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MÉMORIAL DES PÉTES FRANCO -CANADIENNES

^uvernemeot ; que M. le Sous-Préfet, que nous sommes heureux de TOIT panai dous, aujourd'hui, veuille bien se faire l'interprète de lotre recoD naissance. Que le Conseil municipal de Saint-Malo en igrée aussi l'expression ; elle est sincère et vive pour les appuis de oute sorte qu'il nous a toujours prodigués. D'autres Conseils muuidpaus ont bien voulu s'inscrire parmi nos souscripteurs, qu'ils en loient remerciés.

J'ai dit hier à M. le SËnateur Garreau et à MM. les Députés La ;iiambre et Surcouf toute notre gratitude. Je ne me lasse pas de la 'edire; nous leur devons tant qu'il serait impossible, je ne dis pas [ue nous soyons, mais que nous paraissions ingrats- M. Garreau !St absent aujourd'hui, c'est la première fais que je le constate; à DUS nos appela, il a répondu présent... et c'était pour nous donner a main.

Je voudrais avoir l'ënergie de langage avec laquelle M. le Maire e Saint-Malo a conclu hier et ponctué notre belle cérémonie, A lui •as n'est besoin de dire ; Continuel^ I S'il a fini, en ce qui concerne acques Cartier ; s'il a réussi merveilleusement dans cette œuvre qui st sienne, c'est qu'il a le cœur et la poigne d'un Malouin et qu'il ne iche pas quand il croche. 11 a kalé ferme et la statue est debout.

Le Comité aussi, messieurs, a dû tirer sur le cordage ; tout le Qonde s'y est mis ; vous ne trouverez pas mauvais que je remercie es collaborateurs, — ceuï qui sont présents et l'absent que nous egrettons, — dont plus que personne j'ai pu apprécier l'infatigable évouement et la patience et la persévérance et l'énergie.

On dit que les honnêtes femmes n'ont pas d'histoire ; tout honnête u'elle soit, notre statue a la sienne ; je ne me chargerais pas de 'écrire ; elle serait un peu longue, s'il fallait remonter à nos débuts. L l'heure du succès, au jour de ta fête, le Comité a droit à vos remeriements et c'est pourquoi je dois être près de lui votre porte-parole, lue la Société Archéologique, qui va bientôt dire le dernier mot de es fêtes, me permette de la saluer ici et de la remercier en la peronne de son éminent Président.

M. René Brice, Président du Conseil général d'IUe-et- Vilaine, avait lien voulu accepter la présidence de nos fêtes ; je regrette qu'il ait lu repartir dès hier; je lui aurais redit notre merci; il y a des hoses qu'on aime à répéter.

J'ai remercié notre sculpteur. Lui aussi continuera ; il nous déniera d'autres belles œuvres ; si jeune qu'il soit, il a déjà un passé e gloire ; il a ce qui vaut mieux : l'avenir. Que Chapman, le poète lanadien, trouve ici l'expression de notre éloge, auquel j'associe mon mi Brémont qui fut son admirable interprète.

Comment remercier assez Botralf Les mots n'y suffiraient pas. Le

POUR l'Érection du monument de Jacques cahtieb lOâ'

bronze st le granit de la Hollande sont des témoignages de son action et de son succès ; il peut être fler de cette statue ; dans le cuivre français, il a jeté l'alliage de l'argent canadien.

A DOS chers Canadiens, merci ; aux absents ; surtout à cette bonne Tille de Québec, à son Lieutenant-Gouverneur et à son Maire qui furent éloquents et géaéreui, dont les paroles et dont les actes sont un témoignage de tous les liens qui nous unissent et que nous voulons resserrer, Merci à tous ceux qui nous ont écrit leurs regrets de n'être pas ici et à tous ceux que j'aperçois, entre autres aux représentants de la noble ville de Montréal. Avec eux, il faut continuer et nous continuerons. Ditea-le à votre grand pays, comme vous savez dire les choses, Monsieur le Ministre. Dites le lui bien, avec cette ampleur de voix et cette chaleur d'âme, dont vous avez témoigné si magnifiquement dans votre admirable discours à la statue. M. le Maire vous a décerné ce beau titre : citoyen de Saint-Malo. Le cri de toute une ville vous le donne. Vous êtes de chei; nous, désormais. Mieux, vous êtes cAe^ vous, car vous nous avez conquis. Nous nous rever- . rons ; vous nous reviendrez, comme dit la chanson, si la pille pous plaît, autant que vous avez su lui plaire.

M. le Commissaire Oênéral du Canada a tant de bonne grâce, je m'en suis aperçu ; il a tant d'esprit, vous l'avez constaté hier, qu'il mérite parfaitement d'être appelé le modèle des Canadiens-Français ; il a les dons des deux races. Je ne sais pas s'il est du Midi ou du Nord, au Canada ; je crois bien qu'on doit le revendiquer de tous les orients, puisque, partout où oq a besoin de lui, on le trouve toujours bienveillant et toujours spirituel.

Messieurs les officiers, vous êtes de ceux qui n'aiment pas les phrases. Il faut pourtant que je continue. Il faut que je remercie l'autorité militaire — que M. le général Méert veuille bien être mon interprète — pour tout l'appui que nous avons trouvé dans l'armée au cours de ces fêtes. M. le commandant Reige a droit à nos remerciements ;â la Hollande, nous étions sur son terrain; nous ne l'y avons rencontré que pour faciliter notre tâche. Je ne saurais dire toute ma gratitude envers M. le colonel de Laporte ; il a rendu charmants et faciles les concours que nous demandions à l'armée et qui nous ont été courtoisement et largement accordés.

Amiral, M. le Maire vous souhaitait hier la bienvenue ; mon rôle, aujourd'hui, est moins agréable, puisque ce sont des adieux que je dois exprimer. Adieu, non, mais au revoir, à quelque belle fête encore, où le Gouvernement voudra bien que l'escadre participe. Nous avons été bien indiscrets ; nos invitations, à vous et à vos officiers, se sont multipliées ; elles vous ont trouvés toujours prêts à continuer. Nous devons à Jacques Cartier le grand honneur de la

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prâseace d'une division de l'eaoadre dans les eaui de Saint-Malo ; nous TOUS devoQS, et nous ne l'oublierans paa, amiral, pour une grande part, l'éclat qui a fait cea fêtes inoubliables. Désormais, tous aTCz une unité de plua dans votre division ; elle s'appelle La Grande Hermine; portez-y votre pavillon, amiral; les Malouins voua en supplient.

Messieurs, les oublis sont faciles. Excusez-moi, si j'ai oublié, en paroles, de constater et de remercier quelques-uns des nombreux concours qui noua furent accordés. M. Houitto de la Ghesnais, viceprésident dé notre Comité, va continuer à vous dire toute notre reconnaissance, et sans doute il ne pourra pas la dire toute; le temps ne le lui permettrait pas.

Un mot encore. Ces fêtes de Jacques Cartier seront inoubliables, on l'a dit. Elles ont noué des liens solides de sympathie, affirmé des solidarités dans l'iionneup, des communautés d'origine et de sentiments, attesté que, dans certains pays et dans certaines villes, on est toujours sûr de s'entendre, quand on fait appel à ce qu'il y a de plus noble dans l'âme humaine: le respect des noms illustres, la reconnaissance envers de grandes mémoires, l'amour de la patrie et le culte de la gloire.

Avant do me rasseoir, j'avais tenu à lever mon verre en l'honneur des dames Canadiennes présentes au baaquet, spécialement de M"* Hortense Cartier, qui a participé si gracieusement à nos fêtes, et aussi de M"" Th. Botrel, la « douce « de notre ami.

J'avais aussi donné lecture du télégramme qui venait de m'être remis et auquel, télégraphiquement, j'avais répondu sur l'heure.

DÉPÊCHE DU MAIRE DE QUÉBEC Mons. Louis Tiercelin, Kerazur, Paramé.

Québec, cité de Champlain, envoie à Saint-Malo, cité de Jacques Cartier, aaliit fraternel ; souhaite succès et crie avec vous : Vive la France, commune patrie de nos aïeux. S. N. Parent, Maire de Québec, Canada.

El lecture aussi de la lettre de Sir L. A. Jette, Lieutenant- Gouverneur de Québec, que Botrel m'avait communiquée.

M. A. Houitte de la Chesnais, le dévoué vice-président du Comité, se levait alors et s'exprimait en ces termes.

POUR L'ÉHGCnON DU MONUMENT DE JACQUES CAHTIBR 105 TOAST DE H. A. HOUITTE DE LA OHESNAIS

Je Buis chargé de remercier, au nom du Comité, ceux d'entre vous, Messieurs, qui l'ont si bien secondé dans ces jours de fêtes. Il m'est particulièrement agréable de le faire, car plusieurs d'entre vous étaieut deveoMs nos collègues dans nos dernières séances.

Mais il est difScile d'exprimer ce que nous devons à de pareils collaborateurs. Comment remercier M. Bénard ? Sans s'émouvoir jamais devant les dinicultés, le distingué architecte de la ville a su, en quelques semaines, transformer un fort en une superbe esplanade, en attendant qu'il y fasse surgir un jardin. Grâce à lui, aussi, la place Chateaubriand était hier plus brillante que jamais.

Mais pour animer ces beaux décors, il fallait autre chose encore. La « Marche de l'Inauguration « ne s'arrêtera pas à Saint-Malo, mais elle restera un des beaux souvenirs de nos fêtes. Non content d'être un habile compositeur, M. July a voulu montrer ce qu'il valait comme chef d'orchestre. Il est vrai qu'il dirigeait des musiciens de la valeur de ceux de la Société Philharmonique, du Casino Municipal, sans oublier ses vaillants du 17' qui, tous, méritaient un pareil chef.

Rien n'a manqué à l'éclat de cette journée du 23 janvier, si brillamment terminée par cette splendide soirée de gala que notre Président avait su organiser avec des concours comme ceux de HM, Botrel, Giaonini, Brémont, Mercier ; c'est tout dire ! C'était le auccès a^uré, M. Bernardin doit être fier de cette soirée qui inaugure bien sa direction à Saint-Malo !

Nos sociétés musicales des deux villes ont aussi prodigué leur dévouement.

L'une, celle de Saint-Servan, portait bien l'empreinte de l'habile direction de M. Bossuet.

L'autre, celle de Saint-Malo, née d'hier, mais qui déjà nous fait voir qu'elle suivra les glorieuses traditions d'il y a vingt ans, et nous montre ce que peut de la bonne volonté, du travail, avec des directeurs actifs et énergiques, et un chef comme M. Flamant.

Grâce à M. Maudet, notre société malouine pouvait faire bonne figure hier à côté de ses émules de Rennes, dont le zèle de M. Lebreton nous avait valu le concours.

Le dévoué Président du Comité des fêtes ne nous a pas, en effet, ménagé son utile collaboration.

Mais il est un concours qui ne nous a jamais manqué ; toujours actif, éclairé, dévoué dès le début de notre œuvre, concours qui nous en a valu bien d'autres, c'eat le concours de la Presse. Si ceux qui la

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représeD tcnt ici n'étaieat pas des collègnes, mêlés à tous nos efForts, je serais moins embarrassé pour les remercier. Dans ce comitë, où tous D'avaient qu'une mCme pensée, ils ont marché sans préoccupation étrangère d'aucune sorte, comme des frères d'armes, la main dans la maJD, et leur part de l'hooDeur du succès n'est pas ta moindre, c'est UD devoir de le dire.

Je voudrais remercier chacun, car nous avons trouvé tant de bonnes volontés ; mais je n'ose pas insister, car le sentiment qui vous animait tous, Messieurs, était trop désintéressé, trop au-dessus des simples éloges.

Voue avez bien compris la portée de l'homma^ rendu par tous à l'un des plus illustres enfants de notre cité, à un grand Patriote. Jacques Cartier était de ceux-là qui ne trouvent jamais la Patrie trop grande ; il aurait voulu que le soleil ne se couchât jamais, non plus, sur les terres de France 1 Beau rêve, dira-t-on î mais on les aime ces rêveurs là ; nous les aimons tous.

C'est ce sentiment qui nous a tous guidés ; c'est le sentiment de la Patrie, qui nous relie encore aujourd'hui à nos frères de la Nouvelle- France, et qui suscite tous nos dévouements, tous les sacriSces.

Vous l'avez bien partagé, Messieurs ! Je suis heureux de le dire en levant mon verre en votre honneur.

L'autre Vice-Président. M. Edmond Saint-Mieux, se taisait et s'effaçait. Qu'il me permette de le remercier ici pour l'appui qu'il ne nous a pas ménagé. Le samedi, nous étions allés à la gare au devant de MM. le Ministre des Terres de la Province de Québec, le Commissaire général du Canada à Paris, Ethier, Bauset, et des autres Canadiens que nous voulions saluer à leur arrivée. Nous conduisions nos invités à l'IIotel Franklin et à l'Hôtel de France. Pendant les jours qui ont suivi et jusqu'au moment du départ, M. Edmond Saint-Mieux s'est fait, avec une bonne grâce parfaite, le cicérone do nos amis Canadiens. Nul mieux que lui ne pouvait faire à de tels hôtes les honneurs de sa ville natale.

C'est M. Ethier, à présent, le distingué « aviseur légal » de la Ville de Montréal, qui o toaste » en l'honneur do la noble Ârmorique. Mieux qu'un toast, ce fut un véritable discours.

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DISCOURS DE H. L.-J. BTHIER

Mesdames,

Monsieur Iç Président, Messieurs, Appelé au dernier moment à représenter, à cette fête internationale, la plus grande cité de langue française du Nouveau- Monde, je rae sens vivement Cmu parlesdifïlcultés d'une tâche aussi délicate et par les responsabilités, également remplies d'honneur et de périls, dont la municipalité de Montréal a chargé mes épaules, conjointement avec mon compagnon M. René Bauset, un des greffiers de la Cité.

Je veux vous dire les grandeurs de Montréal, désigné par Jacques Cartier comme l'emplacement de la colonie projetée par François I'^ Je veux vous dire la chaleur de nos sympattiies à l'égard des populations françaises, qui noua accueillent si cordialement, et l'assurance de notre admiration la plus complète pour cette œuvre dont le souvenir ne s'effacera jamais de la mémoire de deux peuples qui n'en font qu'un par le cœur.

Je ne puis lu'empôcher de vous exprimer le regret profond qu'éprouvent nos compatriotes de ne pouvoir participer en personne, comme ils le font d'esprit, à cette touchante et grandiose démonstration.

Montréal groupe, au pied du Mont-Royal, ses 350.000 habitants, gallopkones au nombre de â/3, anglophones au nombre de 1/3.

Jacques Cartier, parti d'Hocheïaga, fut le premier européen qui gravit le sommet du Mont-Royal et il nous donne la description suivante de la future Métropole et du pays qui l'entoure :

< Fûmes conduits par plusieurs hommes et femmes (sauvages) sur la montagne devant dicte, qui est par nous dénommée Mont-Royal, distante dudit lieu d'Hocheïaga d'un quart de lieue. Et nous, étant sur ladite montagne, nous eûmes vue et connaissance de plus de 30 lieues à l'environ d'icellc, dont il y a, vers le nord, une rangée de montagnes, qui sont Est et Ouest gisantes, et autant vers le Sud, entre lesquelles montagnes est la terre la plus belle qu'il soit possible de voir, labourable, unye et plaine ».

Et Cartier resta convaincu, dit un biographe, que ce lieu était plus propice que tout autre à la fondation de cet établissement, et il lit rapport, en ce sens, à son roi : « Toute la terre des deux côtés du fleuve et oultre, dit-il encore, est aussi belle terre et unye quejamais homme regarda >.

Cartier, comme d'autres explorateurs fameux, cherchait à décou-

vrir par le Saint-Laurent le passage de la CtaîDe ; et il était, dit Avezac, a la recherche, par une voie plus courte, de ces iles des épices, objet de tant de conToitises rivales.

Cartier avait donc vu juste, en désignant le pied du Mont-Royal comme le plus propice à l'établissement royal ; et il ne se trompait pas, en cherchant de ce côté la voie de l'Eitrème-Orient, des Indes et du Céleste Empire, par le fleuve Saint-Laurent, qui « va si long » dit^il, s'en rapportant aux sauvages, » que jamais homme n'avait été au bout, qu'il eussent oui, et qu'aucun passage n'y avait que par bateau >.

Montréal est bien Péiablissement en vue que Jacques Cartier désignait, et ce grand fleuve si long conduira par bateau jusqu'au fond des grands lacs, où d'autres Français atteindront les Rocheuses et la Mer Pacifique, et le chemin du Levant est tracé. La voie du Pacifique canadien, avec sa station terminale et la concentrattoH de ses principales énergies à Montréal, nous y mènera et par chemins de fer et par bateaux, qui ne sont pas, vous le conTesserai-je, les pirogues ou les canots d'écorce de bouleau des pauvres éclaireura, qui montraient la ronte au navigateur de Saint-Malo.

Jacques Cartier était un grand navigateur, un de ceux qui ont illustré le plus, et la France, et l'humanité. € Un tel héros, a dit le biographe Manet, suffirait seul pour illustrer toute une nation ». Il naquit la même année que Christophe Colomb, et les meilleurs juges du cœur, de l'intelligence humaine, du génie bienfaisant, le placent â côté du découvreur du Nouveau-Monde, de Vaaco de Gama, de Vespuce, de Cabrai, deCortez et de Magellan.

Il prit possession pour son roi, pour son pays, pour son empire, d'une terre « la plus belle que jamais homme regarda ».

11 appartient à cette lignée d'élite parmi les hommes, qui unissent la hardiesse des conceptions à la sagesse et au sang-froid de l'exécution : il fut navigateur illustre, sans doute, mais aussi fondateur de peuples, et, seuls, les événements qui se passèrent en Europe, sous Charles-Quint et François I", durent faire ajourner les vastes projets de l'illustre malouin dont nous célébrons la mémoire.

Citoyens de Saint-Malo, le nom de votre cité, est l'un des plus répandus parmi les 3.000.000 de Français-Canadiens qui ont appris à chanter votre beau port de mer et votre rocher. Je vous salue au nom de Montréal, la métropole du Canada ; au nom d'un pays de 6.000.000 d'habitants; l'ancienne bourgade d'Hochelaga devenue la première ville de la nation canadienne par son commerce et son industrie, siège d'un archevêché, de deux universités, Me Gill, l'une des plus riches du monde, Laval, le foyer d'un patriotisme ardent et éclairé et VAlma Mater des générations qui auront la garde de

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rhérllage national. Je vous salue au nom de Montréal, premier point convergent de la navigation transatlantique, des grands lacs, de l'Ottawa et du lac Champlain par la rivière Richelieu. Je vous salue au nom.de la cité des deux transcontineotaux, les cbemins de fer du Paciflque et le Grand Tronc, mais je vous salue surtout au nom de la cité de la paix et de la concorde. Concordia sa/us. C'est notre devise, qui, plus que lès efforts du progrès matériel, a pénétre l'âme de nos citoyens.

Tour à tour administré par des maires de langue française et de langue anglaise, Montréal n'a pas menti à sa devise: Concordia

C'est en effet, à la coniiance réciproque qui règne entre tous ses concitoyens de diverses races, que notre flére et ambitieuse cité est redevable de ses progrès et de son rapide développement-

Du sommet du Mont-Royal, Jacques Cartier avait bien reconnu la fertilité des terres environnantes qui font sa prospérité actuelle et sa situation géographique exceptionnelle, à la léte de la navigation maritime, qui assure à Montréal un avenir tien plus considérable encore.

Peuplée, dés le commencement du dernier siècle, d'Anglais et de Français, en nombre à peu près égal, Montréal a donné l'exemple de la paix sociale et de la tolérance. Il y a déjà longtemps que les deux grands peuples, où se sont fondus les passés lointains de la civilisation des Francs, — les Celtes, les Saxons, les Scandinaves, les Norvégiens ou les Normands — pouvaient vivre en France, se développer autour d'idées et d'entreprises communes, et, M. le Président, je le dis avec une légitime fierté, Montréal a pratiqué, depuis plus de 50 ans, cette entente cordiale que la France et l'Angleterre, après leurs gouvernements, viennent de cimenter dans le port de Brest par les fêtes fraternelles des deux plus puissantes Hottes du monde- Le cœur, et aussi le sens commun et la réflexion, nous ont unis dans la pensée et dans l'action, avant que le protocole de la diplomatie n'ait arrêté les termes d'une convention entre les représentants des deux races. Et que les maires de la ville de Montréal se soient nommés Me Oill, Abbott ou Rodier, Fabre, le père de notre éminent commissaire en France, Beaudry ou Laporte, le progrès, la supériorité de Montréal, le triomphe de l'intérêt commun ont toujours été le mobile principal de nos populations.

Le Canadien-Français n'a qu'à se féliciter de la générosité de la couronne britannique, qui lui a sauvegardé son caractère national, sa langue et sa croyance religieuse. Sa loyauté pour sa patrie d'adoption n'a jamais été mise en doute, mais son amour pour la France, le pays de ses aïeux, ne périra jamais.

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Mais je me hâte, et je crains d'avoir abpsédt^à de votre patience: MoDtréal Tient fraterniser avec la vieille Armorïqne, avec la Picardie, avec la N'onnandie. ies anciennes provinces des câtes atlantiques, avec toute la France d'Europe et d'Amérique, qni donne à Jacques Cartier nn monument de reconnaissasce et d'admiration. Acet illustre cnrant de Saiot-Malo, Montréal voudra un jour rendre ud pareil tribut d'hommage, car il a Êlé le premier et le plus i^rand de ses babitants.

Son nom est écrit partout dans notre ville. Nos rues, nos sqiiares, nos manufactures, nos circonscriptions électorales, notre école normale le portent avec orgueil et le burinent dans le cœur de nos petits enfants, plus affectueusement que ne le ferait le plus somptueux des monuments. Nous le vénérons pour la grandeur de son œuvre et le double cachet de patriotisme et de religion dont il i'a marquée est resté comme le secret de notre force nationale. Œuvre à jamais admirable de Cartier, faite d'abnégation, de dévouement au roi, à la France, quelles racines profondes tu as enfoncées dans la € terre la plus belle que l'homme regarda » et, comme cet arbre canadien, sorti d'un grain de sénevé, étendant ses rameaus par dessus les grands lacs, au bout de ce long fleuve dont < l'homme n'a vu le bout ■, par dessus les Rocheuses, presque au Pacifique, au-dessus de nos immenses forêts, de par la vieille Acadic remise peu à peu de ses terribles dispersions, au-dessus des plaines de l'Ouest, bientôt nourricières du genre humain, combien tu évoques, dans notre esprit de Français, de concitoyens de Saint-Malo, de doux et bous souvenirs, de grands et bénis devoirs et emplis notre cœur d'une brûlante envie de partager vos gloires, comme nous partageons les largesses de votre hospitalité, et les vaillances de vos cœurs dans les luttes de votre vie quotidienne.

Vieille Armorique, qui as donné en patrie la Neustrie aux Normands; vous. Normands, Bretons, Picards, Poitevins, citoyens du Perche et de la Saintonge qui nous a donné Champlain, nous nous unissons à vous dans un sentiment commun d'admiration pour les ancêtres, qui ont jeté la première semence dans la terre de la nouvelle France ; elle a germé, cette semence, et rien ne pourra, quoi que l'on dise, quoi que l'on craigne, déraciner le puissant arbre qui abrite tant de bonheur intime, tant de vitalité familiale, tant d'effervescence patriotique maintenue par l'idéal, qui a fait les grands peuples, c'est-à-dire la foi à Dieu, le respect à la Loi.

Il était de bonne terre et de race pure, issu du meilleur sang d'Ar morique et de France, ce Cartier que nous honorons ensemble, et c'était le flls do cette vieille cité bretonne, dont la gloire ne fut par aucune surpassée.

POUn l'ÉBECTION du monument de IACQUES CABTIEB 111

Evoquons ensemble les héroismes divers et les grands gestes des villes sœura, de Rouen, de Honflour et de Dieppe, de Gacn, de RenDOS et de Saint-Malo ; de Québec et de Montréal, d'Ottawa et de Win- Dipeg, qui doivent leur existence à la prévision, aux labeurs et aux conceptions de l'esprit franco-celtique et saxon.

Jacques Cartier, en son vivant, ■ capitaine et grand pilote de mer, anobli plus tard par François !«', sous le nom de seigneur de Limoilou », était de ces Malouins, dont Henri IV a dit, en s'adressantàla reine Elisabeth, qu'ils • étaient les entremetteurs de la plus légitime, franche et loyale navigation, qui peut être désirée ». Précurseur d'un Mahé de la Bourdonnais, originaire aussi de Saint- Malo, qui fonda les lies de France et de Bourbon, ce sont de ses concitoyens encore qui donnent naissance à Sumatra, Calicut et Pondichôry. Ce furent aussi des Malouins qui promenaient glorieusement le nom de votre ville et de notre vieille mère-patrie par toutes les mers, par tontes les terres, les Duguay-Trouin, les Surcouf, pendant que, dans les luttes pacifiques, mais non moins glorieuses des arts de la paix, les Thévenard, les Moreau de Maupertuis, les Chateaubriand et les Lamennais jetaient, sur votre vieille Cité, un lustre qui brille dans le monde d'un incomparable éclat.

Associez-nous à votre gloire. Messieurs, comme nous nous associons à la France dans l'admiration de son art, de son esprit généreux, dans le sentiment commun de ses espoirs et de ses préoccupations.

Je lève mon verre à la vieille Arraorique, la plus vivace individualité provinciale de la France, à l'ancienne Neustrie, donnée à Rollon, à ses Normands répandus de par le monde qu'ils francisent, à Saint-Malo, l'héroïque Cité, dont les guerriers suivaient l'oriflamme de Saint-Louis aux croisades, dont les marins découvrirent Terre- Neuve avec les Dieppois et les Biscayens, qui prenaient part â l'expédition de Naples, se battaient en Afrique sous les généraux de Cbarles-Quint, et à Tunis, avec quelques navires, ruinaient trentequatre vaisseaux aux renégats de cette piraterie ; à Saint-Malo, la patrie de Jacques Cartier, de la Bourdonnais, de Duguay-Trouin, de Chateaubriand ; à Jacques Cartier lui-même, le découvreur du Canada et qui fut aussi le voyant des hautes destinées de la Cité de Montréal.

Ces nobles paroles sont énergiquement applaudies. Elles devaient trouver un écho dans une des villes les plus vivaces tt de la plus vivace individualité provinciale ».

M. Bauset lit ensuite, en faisant précéder cette lecture de

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