‹ Ménagerie intimeChapitre 7 sur 79 · L’enfant comment trouvait-il le nom Childebrand · texte numérisé non relu

L’enfant comment trouvait-il le nom Childebrand

et gothique, et fort préférable à un nom grec, Agamemnon, Achille, Idoménée, Ulysse, ou tout autre. Telles étaient les mœurs du temps, parmi la jeunesse du moins, car jamais, pour nous servir de l’expression employée dans la notice des fresques extérieures de Kaulbach à la pinacothèque de Munich, jamais l’hydre du perruquinisme ne dressa têtes plus hérissées; et les classiques, sans doute, appelaient leurs chats Hector, xAjax, ou Patrocle. Childebrand était un magnifique chat de gouttière à poil ras, fauve et rayé de noir, comme le pantalon de Saltabadil dans Le Roi s’amuse. Il avait, avec ses grands yeux verts coupés en amande ^ et ses bandes régulières de velours, un faux air de tigre qui nous plaisait ; — les chats sont les tigres des pauvres diables, — avons-nous écrit ^ quelque part. Childebrand eut cet honneur de tenir une place dans nos vers, toujours pour taquiner Boileau :

Puis je te décrirai ce tableau de Rembrandt Qui me fait tant plaisir ; et mon chat Childebrand,

Sur mes genoux posé selon son habitude.

Levant sur moi la tête avec inquiétude,

Suivra les mouvements de mon doigt qui dans l’air Esquisse mon récit pour le rendre plus clair.

Childebrand vient là fournir une bonne rime à Rembrandt,^ car cette pièce est une espèce de profession de

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