‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 4 sur 28 · HET ES PR · texte numérisé non relu

HET ES PR

ë po à % + no]

ee 7

en Canada et ailleurs, rendent si longue et si coûteuse la confection des chemins. Nous pensons que l’on pourrait construire ici un chemin de fer à bien meilleur marché que dans la plupart des autres pays.

Après avoir en quelques mots démontré la possibilité de construire le chemin, aidés en cela par la connaissance ct l'expérience locales qui vieunent ajouter une rouvelle force à notre opinion, et tout en admettant l'intérêt et la vive satisfaction que nous éprouvons à la pensée de travaux qui doivent nous être d’un si grand avantage, politiquement, socialement et commercialement, nous nous permettrons d’eu faire voir l'importance pour l’Angleterre et le Canada.

Le Canada retirerait de grands bénéfices du commerce de transport par voie de terre qui surgirait immédiatement de l'établissement de cette route, et le trafic toujours croissant de cette région et de la Colombie Anglaise, ne manquerait pas de devenir par la suite une source inépuisable de profits.

En outre, l’on peut raisonnablement présumer que les habitants actuels et futurs de V’Amérique Britannique centrale, achalanderent d’ure manière permaneute ct libérale les marchés de l’Angletcrre et du Canada. Que l’on n’oublie pas non plus qu’il se fait un vaste éommerce de pelleteries dans cette contrée, et que l’on a constaté la présence de l'or dan“ plusieurs places. A part l'or, il existe du fer, du plomb, du charbon, de la pétrole et d’autres minéraux encore qui, joints au grand commerce de pelletcries, constitueront une source immense de richesse, non seulement pour ce pays, mais même pour le Canada ; et bien que la colonisation et l'établissement de la vaste étendue le terre arable pourraient empiéter sur les limites territoriales assignées au commerce des pelleteries, néanmoins les millions d’acres gisant au nord de ces plaines fertiles, garantiront à cette industrie, en toute probabilité, de riches étendues pour des siècles à venir.

C’est la route la plus nature!'e qu'est destiné à prendre le commerce qui se fera avec les régions de l'Est, en même temps qu’elle est la plus courte. Le résultat du commerce et du trafic le long de cette route, serait de peupler l'Amérique Britannique centrale, d'hommes industricux et loyaux; et de l'Ile de Vancouver à la Nouvelle-Ecosse, la Grande-Bretagne se verrait maîtresse d'une succession non interrompue de colonies, formant une grande confédération de provinces fidèles ct prospères, bordant toute la frontière des Etats-Unis, et commandant à la fois l’Atlantique et le Pacifique. A ce point de vue, nous sommes tenus d’avouer que l’idée américaine fait rapidement des progrès ici, et que si l’on ne s’empresse de la contrecarrer, l'on ue tardera pas à voir surgir des complications bien graves. Ainsi donc, tant sous le rapport politique que sous le rapport commercial, l'établissement de cette contrée, ct la confection d’une route nationale, offrent de grands avantages au gouvernement impérial, et contribueront beaucoup à accroître la stabilité et le glorieux prestige de l’Empire Britannique.

Le peuple de la Rivière Rouge soumet respectueusement ces faits à la considération des gouvernements Anglais ct Canadien, et il espère ardemment que la présente année verra les premières opérations de l’établissement d’une ligne télégraphique, et de la confection d'un chemin du Lac Supérieur à cette contrée, sinon sur tout le territoire du Canada à la Colombie Anglaise.

Page 1