VAUT LES FÊTES
Sous ce titre Les Ettipes tTune Statue, le journal Le Salât, de Saint-Malo, dans son numéro du âl juillet, retraçait brièvement i'histoire du monument <i élevé à la gloire d'un grand homme par ses concitoyens ». Jamais, dit-il, « monument ne suscita plus d'incidents ; aucune statue sans doute n'eut d'histoire plus agitée ».
Nous ne reproduirons pas ici cette « page d'histoire », tout en reconnaissant avec Le Salut qu'il pouvait être intéressant de la retracer. Ce livre sera consacré uniquement à l'érection magnifique de la statue de Cartier et non aux incidents pénibles, à travers lesquels nous nous sommes lentement acheminés vers notre but. Il ne veut litre que le témoignage d'une grande fête, où le Canada et ia France se
MKMOniAL DES FETES rRANCO-CA»ADIENNËS
ont unis. Il doit marquer seulement Tadhésion finale de JUS, pour une apothéose qui a resserré des liens d'amitié, xé des souvenirs mémorables ctprovoqué des élans enthouiastes, daus cette ville de Saint-Malo, où ces grands mots, loire et patrie, depuis des siècles, ont provoqué tant de bel- ;s actions et susciteront toujours de généreuses sympathies.
Nous prendrons toutefois, dans ce numéro du S(tlut, quelues « témoignages mérités « que notre ami M. François azin décerne à ceux qui plus particulièrement se sont évoués à l'entreprise de ce monument. Commencée en 899, elle n'a pu aboutir qu'en 1905.
M. F. Bazin écrit :
La première pensée d'un monument à Jacques Cartier est due à ancien curé de Saint-Malo, le très vénérable abbé Bourdon, qui, a mourant, voulut qu'il fût prélevé sur son modeste héritage une )mme de 100 francs destinée à la souscription qui s'ouvrirait en ue de l'érection d'on monument à Jacques Cartier.
Le Salut se fit dès cette époque le porte-voix et l'écho do la pensée Li saint prêtre, en faisant appel au culte des Malouius pour leurs rands hommes, en faveur du découvreur du Canada. Dès cette îoque aussi, dans le but de créer un courant en l'honneur de icques Cartier, nous publiions en feuilleton un roman inédit, dû à I plume d'une de nos distinguées compatriotes, roman dont il était I héros.
Il n'est que juste, en effet, de constater l'appui prèle par e Salut à l'œuvre du monument. Toute ta presse s'y est évouée, mais il faut reconnaître que Le Salut a pris la tête e ce mouvement de sympathie et n'a rien ménagé pour ider au succès final.
Les journaux canadiens, La Presse et La Pairie surtout, ous ont apporté Tappui de leur grande publicité. Le Parisanada nous a ouvert largement ses colonnes.
Dans un article intitulé Les deux « Hermine », M. F. Bazin lit ensuite un piquant parallèle entre l'une des caravelles e Cartier ot la Revue que je dirige.
POUR l'ÉRECT[ON du monument de JACQUES CARTIER 3
L'une est l'bumble caravelle qui, partie de Saint-Malo, s'en alla â la découverte d'un nouveau inonde pour le compte de la France et du Christianisme.
L'autre est la Revue littéraire qui s'en va explorant les villes et les villages bretons, y suscitant de jeunes talents, leur donnant l'essor, enrichissant ainsi d'œuvrea nouvelles le patrimoine intellectuel de la Bretagne et s'appliquant à justifier sa gracieuse devise : Bretagne est Poésie.
Le navire explorateur était commandé par le Malouîn Jacques Cartier.
La Revue littéraire bretonne a été fondée et est dirigée par le poète Louis Tiercelin.
Or, il se trouve que, par suite de circonstances que les Malouins se rappellent, le président du Comité qui érige une statue au commandant de la Grande Hermine est le directeur de la Revue du même nom
Le moi est trop haïssable pour que je reproduise intégralement ces ligues trop aimables. Ou voudra bien excuser, à cet égard, la mention de mon nom à travers ces pages ; je veillerai à ce qu'elle n'y soit faite que dans la mesure indispensable au récit.
En revanche, il m'est particulièrement agréable de reprendre encore au Salut l'éloge de M. Charles Jouanjan, maire de Saint-Malo, sans qui la réalisation de notre projet n'aurait certainement pas abouti ; de M. Pointel, trésorier du Comité, qui fut toujours sur la brèche, mais qui, particulièrement, dans les derniefs coups de feu de l'action, pendant « la grande semaine » qui a précédé la fête, a été, dans une mesure qu'il est impossible de dire, l'ardent et habile organisateur de la victoire.
Notre ami Louis Boivin, qui fut à la peine, n'a pu se trouver à Thonneur. Il a été le plus dévoué secrétaire, l'infatigable boute-en-tpain, croyant et faisant partager sa foi, luttant pour le succès jusqu'au jour où la maladie l'a terrassé. Ce fut un deuil pour nous ; une tristesse pour notre œuvre. Du moins, l'œuvre fut achevée et, en même temps.
UÉHORUL DES rÉTES FRANCO-CANADIENNES
t ami, la convalescence est commencée. QuMi "expression de notre gratitude, de nos regrets et . de notre joie à la nouvelle de son prochain réta-
sin écrit :
Ir indiqué ia large participation qu'a eue M. Louis > réalisation du projet de monument à Jacques Cartier, premiers à saluer dans l'Hermine, ce n'est que justice noignage au dévouement qu'a déployé dans cette entrepremière heure, M. Jouanjan, qui, maire de Saint-Malo )ù le projet recevait une première teotative d'exécution, a immédiatement sa sympathie, et qui, depuis, aussi période des vicissitudes du projet que dans sa période 1 définitive, déploya au service de l'eutreprise le délù bon Français et d'un vrai Malouin.
kl. Jouanjan, nous avons le strict devoir de citer deus furent véritablement les chevilles ouvrières de l'entre- Pointel, trésorier, et Louis Boivin, secrétaire. nq ans, MM, Tiercelin, Jouanjan, Pointel et Boivin ser- Tendirent l'entreprise, chacun dans son rôle, avec la :é de la voir aboutir au succès.
remiers auront la satisfaction de voir de leurs yeux le i.t de l'œuvre. Le dernier n'aura pas cette joie. Il a été nais ne sera pas au succès. Atteint depuis sept mois ie dont sa robuste constitution finira par triompher, ni collaborateur et ami Louis Boivin, qui a déployé à n de l'entreprise toute l'obstination du Breton têtu, as au triomphe de l'idée dont il a été l'un des plus feri. Ce n'est qu'une raison de plus pour nous de lui adreaoccasion notre souvenir le plus cordial, en souhaitant die enfin bientôt vaincue, il vienne reprendre sa place à ù il est attendu.
ces dévouements à l'œuvre du monument, il en est urément, qu'il faudrait mentionner. Qu'on nous parpas les citer : ils sont trop. Bornons-nous à constater eure, les concours sont innombrables, et que, suivant nblance, grâce à l'union des efforts, les fêtes qui se prét dignes en même temps de Jacques Cartier et du pays
out ceci posé, faire « une place à part » à Th.
POUR l'ÉBECTION du monument de JACQUES CARTIER 5
Botrel. Il est coutumier du plus beau geste qui soit, le Geste de Charité: Il est le Poète des Bonoes CEuvres, comme il est le Chantre des Belles Actions. Je ne sais pas de vie plus heureuse que la sienne, tout entière dévouée à TArt et à la Bienfaisance. Il est acclamé des foules qui i'entendeot et béni des foules dont il est le trésorier généreux. Il passe dans un enchantement de gloire et de bonté. C'est très justement que François Bazin a écrit :
Ce n'eat pas par une simple faiblesse de l'amitié que nous avons voulu donner au poète breton Théodore Botrel et à sa gracieuse femme, compagne inlassable de ses tournées et de ses succès, une place à part dans cette distribution de témoignages reconnaissants.
Personne ne contestera qu'ils l'ont amplement méritée.
On se rappelle le joli ^ste de Botrel, qui, au lendemain d'un succès magnifique remporté par lui au Casino de Saint-Malo en faveur de Jacques Cartier, apprenant qu'une soirée donnée pour les monuments de Cartier et de Surcouf à Paramé avait lamentablement échoué, s'écria :
— Eh bien I nous irons chanter jusqu'au Canada pour le grand Malouin ; mais, palsambleu, nous verrons bien si Jacques Cartier n'aura pas sa statue. N'est-ce pas, ma douce ?
On sait le reste.
Si la statue de Jacques Cartier se dresse aujourd'hui sur nos murailles, il n'est pas contestable que c'est au bon poète Botrel et à sa jeune femme que Saint-Malo le doit.
Et nous n'aurons pas l'ingratitude de l'oublier.
L'inscription gravée sur le socle de la statue consacrera d'ailleurs ce souvenir, tout à l'honneur du barde au beau courage et à l'âme ' généreuse.
Et voilà pourquoi, en attendant que nos concitoyens aient l'occasion, durant ces trois jours, de manifester leur sympathie et. leur gratitude à M. et à M»»' Botrel, nous sommes sûrs d'être leur interprète en souhaitant la bienvenue au couple charmant qui, après avoir attaché son nom à tant de bonnes actions, t'a âxé dans une grande œuvre.
Vive Théodore Botrel 1
Je manquerais gravement à la reconnaissance et à la vérité si. je ne remerciais à cette place, et, en ma qualité de Président, rexcelienl et dévoué Comité dont j'ai pu appré-
6 Mf^:MORIAL DES F^ES FRANCO-CANADIENNES
cier mieux que personne le zèle inlassable et Pinfatigable dévouement. Je ne crois pas que jamais Comité ait été plus actif que le nôtre. En dépit de toutes les difficultés, à tous les appels, quels que fussent le jour et l'heure, les membres du Comité Jacques Cartier sont accourus nombreux ; la longueur et la multiplicité des séances ne les ont pas rebutés. C'est à juste titre que, sur le socle de la statue, se lisent les mots de reconnaissance au Comité Malouin.
M. Georges Saint-Mieux, président de la Commission des Fêtes, s'est prodigué pour faire face à des organisations multiplos qu'il a su mener à bien.
Nous confions à ce Mémorial les noms des membres du