JACQUES, LOUISE
JACQUES, après un long silence ."
Je suis un misérable, et tu es la plus sainte, la plus aimante et la plus digne des femmes. Je t'ai lait bien souffrir. J'étais fou. Veux-tu me pardonner ?
LOUISE, îivec un cri et se jetant dans ses bras.
Ah ! Dieu m'exauce ! Tu m'es rendu ! Jacques ! Je te retrouve enfin ! Oui, tu m'as fait souffrir, oui, je me suis souvent cacliée pour pleurer, me demandant quelle faute j'avais commise pour mériter cette tristesse. Et j'étais torturée en voyant chaque jour s'augmenter le malentendu qui nous séparait. Jamais ! Oh! jamais, je ne t'aurais importuné d'une plainte ; tu n'aurais jamais su que je souffrais de ton abandon et que j'allais mourir...
LOUISE
Non, mon cher Jacques, je n'aurais pas voulu devoir à la pitié, le bonheur que tu me donnes en ce moment. Je voulais que ce fût ton cœur lui-même qui s'e réveillât et revînt à moi...
JACQUES
Ainsi, tu ne te souviendras plus de rien... tu ne me feras aucun reproche, tu pardonneras ?
LOUISE
Je me souviendrai de tout, parce que je trouverai dans ce souvenir la preuve qu'il ne faut jamais désespérer d'une âme honnête ; je ne te reprocherai rien, car toutes mes souffrances, eussent-elles été mille fois plus grandes, ne paieraient pas encore la joie que j'éprouve... Quant à te pardonner... Tiens !
Elle l'embrasse.
JACQUES
Ma femme I
LOUISE
C'est pour toujours, maintenant, n'est-ce pas î
ACTK DEUXIÈME 63
JACQUES
Je te le jure...
LOUISE
Merci. Je t'en prie... je ne serais pas assez forte pour supporter cela deux fois... (Éclatant en sanglots.) Oh ! mon pauvre Jacques, que j'ai donc souffert !... Laisse-moi pleurer... c'est tout mon chagrin qui s'en va...
JACQUES
Chasse toutes ces tristeses. Sèche tes larmes. Soyons heureux comme autrefois... Aimons-nous... toujours.
LOUISE
Toujours ?...
JACQUES
Toujours...
LOUISE
Je suis bien heureuse.
Silence. La porte de gauche s'ouvre. Entre Mmo Le^rand