TOAST DE L'HONORABLE H. FABBB
Vous voulez bien me demander d'ajouter quelques mots â ce que je vous disais hier. Je suis heureux de profiter de la nouvelle occasion que vous m'offrez ainsi de remercier, d'accord avec les deux représentants de la ville de Montréal et avec le Maire de Québec, le Maire et les Conseillers municipaux de Saint-Malo, de la part qu'ils ont prise aux honneurs rendus à Jacques Cartier. Lequel d'entre nous n'a pas songé un jour à être Conseiller municipal, — je ne dis pas de Montréal, Québec, ou de Saint-Malo. — On commence par le Conseil municipal, et on s'arrête, en passant, à la Chambre, pour finir au Sénat: c'est un chemin que plusieurs d'entre nous, vous suivrez, un jour ou l'autre ; mais dans notre souvenir, vous resterez toujours le Maire et les Conseillers municipaux qui ont salué avec une si parfaite bonne grâce la préseoce des délégués canadiens à l'inauguration du monument Crigé en l'honneur du grand découvreur du Canada. Tous, nous nous en retournerons avec cette double image au cœur: Saint-Malo, Jacques Cartier. Et Jacques Cartier nous apparaîtra toujours dans cette attitude que le sculpteur, Georges
il6 MÉMORIAL DES FÊTES FRANCO-CANADiENNES
Bareau, a aa lui donner, d'un si admirable mouvement qui semble emporter le hardi marin vers de nouvelles découvertes, vers de nouvelles eonquêtea pacifiques, comme le Canada tout entier.
A l'hommage rendu à Botrel, au nom des Canadiens que, dans leur tournée an Canada, elle a charmé par sa bonne grâce et son art, je voudrai» joindre un compliment à M"° Botrel; un compliment qui est plus qu'un souvenir, une invite à revenir sur les bords du Saint- Laurent.
Ancien .journaliste, il m'est particulièrement agréable de remercier M. Bazin du bien qu'il vient de dire de la presse canadienne. Elle y sera sensible ; en traversant les mers, l'éloge acquiert double prix ; le suffrage d'un confrère prend l'aspect d'un propos délibéré en commun par toute la presse. Nous avons traversé des temps arides, l'époque où, à l'exemple de nos chefs politiques, nous combattions pour une idé(7; nous le faisons encore à l'occasion; mais, d'autre part, nos grands journaux sont entrés dans la période des multiples informations et de la circulation nombreuse.
Un dernier mot, et plus grave. Sous les badinages légers auxquels vous avez fait bon accueil, comme sous les paroles éloquentes que vous avez applaudies, demeure, soyez-en persuadés. Messieurs, et sans qu'on puisse songera revenir sur les choses accomplies, le regret de vous avoir perdus, le regret que vous nous ayez perdus I,..
Comme en Bretagne, nous avions choqué nos verres pour a trinquer à la bonne franquette ». Comme en Bretagne aussijle déjeuner a fini par des chansons. M, Xavier Mercier, M. et M"* Th. Botrel, M. Ludger Gravai nous charmèrent tour à tour.
C'est entre deux chansons, bretonne et canadienne, que M. Pointel, l'incomparable trésorier de notre Comité, se souvenant qu'il était aussi adjoint au Maire, se leva pour proposer que le Conseil Municipal se réunit, séance tenante, « pour envoyer l'expression de ses sentiments fraternels à la ville de Montréal ».
11 était trois heures. Pendant que les voitures s'approchaient du péristyle, les membres du Conseil Municipal se réunissaient dans la salle des séances et une délibération était aussitôt inscrite au registre, réalisant le vœu sympa-
POUR l'ÉBECTION du MONUMEPJT de JACQUES CARTIER U7
thique émis par M. Poinlel. Tous les convives présents la signaient avec empressement, à côté des membres do Conseil.
Puis, ce fut le départ pour Paramé.
Dans la première voiture, prenaient place l'amiral Leygue, le Ministre du Canada, l'Honorable Hector Fabre et M. le député La Chambre, qui allait nous conduire à ce pèlerinage au manoir de Jacques Cartier.
Dans la seconde, montaient aussitôt M. le général Méert, M. le Sous-Préfet, M. le Maire et le Président du Comité.
Landaus, omnibus, breaks se remplissaient et se formaient en cortège. Et la ravissante promenade commença.