‹ Ménagerie intimeChapitre 61 sur 79 · Quand, seulement, quittait-il son poste · texte numérisé non relu

Quand, seulement, quittait-il son poste

transparent. Sa nourriture consistait en gouttes de lait qu’il venait lécher au bout du doigt de sa maîtresse. Il se laissa mourir de faim et de chagrin, pendant une absence de la jeune fille, qui n’avait osé l’emporter en voyage, vu la rigueur de la saison.

Le moineau Babylas ne fit que passer. Un coup de griffe sous l’aile termina son destin, et il eut pour cercueil une boîte à domino.

Reste à décrire Margot la pie, commère spirituelle et bavarde, digne de manger du fromage blanc dans une cage d’osier, à la fenêtre d’un concierge. Nous eûmes beau lui donner des répétiteurs pour les langues mortes, on ne put jamais lui faire prononcer correctement le bonjour latin des pies pompéiennes. Elle ne disait pas Ave, mais elle disait autre chose. C’était un oiseau facétieux et bouffon qui jouait à cache-cache avec les enfants, dansait la pyrrhique, attaquait résolûment les chats, et courait après eux pour leur pincer la queue par derrière, malice dont elle semblait rire aux éclats. Elle était voleuse comme la Gazza ladra elle-même, et capable de faire pendre dix servantes de Palaiseau sur de faux soupçons. En un clin d’œil elle dévalisait une table de fourchettes, de cuillers, de couteaux. Elle prenait l’argent, les ciseaux, les dés, tout ce qui brillait, et, partant d’un vol

Page 1