ACTE DEUXIÈME
JEANNE
Vous êtes avare?
VICTOR
Non! je dis une bêtise, ce n'est pas pour cela.
JEANNE
Mais pourquoi?
Ne me le demandez pas.
JEANNE
Ce n'est peut-être pas le moyen de le savoir.
PONT-GAUDIN
M. de Faverolles est ici, madame !
Mouvement de Jeanne.
JEANNE
Ah!
VICTOR
Voilà!
JEANNE
Oui, vous avez raison, il fnut partir.
VICTOR
A la bonne heure f
JEANNE
Et cependant, non !
VICTOR
Pourquoi non?
JEANNE
Est-ce moi qui dois me retirer devant M. de Faverolles? Si M. de Faverolles est un homme de tact, c'est lui qui partira quand ma présence lui sera connue.
PONT-GAUDIN
^En effet! Ce n'est pas à madame à s'en aller; ce n'est pas à la victime à fuir devant le coupable l'
VICTOR, bas, à Pont-Gaudin.
Dites donc comme moi, vous !
PONT-GAUDIX, bas.
C'est juste! je suis votre obligé! (Haut, à Jeanne.)
Gatinard a raison, madame, le plus sage est de partir!
VICTOR
Là! Vous voyez!
JEANNE, à Victor.
Je vous répète que M. de Faverolles est un homme du monde à qui l'on ne saurait reprocher de manquer de savoir-vivre.
VICTOR
Ah! oui, il a su vivre... beaucoup trop même!
JEANNE
Ah! je vous en prie!
VICTOR, à Pont-Gaudin.
Vous voyez! elle ne veut pas qu'on en dise du mal !... (a Jeanne.) .Je VOUS en supplie, Jeanne, allons préparer nos bagages.
JEANNE
Ne vaudrait-il pas mieuxque M. Pont-Gaudin nous rendît le service de prévenir ]\J. de Faverolles de notre présence !
Moi? madame... ImpossiI)le... Tout à fait impossible!
VI CTO II.
Etes-vous décidée, ma chère Jeanne ?
JEANNE
Oui; à rester... Si nous rencontrons M. de Fave- '^ rolles, vous me verrez passer devant lui comme si je
le voyais poar la premiéie roi:5 de ma vie!