Je n'ai rien à répondre aux hommes éloquents
465) Notre vie est comme une balance, et le moindre choc la fait pencher.
466) Une parole intempestive peut bouleverser la vie entière.
467) Fuis en toutes choses la légèreté et les mauvais amis.
468) Ta vie serait plus facile si tu n'avais pas une femme à nourrir.
469) La femme est une ordure dorée.
471) Il est plus facile de conseiller que de garder le courage dans le malheur.
472) Si tu es riche et paresseux, tu seras pauvre.
473) Retire-toi loi -même de toute mauvaise habitude. 475) Fréquente les sages et tu deviendras sage toi-même. -476) Accepte les conseils du sage.
477) Souvent le silence est un meilleur parti à prendre que la parole.
478) Un caractère doux est un gage de salut.
479) II n'est pas de meilleur conseiller que le temps.
480) Il faut que l'homme bien né supporte vigoureusement le malheur.
481) Apprendre ce qu'on ignore, fait aussi partie de la sagesse.
483) L'homme sage donne de sages conseils.
484) Mieux vaut se taire que parler contre les convenances.
485) Maintiens-toi et montre-toi libre par tes mœurs.
486) 11 n'est aucun sage dont la prévoyance pénètre tout.
487) Ce fut chez un sage que l'éloquence naquit d'abord.
488) Pense toujours à partager ton bonheur avec tes amis.
489) Toutes les choses humaines ont mille vicissitudes.
491) Honore la vieillesse, car elle ne vient pas seule. (Elle est accompagnée de sagesse, d'expérience??)
492) Nul ne saurait échapper aux lois de la nature.
493) La femme est le plus charmant fléau des hommes.
494) Toute chose est sujette et esclave du travail soigneux.
495) C'est la Fortune qui mène l'habileté à son but, et non l'habileté qui mène à son but la Fortune.
496) Pour de petits gains on subit souvent de grandes pertes.
497) Le succès donne souvent réputation de sagesse.
498) Toute reconnaissance est morte parmi les hommes.
500) Nos richesses nous trouvent des amis.
501) Chacun aime à voir l'homme bienfaisant.
502) Le malheureux n'a jamais d'amis parmi les heureux.
503) Ne considère le gain comme un gain que s'il est légitime.
504) Il n'est pas honteux de mourir, mais de mourir honteusement.
505) La tempérance est le grenier le plus riche qu'on puisse avoir.
50G; Accuser et louer le même homme est d'un méchant.
507) Tout le monde est ami de l'homme heureux.
508) Ne perds pas ta peine aux besognes qui ne rendent rien.
509) Vivre sans chagrin, c'est le bonheur.
510) Tout le monde est parent de l'homme heureux.
511) L'homme ne peut découvrir le vrai.
512) Le pauvre n'a que des paroles creuses et sans poids.
513) Tous les mortels aiment à être honorés.
514) C'est l'argent placé à intérêt, qui fait d'un esclave un homme libre.
515) L'orgueil est le plus grand fléau des hommes.
516) Ne prêche pas ton propre éloge.
517) L'insolence est le plus grand fléau des hommes.
518) Le sage ne se laisse pas prendre aux voluptés.
519) La santé et la sagesse sont les deux grands biens de cette vie.
520) Le sommeil est le salut de nos corps.
521) Parle et instruis-toi de ce que la piété conseille.
522) Le sommeil est la santé de tout malade.
523) Vivre en dormeur est un grand mal.
524) La nécessité pousse à beaucoup de mauvaises actions.
525) Un père sage est le plus grand bonheur d'un fils.
526) Si tu as des amis, sache que tu as des trésors.
527) Aime le travail, et tu te feras une belle vie.
528) Personne n'aime autrui plus que soi-même.
529) Que la colère ne te fasse pas abandonner ton ami dans le malheur.
530) Un ami qui me fait tort ne diffère point d'un ennemi.
531) 11 n'est pas facile de corriger une nature vicieuse.
532) Fuis le plaisir qui doit enfanter la douleur.
533) Dans un mauvais pas, n'aie point peur de l'ami fidèle.
534) Il faut toujours éviter le maître en colère.
APPENDICE. i:,l
535) Étudie les mœurs de tes amis, mais ne les imite pas en tout. (Le texte portait :
et la pensée de ce vers nous a semblé si obscure, ou si contradictoire, que nous ne pouvons le croire exactement rapporté. Nous avons traduit d'après une conjecture :
jx9) \ii\lo\) S'ôXto?.)
530) Celui qui est riche d'un grand courage a là un fond qui ne se dépense jamais.
537) L'absence est le creuset où l'amitié s'éprouve.
538) L'or ouvre tout, jusqu'aux portes des enfers.
539) La terre donne et reprend toutes choses.
5i0) Une méchante femme est pour son mari une tempête à domicile.
541) Pour l'homme sans femme, il n'est pas de malheur.
542) Les discours du méchant ne font point de blessure à l'homme vertueux.
543) Le doigt lave le doigt, la main lave la main.
544) Il ne faut jamais se réjouir des choses honteuses.
545) Le temps efface tout et apporte l'oubli.
546) C'est d'un homme vertueux qu'il faut apprendre la sagesse.
547) Jamais un mensonge ne resie longtemps ignoré-
548) Habitue ton âme aux actions vertueuses.
549) L'intelligence est le meilleur frein de l'âme.
550) La parole est le remède qui convient aux âmes malades,
551) Prends de ton âme tout le soin que tu peux.
552) Il n'est rien de plus précieux que l'âme.
553) Une calomnie toute mensongère peut empoisonner toute une vie.
554) Tout homme vertueux et sage déteste le mensonge.
555) Que la beauté est charmante, lorsqu'elle s'allie à la sagesse.
556) Que la bonté du maître est douce à l'esclave!
557) Combien il est vrai que l'instruction n'est rien, si elle n'est soutenue par l'intelligence!
558) Tous les hommes sont amis de ceux qui possèdent.
559) Comme toutes choses sont hors de prix maintenant ! — Excepté les mauvaises mœurs.
560) Combien la nature féminine est indigne de confiance!
561) Combien l'intempérance est honteuse!
562) Qu'un homme vraiment homme est aimable !
563) Combien il est doux de vivre, tant que la Fortune ne nous liait pas !
564) Combien il est honteux de vivre splendidement avec de mauvaises mœurs!
565) Apprends et professe ardemment le bien.
566) Écoute tous les conseils, et choisis selon ton intérêt.
567) Songe avant tout à être pieux envers la Divinité.
568) Une mauvaise résolution n'a jamais une bonne fin.
569) Toutes les grandeurs d'ici-bas ne sont que dérision aux yeux des sages.
570) Sois juste envers les étrangers comme envers tes amis.
571) Si tu réussis mal, n'accuse que toi-même.
572) Les habitudes vicieuses entraînent l'homme bien loin de Dieu.
573) Le temps met à l'épreuve tous les caractères.
574) Veillez sur vos cœurs; car le cœur est étranger à la sagesse.
575) Tomber au milieu du feu ou entre les mains des femmes, c'est tout un.
576) Punis par jugement et non par colère.
577) Un ami vertueux est le médecin de nos peines.
578) Ne te fais pas l'esclave de la volupté,
579) L'intelligence est la reine de tous les hommes de bien.
580) Le sage doit toujours obéir aux lois.
581) Notre vie est sujette à des bouleversements mystérieux.
582) Celui qui a commis une mauvaise action n'échappe jamais aux regards de Dieu.
583) Point de zèle indiscret à pénétrer les malheurs d'autrui.
584) Le « connais-loi toi-même » est utile à tout le monde.
586) Les gains malhonnêtes produisent toujours des malheurs.
587) Le sournois est comme un filet caché.
588) Les flots de la mer sont l'image des âmes colères.
589) Tenir les regards tournés toujours vers Dieu, c'est là, pour l'intelligence, la lumière même.
591) La joie sied à ceux qui sont libres de passions.
592) Le temps amène à la lumière toutes les choses cachées.
593) L'amour du corps est la mort de l'âme.
594) Un langage austère est le signe et le guide certain de toute vertu ??
596) Le sommeil est une trêve à tous les maux.
597) L'intelligence est notre dieu à tous.
599) 11 n'est pas facile à un mortel de vivre sans chagrin.
600) Une femme ne flatte que pour se faire donner.
601) Cherche à faire du bien h ceux qui t'ont bien traité.
602) La paresse est un mal.
603) Homme, né mortel, ne t'enorgueillis pas. 60-i) Montre ta force, mais n'exagère pas l'audace.
605) N'abandonne pas un vieillard pauvre et suppliant
606) Aie pour force la sagesse et la vertu, non ton âge.
607) Il est beau de vaincre son appétit et ses désirs.
608) La vieillesse est belle, mais trop de vieillesse est chose triste.
609) Il far.t toujours veiller aux changements des circonstances.
610) La parole délivre tout homme de ses peines.
611) Un bon remboursement est un beau remerciement.
612) Si tu as peur de mourir, ne t'enrichis pas.
613) Ne garde pas pour loi seul ce que tu sais, mais partage avec tes amis.
614) Heureux celui qui est riche et noble à la fois!
615) Celui qui veut s'instruire en tout avec mesure, fait bien.
616) Ne sois jamais vaniteux de tes richesses.
617) La terre est la mère et la nourrice commune de tous les êtres.
618) Sois le premier à faire honneur à l'étranger, et lu gagneras un bon ami.
619; La richesse est, chez les hommes, l'arme la plus forte.
620) Le temps est un juge exact de toutes choses.
621) 11 n'est personne qui n'accuse la Fortune.
622) L'entretien du sage est le médecin de l'âme.
623) Partout où il y a des femmes, le mal abonde.
624) La Fortune prête son aide à plus d'un méchant.
625) Le hasard relève souvent un homme ruiné.
626) La calomnie funeste a détruit des cilés entières.
627) J'en sais plus d'un qui est l'ami non de ses amis, mais de leurs tables.
628) La mollesse est presque toujours une cause de défaite.
630) Ne recherche jamais la compagnie des méchants.
631) Ne conseille que le bien, jamais le mal. (532) Sache que le soin vient à bout de tout.
633) Trois fois malheureux l'homme qui se fie à une femme !
634) Une femme vertueuse est un trésor pour le mari sage.
635) Rends service autant qu'il est en ton pouvoir.
637) O Jupiter! l'intelligence est le plus grand des biens! 640) 11 y a je ne sais quelle parenté entre la douleur et la vie.
Cil) Si tu engendres des enfants, ce sera un chagrin que tu le seras donné de ton propre gré.
042) En un mot, la verte jeunesse ne diffère nullement d'une fleur.
643) Le malheureux se sauve par ses espérances.
6i4) N'avoir point d'affaires est une trêve aux chagrins.
6J6) Avec la négligence, une vie honorable n'est pas possible.
647) Les embarras de cette vie nous instruisent d'eux-mêmes.
649) Si tu es prudent, tout le réussira.
650) Les entreprises les plus sûres sont toujours les meilleures.
651) J'ai fait mon éducation en considérant les malheurs d'aulrui.
652) L'instruction est le bâton qu'il faut pour marcher dans la vie
653) Être bien élevé, voilà la récompense que l'on gagne à être vertueux.
655) Je ne vois rien de solide dans la vie.
656) Celui-là vit vraiment qui se réjouit de vivre.
657) Ceux qui ont appris les lettres ont une sorte de double vue.
658) Pour les mortels, la richesse est une puissance-
659) Le silence est le plus amer des reproches.
661) Homme mortel, espère tout, jusqu'à la vieillesse!
662) 'Si tu ne retiens pas ta langue, il t'en adviendra mal.
663) Il y a une certaine grâce à être d'un facile accès.
664) Mieux vaut la pauvreté sur terre que la richesse sur mer.
665) Si personne ne prenait aux autres, il n'y aurait pas un seul méchant.
666) Il est honteux de vivre quand le sort nous refuse la vie.
667) Le repentir est le juge des hommes.
668) La nature, qui nous a tout donné, nous reprend tout.
669) Avoir un père qui, au lieu de colère, a de la prudence, c'est un bien grand bonheur.
670) Tu es mortel, ne ris pas des morts.
671) Si Dieu le voulait, tu pourrais naviguer même sur une natte de jonc.
672) Pratique l'égalité et fuis la domination.
675) C'est un beau spectacle que celui d'une femme qui a de belles mœurs.
676) L'occasion a bien plus de force encore que la loi.
677) Les occasions détruisent les tyrannies.
678) Juge selon la justice et non selon ton intérêt.
679) La Fortune appartient en commun à tous les hommes, mais
ceux-là seuls disposent de la sagesse, qui la possèdent.
G80) Il vaut toujours mieux ne pas boire que s'enivrer et faire
débauche.
681) C'est un bonheur public que le bonheur d'un homme vertueux.
682) Mieux vaut vivre maigrement dans la vertu, que brillamment clans le vice.
681) Que tous ceux qui me veulent du bien soient à jamais gardés do mariage !
685) triomphe par le raisonnement du malheur qui te frappe.
686) Les hommes ont coutume de toujours préférer les étrangers.
687) Une colère méchante entraîne bien des choses honteuses.
690) Une intelligence précoce attire la haine.
691) Le sage même n'est pas propre à tout emploi.
692) Il n'est permis à personne, si ce n'est aux dieux, de vivre sans douleurs.
693) Dans une troupe déjeunes gens, un vieillard est un fâcheux.
694) Partout où se trouvent des femmes, se trouvent tous les maux.
69o) Le regard des Dieux est assez perçant pour tout voir.
696) Hélas ! comme le malheur soudain rend un homme fou !
697) Il n'est aucun homme entièrement heureux.
698) Dieu est partout et voit tout.
699) J'ai vu beaucoup de médecins : ce sont leurs visites qui m'ont tué.
700) Bien des hommes sont malheureux à cause des femmes. 702) Ne prends jamais confiance en tes richesses au point de
croire qu'elles te permettent de commettre des injustices.
704) L'oisiveté mène souvent au mal.
705) Les cheveux blancs sont un signe d'âge, non de sagesse.
706) La précipita lion- entraîne souvent bien des malheurs.
708) Bien des gens sont amis de table sans être vrais amis.
709) Un orateur corrompu est la peste des lois.
710) Celui qui a lancé une parole ne saurait la reprendre.
711) Quand la fortune nous sourit, nous laissons dormir nos a flaires.
712) Un petit hasard suffit pour bouleverser tout dans celte vie. 714) Ne donne à tes amis que des conseils vertueux.
716} L'homme riche trouve dans tout pays une patrie. 717) Une âme juste est le plus précieux de tous les trésors.
720) Supplie sans cesse l'occasion de t'être propice.
721) L'instruction est un honneur pour tous les hommes. 72-2) Les airs affairés sentent toujours le mauvais goût.
723) Faire beaucoup d'affaires, c'est se faire beaucoup de chagrin.
724) Beaucoup d'audace, beaucoup de fautes.
725) Les affaires humaines ne sont que hasard, et non habileté.
726) Souvent le hasard décide de nous mieux que nous-mêmes.
727) Apprends à supporter l'autorité de ceux qui gouvernent.
728) Ne rien faire au hasard est la conduite la plus sûre.
729) L'occasion change bien rapidement la face des choses.
730) Le « connais-toi toi-même » est utile en toute circonstance.
732) Les soupçons sont de terribles souffrances.
733) Tout plie rapidement sous l'esclavage de la nécessité.
734) Une femme belle est chose orgueilleuse.
735) Il faut prendre de la peine pour sa femme et pour son ami.
736) Les enfants sont le lien le plus fort de la tendresse.
738) Les méchants ont coutume de dire les bons très-méchants.
739) Il appartient au sage de supporter doucement ses pertes.
740) Tu es mortel, et tu dois, de toute nécessité, te résigner au sort.
741) L'ami qui travaille pour son ami, travaille pour lui-même.
743) Il n'est pas de propriété plus solide qu'une amitié juste.
744) Fais l'éloge de tes amis plutôt que le tien propre.
745) La vieillesse est un pesant fardeau.
746) Choisis le bon moment pour rendre le service qui t'a été rendu au bon moment.
748) Ne reçois et ne rends que des services justes.
749) Souviens-toi du bien qu'on te fait, oublie le bien que tu fais toi-même.
751) La tempête se change aisément en bonace.
752) Quel grand présent qu'un petit présent qui vient à point !
753) Le temps est souverain juge de toutes les choses de la vie.
754) Combien nos plaisirs nous coûtent de douleurs!
755) Comme les fortunes brillantes s'écroulent rapidement!
756) Que la vie est douce, pour celui qui ne connaît pas la vie!
757) 0 trois fois malheureux le pauvre qui se marie !
Nous trouvons bien encore dans l'édition Didot (p. 103) et dans le Supplément à V Anthologie grecque, du savant M. Piccolos, quel-
ques sentences en un seul vers que nous pourrions ajouter ici. Mais elles sont trop décidément indignes de Ménandre. Peut-être même aurions-nous dû être plus sévères et laisser de côté un certain nombre des fragments et des sentences que nous avons donnés. Il faut avouer qu'il reste encore, dans la dernière édition de M. Meineke, notre guide, bien des vers dont la pensée a si peu de valeur et l'expression si peu de mérite, qu'il était tout à fait inutile de les écrire, et à bien plus forte raison de les traduire. Nous n'avons cependant pas voulu condamner là où M. Meineke avait suspendu la sentence. Quelquefois l'état ^u texte ou notre inexpérience nous ont absolument arrêté ; quand nous n'avons découvert aucun sens raisonnable ou du moins possible, en désespoir de cause, nous avons mieux aimé omettre çà et là une ligne, fût-elle même certainement de Ménandre, que le compromettre en lui prêtant une absurdité. Par bonheur, il est, en général, si simple et si facile que nous en avons été rarement réduit à prendre ce parti ; et nous croyons pouvoir dire qu'il n'y a pas, dans la dernière édition de M. Meineke , dix vers attribués à Ménandre, dont la traduction ne se retrouve ici, soit intercalée dans VEssai même, soit rejelée dans V Appendice. Seulement, quand nous avons vu dans plusieurs endroits du texte, la même pensée répétée exactement avec les mêmes mots, nous nous sommes dispensé d'en répéter la traduction.