‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 18 sur 322 · XII JUILLET. P. ONUPHRE BORGES · texte numérisé non relu

XII JUILLET. P. ONUPHRE BORGES

deux cents. Nos chrétiens jouissent maintenant de la paix ; mais je ne laisse pas d'être continuellement en éveil ; mes sollicitudes vont croissant de jour en jour ».

C'est à l'admirabe association des catéchistes établie par le P. de Rhodes, que la chrétienté du Tonkin devait ces rapides et merveilleux développements. A l'époque où le P. Borges écrivait à ses frères d'Allemagne, il restait seul avec le P. Tissanier, confinés l'un et l'autre à la cour du roi. Tous les autres missionnaires avaient été obligés de sortir du royaume. Lui-même ne tarda pas à les suivre. Sur les perfides conseils d'un eunuque, ennemi déclaré des Pères et de leur religion, il reçut ordre de quitter la capitale et de s'embarquer sur un navire hollandais qui faisait voile pour Java. L'homme de Dieu dut céder à la force, et partit, le cœur plein d'une immense tristesse, laissant après lui plus de trois cent mille chrétiens que les missionnaires de la Compagnie avaient gagnés à Jésus-Christ dans l'espace de moins de quarante ans. Pendant ce temps-là, le Père Général avait expédié de Rome les lettres qui le nommaient Provincial du Japon. Quand elles arrivèrent, le P. Borges avait remis à Dieu sa sainte âme, à l'âge de quarante-sept ans, dont il avait passé trente dans la Compagnie et dix-huit dans la mission du Tonkin.

Histor. Provinc. Gennan. Super., t. 5, n. 226, p. 95. — De Montézon, Mission de la Cochinchine et du Tonkin, Relation du P. Tissanier, p. 197 et passim.

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