‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 106 sur 322 · II SEPTEMBRE. P. GEORGES GAILER · texte numérisé non relu

II SEPTEMBRE. P. GEORGES GAILER

* Le deuxième jour de septembre de l'an 1681, mourut à Warasdin en Hongrie le P. Georges Gailer, né en Carniole. L'auteur de son éloge l'appelle un homme dont le zèle était vraiment digne d'un Xavier ; vir zelo plane Xaveriano flagrantissimus. Il était tout aux âmes ; il ne redoutait pour leur venir en aide ni travaux, ni fatigues, ni dangers ; il en arracha des centaines au schisme et à l'hérésie, et brisa les fers d'une multitude de chrétiens captifs de la barbarie musulmane. Au reste, tout ce qui était dévouement, oubli de soi, charité pour ses frères, n'avait que des charmes pour lui. A soixante-dix ans, il faisait la lecture à table pour ménager un peu de repos aux Scolastiques. Il était en quête de toutes les occasions de s'humilier et de se mortifier.

Aussi Notre-Seigneur le comblait des grâces les plus précieuses et ne lui refusa pas même le don des prodiges. Souvent, par la simple invocation de nos saints, il rendait la santé aux malades, et l'efficacité de sa prière pour faire retrouver les objets perdus rappelait saint Antoine de Padoue. Cette belle vie fut couronnée par un héroïque sacrifice. Le P. Gailer expira en se dévouant au service des pestiférés. Les cloches de toutes les églises de la ville annoncèrent au peuple la mort de l'homme de Dieu, et une foule immense, sans crainte de la contagion, accourut à ses funérailles. Le P. Gailer était Agé de soixante-seize ans ; il en avait passé cinquante dans la Compagnie.

Summar. vitse defunclor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).

m SEPTEMBRE

Le troisième jour de septembre de Tan 16S2, le P. Jérôme Fa- BER, né à Hotzenplotz en Silésie, mourut en odeur de sainteté au collège de Breslau, dont il était Recteur depuis à peine deux mois. Rarement les divers moyens de perfection qui nous ont été <lonnés par notre Bienheureux Père, et entr 'autres l'examen particulier, ont été mis en œuvre avec plus de fidélité et de plus grands fruits. Il suffisait, dit l'historien de la Province de Bohême, d'un simple regard sur sa vie pour voir avec quel sérieux il avait pris à cœur son avancement dans la vertu. La faiblesse de sa santé ne lui permettait pas de suivre sans ménagement son attrait pour la pénitence ; il ne se dispensait au moins d'aucune des pratiques qu'il s'était imposées, comme de prendre la discipline tous les j ours ; la veille de sa sainte mort il voulut encore se flageller de sa main défaillante.

Il n'était pas moins fidèle à toutes les observances de la vie commune et à la sainte pratique de réciter son bréviaire et de faire tous ses exercices de piété à genoux. Dieu favorisa ce bon et fidèle serviteur de plusieurs grâces insignes que son humilité ne parvint pas à cacher. C'est ainsi qu'il apprit miraculeusement, <lit-on, la mort d'un de nos Pères, qui venait d'expirer à une

Page 1