ACTE DEUXIÈME
voleuse, et que tu y fais un métier que tes pareilles exercent sur le boulevard, la nuit.
EMMA
Allons ! Tu es aimable. Continue,
LOUISE
Je te dis que tu me prends mon mari.
EMMA
Après.
LOUISE
C'est tout. N'est-ce pas assez ?
EMMA
Quelles preuves as-tu de tout cela ?
LOUISE
Vous avez été à l'Exposition ensemble; avant hier vous êtes sortis ensemble. 11 t'attendait au café. Ce soir, tu vas aller à l'Opéra avec lui ! Est-ce vrai ?
EMMA
C'est vrai.
Tu vois bien.
EMMA
Cela ne prouve rien.
LOUISE
Si ! Si ! Cela prouve que tu es sa maîtresse ; cela prouve tout.
EMMA
Je ne suis pas sa maîtresse.
Si MENAGES d'artistes
LOUISE
Tu mens.
EMMA
Je te répète que cela n'est pas ; mais comme j'ai assez de tes injures ; comme tu es décidée à ne rien entendre, je te laisse. Crois ce que tu veux.
Elle se lève pour sortir.
LOUISE
Emma! Emma! Non! Je ne te dirai plus d'injures ! Je te parlerai doucement ! Si ce n'est pas vrai, prouve-le moi. Je ne demande pas mieux que de te croire, mon Dieu ! Songe donc ! S'il partait avec toi, c'est une veuve et une orpheline que tu aurais faites. .. pour un simple caprice !
EMMA
Ma pauvre Louise ! Je te jure que tu n'as pas à •ci*aindre cela de moi. Ton mari m'a fait la cour, j'ai été coquette ; mais il n'y a rien de plus, je te le jure. Et de cela, je te demande pardon.
LOUISE, lui prenant les mains, les yeux dans les yeux
C'est bien vrai ?
EMMA, avec gravité.
C'est bien vrai.
LOUISE
Ecoute, si tu mens, tu riras de moi ; mais tu seras plus méprisable que je n'aurai été sotte. Je te crois,
EMMA
Tu as raison.
LOUISE
Maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ?