘n'a ‘donc eu a obse il regretter, à cet égard, que d’être privée des degrés acadé- Etat: il miques qui couronnaïent aiHeurs les cours universitaires, et et'âu des diplômes qui, e@ en constatant l'octroi aux impétrants, Sur: font preuve d'un succès et d'un mérite qui les recommandent fond: à la considération de la société. (1) ‘ fonde PRES CEE BTS ETES ?

comptent sept autres institutions classiques dans les Etats«Unis, dont l'Uni- ml versité de St. Louis du Missouri, fondée en 1832, fait:partie. Un vertueux E et aimable prêtre canadien, M. Loizel, y est décédé professeur en 1836. En L'Université de St. Jean de New-York, sise à Fordham, près de cette ville, VOISI ‘confiée à l'habile direction des Jésuites qui en firent la fondation en 1840,.a esta bien voulu, par l'entremise du Côllége Ste. Marie à Montréal, eonférer en bien 1854 le dégré honoraire de Docteur en Droit :à six Cahadiens de Montréal. Pau savoir, les-honorables D.:B. Viger, A.N.Morin, G. E. Cartier, C..S.'Cherrier, à le Br. Meilleur et M. le professeur Bibaud, jeune. suit, ! if L'Univérsité de Georgetown, à laquelle le district de Québec et de Montréal tutior is ‘ont fourni des élèves, a aussi conféré des dégrés à plusieurs de nos Cônci- cette (A ASE distingués, au nombre desquels se trouvent MM. les .professeurs liams 1 ‘Désaulniers, dont un au Collége de Nicoletet l’autre à celui de St. Hyacinthe. Mai 1 ‘Le nombre total des gradués ‘ou &/umni de l'Université de Géorgétown est fai x ï dé 298. ‘Mais les Universités des Etats-Unis, protestantes et catholiques, a1S0 ! ont conféré surtout le degré de Docteur en Médecine à nin grand nombre de fondé no Canadiens, au nombre desquels se trouvent les Drs..F. Blanchet, X. Téssier, tution ï ete, de Québee, et les Drs. Coderre, Meilleur, ‘Robert Nelson, de Montréal, collég 1 décédé à New-York. L és et l'a de ‘{1) C’est une recommandation qui est d’un grand avantage que celle d’être les rè We gradué et porteur de diplômes académiques, surtout en pays éträngers. Il ès rêé ‘ ‘est donc à regretter que nos colléges, à l'instar de ce qui se pratique dans aux je Vs ceux des autres pays, n'aient pas l'habitude de conférer des degrés et sémin. VE d’octroyer des diplômes à ceux dé leurs élèves rospactifs qui, diligents, un Col ii vertueux ét possédant des talents, ont mérité, par leur assiduité au travail et par leur suceës, têtte marque de distinction honorable, Cette pratique ; sérait un motif puissant d’émulation constahte et soutenue -péndant la vie au mMoir de collège, et'ün'grand encouragement à l'étude pendant celle du-monde, si ecclésia abstraite et généralement si contraire aux entreprises scientifiques et litté- premièr raires. ‘A la Vue de leurs diplômes, nos jeunes gens s'encouragéraient à et:la ch l'étude comme à la vue de l’image de leur première communion fs s'encou- et insép ragent à la vertu, et, les conservant ensemble commo squyenfrs des deux de bien plus belies époques de léur vie, ils regarderaient ces piéces authentiques, hant, à b comme étant chacune le sceau d’un engagement solénnel pris, l'un envers par ceu: | ik le-Religion’et l'autre envers la science, de:ls cultiver simultanément avec pas enti # celte'foi et cette pérsévérance-qui caractérisent Ja vortu et le génie. y compt 5 “Les degrés académiques étant des distinctions scientifique et littéraires, plupart M ‘fondées sur le progrès ete perfectionnement moral et intellectuel, sont plus Univers | ‘honorables et:plus énviables que les grades militaires, que les biens même immédia ME de la fortune, puisqu'ils sont plus rationnels et plus stables qu'eux ; ils sont de la vé + L | a its

Dans les Etats-Unis, où l'on substitue souvent le nom à là chose, où au moins lon donne de grands noms aux plus petites choses, on a donné le nom d'académie à des institutions Classiques qui étaient de nature à jouer un rôle secondaire dans Penn, vu le temps et les lieux dedleur::existence. Ainsi, on a fondé, aux Eta@-Unis, des Universités sans collége, et des colléges sans Université, mais les uns et les autres, ayant rempli les mêmes devoirs, ont atteint le même but, et rien de plus pendant plus de deux siècles.

D'après ces considérations, il nous serahien permis de faire

observer, qu'après tout, nous ne sommes :pas en arrière des Etats-Unis, sous le rapport de la date, de M nature, du mérite et êu:succès des institutions classiques, quemême nous avons sur:eux deux années d'avance, au moins quant à la date dela fondation de la première, car, le Gollége des Jésuites à ‘été fondé à Québec en l’année 1635, et la plus ancienne Université des Etats-Unis ne l’a été qu'en 1637, et il n’y eut pas de collége avant elle aux Etats:Unis. 21

En effet, l’'Univorsité Harvard, sise à Cambridge, dans le voisinage immédiat de Boston, dans l'Etat de Massachussetts,

estla plus ancienne institution classique des Etats-Unis, ‘et ‘bien que le voisinage dé la mer dont nous avons été privés, ét Paugmentatiou de la population et du commerce qu’il s’en suit, semblent avoir indiqué plutôt un besoin pressant d'institutions de ce genre aux Etats‘Unis qu’en Canada, néanmoins cette Université n'a 6té fondée -qu'en 1657, et celle de Williamsburg, la plus ancienne ensuite, en 1692.

Mais nous paraîtrons moins arriérés à cet égard, si nous faisons attention que les séminaires de Quebecet de Montréal, fondé, le premier, en 1663, le second, en 1657, sont des institutions dévouées à l'éducation, et que, indépendamment des colléges classiques fondés par eux, dont un à Québec-en 1668, et l'autre à Montréàäl en 1773, ces Séminaires sont tenus, par

les règles de leurs ordres respectifs, à enseigner la théologie

aux jeunes gens qui se destinent à la prêtrise: Ainsi, les séminaires de Québec et de Montréal, ont entretenu chacun un collége classique sous le nom de Petit-Séminaire.

eu moins honorifiques et pacifiques. C’est pourquoi, après la hiérarchie ecclésiastiqne, la hiérarchie académique devrait être considérée comme la première parmi celles qui ont rang dans la société, puisque, comme la vertu et:la charité, la science et les lumières sont sœurs et compagnes naturelles et inséparables de l'Eglise. L'origine, l'utilité et le progrès des institutions de bienfaisanee et d'éducation qui couvrent les pays catholiques proclament hant, à la gloire du catholicisme, ce fait patent admis universellement, même par ceux de nos frères séparés que les préjugés et le fanatisme n'aveuglent pas entièrement. :Qu’on jette un coup-d’œil-sur l'Italie catholique, et qu'on

y compte, je.ne dis:pas:ses monastères et ses couvents, consacrés :pour la

plupart à l'instruction de:la jeunesse, mais spécialement. le nombre de ses Universités, leur fondation antique et leur succès admirable sous les auspices immédiats du Chef suprème du catholicisme et l'on < -onvaincra aisément de la vérité de ce fait glorieux et indéniable.

Le besoin d'une Université catholique en Canadà ne se faisait donc pas fortement sentir, tant à cause du manque d’insti tutions classiques qu’en conséquence de la multiplication de ces dernières qui, à raison de leur nombre et du progrès que fait chaque jour l'éducation dans le pays, avaient besoin, elles, d'un modèle, et d’un lieu commun de ralliement où leurs élèves respectifs, les plus capables et les mieux disposés, pourraient se réumr en classes d’élites, et parcourir ensemble avec uniformité et un nouveau succès, le cercle le plvs étendu des connaissances humaines, en passant par toutes les cpreuves et par tous les'grades académiques.

’Université-Laval, comme je l’ai déjà à peu prés dit, doit son existence et son organisation à la générosité et à l’habileté des MM. du Séminaire de Québec qui en ont fait, eux seuls, tous les frais, sous les auspices de Sa Grâce Mgr. l'Archevèque de Québec. Ce grand dignitaire à publié un mandement à cette occasion. ainsi que Mgr. l'Evèque de Montréal, pour recommander cette Université à la confiance de toutes nos autres institutions classiques et leur affiliation à icelle.

De son côté, l’Université-Laval offre de s’affilier les autres institutions classiques de la province, et à destiner, pour l'usage des élèves qui leur seront confiés, des salles spacieuses et commodes pour les y héberger, à raison de 130 piastrés

our prix de la pension pendant les trois termes universitaires,

es vacances de Noël et de Pâques comprises.

Quant aux autres déboursés que les élèves ont à fairé, voici ce qu'ils doivent être, d’après l'annuaire de l'Université :

40. ‘ Les nouveaux ont à payer $1.80 pour l'inscription et les autres $0.50 pour le renouvellement de linscription. :

20. Les élèves en Droit payent 88 par terme pour les cours, et les élèves en médecine $16. Ces sommes se payent d'avance, et ies élèves ne peuvent être admis aux cours qu’en présentant une carte qui atteste qu'ils ônt satisfait à cette condition. Le terme se paye toujours en entier, ions même que l'élève ne suit pas les cours pendant toute la durée du terme.

30. Les élèves en médecine doivent donner au prosecteur 84 pour la dissection, et lui payer de plus les sujets qu’il leur fournit, sans qu'il leur soit jamais permis de se les procurer eux-mêmes.

4o. Les élèves en médecine qui fréquentent l'ôpital de Marine ont à payef au trésorier de cet établissement la somme de $3.

5o., Les élèves qui prennent des degrés ont encote quelques déboursés à faire pour les diplômes, thèses, examens, eic.

Quant aux étudiants qui, n'ayant point qualité pour prendre l'inscription, sont néanmoins admis à suivre les cours de l'Université, le prix des cours sera de $12 par terme dans la faculté du Droit, et de 820 par terme dans la faculté de la médecine.”

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. En 1862, M. le secrétaire de l'Université-Laval annonça que dés circonstances heureuses. permettaient au Séminaire de Québec d'accorder 20 demi-pensions aux élèves dont les res sources seraient insuffisantes pour pouvoir entrer au pensionnat. Lorsque les élèves sont pensionnaires, ils ont à payer £30 de plus par an, pour pension, logement, etc. 1°

Mais 11 n’est pas nécessaire que les élèves des colléges classiques suivent les cours de l'Université-Laval sur les lieux mêmes, pour permettre à ces institutions de s'y agréger; leurs élèves peuvent concourir dans leurs établissements respectifs avec ceux de l'Université-Laval. Dans ce cas, .le concours a lieu au moyen d'examens et de compositions sur des sujets donnés aux élèves par un des membres de l'Université qui se transporte sur les keux pour, présider aux opérations et pouvoir en recueillir le résultat qui est comparé, ensuite, à celui obtenu à l'Université, où les concurrents heureux de toutes lesinstitutions sont gradués, sans déplacement ni frais de voyage aucun.

Le Collége de Québec et l'Université-Laval, qui ne forment plus qu’un établissement, ne sont véritablement qu'une exten. sion du Séminaire de Québec, fondé par l’illustre évêque qui, le premier, vint en Canada és-qualité, et il semble, qu'à ce titre seul, cette Université mérite déjà suffisamment notre confiance et l’affiliation de nos autres institutions classiques. Ge serait le moyen de procurer à nos jeunes gens studieux et marquants par leurs tälents et par leur succès dans la culture des lettres, des arts et des sciences, l'avantage de pouvoir être gradués et porteurs de diplômes. ci zh

D'après l'annuaire de 1857-58, l'Université Laval compte :

7.10 Professeurs de Droit, hero rie Elèves ayant suivi le Cours de Droit...

20 Professeurs de Médecine...

Elèves aÿant suivi le Cours de Médecine

do Professeurs de la Faculté des Arts...

Elèves des do PUR

to Professeurs de Fhéologie......….......... ss. Elèves en Théologie...

30 Professeurs du Collêge, classique, outre le Directeur et le Préfet des études..........s.... 13 BIO Hicusssatnns:snal hs lrussdee vescnetf ère aO

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Total des élèves réunis... 418

D'après l'annuaire de 1861-62, tout ‘lé personnel de l'Uunivérsité-Laval sa compose de 21 personnes, choisies parmi les directeurs du Séminaire et les professeurs des quatre facultés de l’Université.

Le personnel du Séminaire se compose de 19 prêtres directéurs, agrégés et auxiliaires. 9

Le, nombre des professeurs est de 20 à l'Université, de 16 au Collége et de 8 au collége préparatoire de Notre Dame. Ily a, en outre, 16 régents, qni sont-attachés aux quatre brancties de V’'Institution. *

Le nombre des élèves de l'Université ést de 134; dont 39:de la faculté de Théologie, 74 des facultés de Droit et de Médecitie et 21 de la faculté des Arts.

Le nombre des élèves au cours classique du collégé est de 349.

Le nombre des élèves au cours préparatoire du collége de Notre Dame.est de 188.

Le chiffre total de tout le personnel de cet immense établis. sement, y compris les directeurs, professeurs, régents, élèves ét serviteurss'élève à près de 800 personnes.’ Courrier du Canada.

Mais depuis 1862, tout a augmenté et chaque chiffre a gagné en valeur proportionnelle au nombre d'années écoulées jusqu'à ce jour. b À

D'après l'annuaire de 1867-68, le nombre de jeunes gens laïques qui suivent les cours à l'Université. Laval est de 105, Savoir :

De la faculté des Arts... HAT VE 2 “ s# de Droits unes 40 $ sx de Médecine... 01

é. Total... 105 Sur ce uombre, 30 ont recu des degrés soit dans la faculté des Arts, de Droit ou de Médecine.

; Les élèves de la faculté dé Théologie sent au hoïibre dec sirig ent tie CP MP CEE CT … 49 Et ceux du cours classique du colége ou Petit- SEMINATE DO ascieeedir nd bras dec 0s 2 67

Grand total... HS 521

Cet annuaire contient une brochure au delà de 100 pages, qui FEI ‘ennent les noms des directeurs et professeurs du collége, les noms du Recteur et des profbsseurs de l'Université, une intéressante description du musée botanique de l'Université-Laval, par M. l'abbé Brunet, et une notice biographique sur feu l'abbé Louis Gingras, prête, du séminaire de Québec.

La bibliothèque attachée à l'Université-Laval est celle du Séminaire même et ne contient guère moins de 40,000 volumes. On y a ajouté plus 2.000 volumes de médecine et 1.200 volumes de droit, faisant en tout un total de 44,000 volumes. "

Les administrateurs de l'Université, non contents de l'espace destiné à cette bibliothèque, viennent de disposer un appartement contigu au premier, à deux étages, pour y sérvir de supplément. Gette bibliothèque est destinée à contenir plus de 50,000 Yolumes

qu'il s légale

Not affect:

littéra versit histor (1) A dés ins!

lement

Le cabinet de physique à l'usage de la faculté des arts est celui du Séminaire, et n’a pas coûté moins de 14,000 piastres. Outre ce cabinet, un musée géologique et de AR PAlOUE comprennent plus de 2,000 échantillons à l'usage des élèves, et l'Université à destiné de vastes salles pour la complétion d’un câbinet d'histoire naturelle.

Le tout y est coordonné avec méthode et une magnificence princière.. É

La fäculté de médecine y possède une collection d'instruments qui ne le cèdent en rien aux belles collections des meilleures institutionsenropéennes, et un musée qui comprend’ 600 piéces naturelles préparées en France, et 200 pièces artificielles éxécutées avec une grande précision et netteté.

Comme nous le voyons, l'Üniversité-Laval ne manque pas de moyens d'instruction, et, fille du catholicisme et de la France, son enseignement systématique et profond, donné en francais, sera t@ujours pour nous une garantie de succès, comme aussi de la conservation pure etintacte, non-seulement ARE 6 foi, mais encore de notre langue.et de notre nationa-. ité, LA De leur côté, les élèves de FUniversité-Laval, qui constituent l'établissement d'éducation catholique le plus important de toute l'Amérique britannique. fidèles aux bons principes et aux saines docérines qu'elle ne manquera pas de leur inculper, se feront sans doute un devoir de marcher constamment à l’ombre de son.étendard, symbqgle de la science et de la gloire littéraire en Canada. Carsquelque soit notre progrès dans les connaissances humaines ; quelque soit notre distinction dans les beaux-arts : il nous faut à nous canadiens, un lieu de ralliemertt sûr et fixe où la religion domine, et une nationalité évidente et ferme où la religion dirige nos pas.

Or, le principe primordial et constant de cette nationalité se trouvant essentiellement dans lorigine et dans la foi que nous tenons de nos ancêtres, notre littérature doit en être l'expression fidèle, et, animée de l'esprit du catholicisme-et du génie français dont nos institutions sont à la fois les gardiennes et les organes, elle fera toujours notre mérite particulier et notre gloire spéciale. À

Nous aurons donc notre, aationalité et notre littérature à nous, ainsi que notre religion pour guide en toutes choses, qu'il sera de: notre intérêt Commun d'établir et de maintenir, légaleinent, sur une base solide et durabhle.

Nous nous ferons donc toujours un devoir de hous rallier affectueusement autour de nos autels ét de nos institutions littéraires, à la tête desquelles figurera, avec avantage, l’Université-Laval dont le nom seul rappelle tant de souvenirs historiques, pour nous si instructifs, si édifiants et si chers. (1) (1) Agès son retour en Angleterre, le Priñce de Galles envoya à chacune des institutions suivantes, une Somme de £200 pour servir à donner annuellement des prix à leurs élèves respectifs, savoir : au collége de Knox, à

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