SCÈNE VII
PONT-GAUDIN, PAUL
PONT-GAUDIN
Voulez- VOUS mon avis? Supprimez Gatinard.
PAUL
Je ne vous comprends pas.
C'est pourtant bien clair. Votre femme vous aime encore.
PAUL
Tout est fini entre elle et moi. Son second mariage nous sépare pour toujours.
PONT-GAUDIN
Ça peut s'arranger ! Si madame Gatinard devenait veuve par exemple ?
PAUL
Je vous répondrais que je l'estime trop pour faire d'elle ma maîtresse, mais que je ne l'estime plus assez pour faire d'elle ma t^mme. Une honnête femme ne doit avoir qu'un seul amour.
PONT-GAUDlN.
Diable ! Quelle sévérité de la part d'un mari qui a eu tous les torts.
PAUL
Je n'en veux pas à madame de Faverolles de s'être remariée. C'est ma faute, et c'était son droit... ce n'est pas envers moi qu'elle a eu tort, c'est envers elle-même ! Je n'en suis pas moins coupable, mais elle est moins victime.
PONT-GAUDIN
Tout cela, monsieur, montre de la belle et bonne jalousie. Et la jalousie, c'est de l'amour.
PAUL
Ce n'est que la vulgarité de l'amour. ,
Et si madame Gatinard n'était pas madame Gatinard ?
PAUL
Que voulez- vous dire ?
PONT-GAUDIN
Elle a dit oui à l'église et à la mairie, mais voilà tout, (a part.) Attrape I