‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 2 sur 28 · PLAISE A VOTRE EXCELLENCE · texte numérisé non relu

PLAISE A VOTRE EXCELLENCE

J'ai l’honneur de vous apprendre que la dernière malle américaine de Pembina m’a apporté uue lettre, accompagnée de certaine résoslutions passées à des assemblées tenues à l'Etablissement de la Rivière Rouge, ainsi que d’un mémorial adressé aux gouvernements Anglais et Canadien, au sujet de l'ouverture d’uu chemin qui permettrait aux habitants de cette contrée de circuler librement sans se voir placés sous la dépendance d’un gouvernement étranger.

J'ai aussi l’honneur de vous informer que j'ai été chargé de présenter ce mémorial, et de jeter autant de lumière que possible sur les questions qui y sont troitées.

Avant donc de vous faire parvenir ce mémorial, j'ai cru de mon devoir de l'accompaguer de quelques observations, de nature à faire comprendre jusqu’à quel degré le territoire placé au centre de l'Amérique Britannique du Nord est adapté à la colonisation, l’importance commerciale et politique d'établir une ligne de communication aussitôt que pssible, ét la manière dont ce projet devrait être exécuté au point de vue de la prospérité de cette contrée, tout en consultant les vœux et les intérêts des habitants de la Rivière Rouge.

Ici vous me permettrez d'observer que le peuple de la Rivière Rouge, Lien qu’impuissant à porter le fardeau entier de la dépense qu'entraînerait l'établissement d’une pareille ligne de communication, offre néanmoins dans le mémorial d'en assumer une grande partie.

J'espère que Son Excellence voudra bien recevoir le mémorial en question, ainsi que les observations qui l’accompagnent, et, au num du peuple de lu Rivière Rouge, je prie Votre Excellence de donner au sujet une prompte et favorable considération.

J'ai l’honneur d’être, De Votre Excellence, Le très-humble et obéissant serviteur, SANDFORD FLEMING.

Québeo, ce 28 ne 1868.

Les habitants de la contrée de la Rivière Rouge désirent exposer succinctement leurs, idées et leurs vœux sur la question de l'ouverture d’un ‘chemin du Canada à la Colombio Anglaise, traversant la région de la Rivière Rouge et de la Saskatchewan, et de l’établissement d’une ligne télégraphique longeant cette route.

Le peuple de la Rivière Rouge désire depuis bien longtemps voir la route du Lac Supérieur ouverte au commerce et à l'émigration, et il est heureux d'apprendre que l'on se propose de faire un chemin ct d'établir une ligne de télégraphe passant par l’intérieur et allant aboutir à la Colombie Anglaise ; ces travaux construits exclusivement sur le sol anglais favoris :uicnt immensément cette contrée, tout en profitant au Canada et à l'Empire. Quant au territoiresitué entre cet Etablissement ct le Lac Supérieur, il est respectueusement exposé que les difficultés à rencontrer dans l'établissement d’une ligne de communication facile, sont tout-à-fait exagérées.

Il est vrai de dire que cette route, pour des raisons qu’il est inutile de mentionner ici, a été négligée depuis plusieurs années ; mais si l’on songe que c'était la route par laquelle la compagnie des Pelletories du Nord-Ouest à importé et exporté des cargaisous

encombrantes pendant près d'un quart de siècle, et que la compagnie de la Baie d'Hudso2 | a fréquentée pendant près de trois quarts de siècle, l’on devra avouer qu'après tout les

dificultés naturelles ne: doivent pas être si grandes qu’on le dit. Nous, les habitants de cette contrée, sommes si désireux d’avoir un débouché dans

cette direction que nous sommes prêts d'entreprendre à nos propres frais, l'ouverture d’un

chemin partant de cet Etablissement et allant jusqu’au Lac des Bois, distance de 90 ou

190 milles, si l'Angleterre ou le Canada consent à exécuter les travaux depuis le Lac des

Bois jusqu’au Lac Supérieur.

D'après la connaissance intime que nous avons de la contrée qui s'étend entre cette localité et les Montagnes Rocheuses, nous sommes d'avis que le projet d'établir un chemin dans cette direction est tout-à-fait praticable et à des frais peu considérables. En tous temps, pendant l'été, des charrettes chargées vont de cette place à Carlton, Fort Pitt et Edmonton, sur le haut de la Saskatchewan ; l’été dernier, une colonie de Canadiens, au nombre d'environ deux cents, en route pour la Colombie Anglaise, passait par ce chemin, et se rendit en voiture jusqu’au piéd même des Montagnes Rocheuses, ce qui démontre bien que tout le long de la route, même à l’heure qu’il est, il n’y’a pas d'obstacles insurmontables au passage des charrettes et wagons. Et si dans san état actuel le chemin cest carrossable,

il devient done évident qu’il ne faudrait comparativement qu’une faible somme d'argent

pour le mettre en bon état.

Toute la contrée que doit traverser ce chemin projeté, du Lac Supérieur aux Montagnes Rocheuses, est pour ainsi dire parfaitement unie. La surface de cette vaste région, généralement parlant, ressemble à celle de l'océan en temps de calme, et outre qu’elle est remarquablement unie, elle se trouve, presque partout, dégarnie de ces épaises forêts qui,

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