XX OCTOBRE. — P. BALTHASAR WEGELIN
Le vingtième jour d'octobre de l'an 1G35, le P. Balthasar We- GELiN, de Bregenz, mourut saintement à Constance, victime de son dévbuement au service des pestiférés. Procureur du collège pendant trente ans, il consacrait aux pauvres, aux malades, aux prisonniers, tous les moments dont il pouvait disposer ; et quand on venait la nuit demander un prêtre pour assister quelque mourant, c'est lui, de préférence à tout autre, qui réclamait ce ministère. Rarement on vit dans un plus haut degré l'union si difficile de la vie intérieure et du soin des choses temporelles. Bien que le devoir de sa charge l'obligeât de traiter presque toujours d'intérêts humains, il ne laissait pas d'avoir sa conversation au ciel, et répandait autour de lui un tel parfum d'édification et de vertu, que les enfants eux-mêmes en subissaient la vertu pénétrante, et ne croyaient pouvoir faire un plus grand éloge des autres religieux du collège qu'en les appelant des Pères Wegelin. Ce saint homme mourut à l'âge de soixante-cinq ans, dont il avait passé quarantequatre dans la Compagnie.
Alegambe, Heroes et Victim., p. 379. — Tanner, Societ. Jesu apostol. imitât., p. 651. — Kropf, Histor. Provinc. German. Super., t. 5, decad. 10, n. 634, p. 3.51. — Patiugnani, Menol., 20 otlob., p. IGO. — DnKws, Fastî 20» oct., p. 410.
* Le vingtième jour d'octobre de l'an 16o9, mourut à Leoben, emporté par une maladie de poitrine dans la première fleur de sa jeunesse le F. François Bégé, juv'éniste, né en Carniole. C'était le a. g. — ï. II. — 40.
fils très dévoué de la Compagnie ; son attachement à sa vocation était si tendre et si profond, qu'il aurait mieux aimé, disait-il, mourir mille fois que de s'arrêter un seul instant à la pensée de l'abandonner. Quand il fut sur le point de rendre le dernier soupir, voyant les juvénistes réunis autour de lui, il recueillit ce qui lui restait de forces pour leur demander pardon et leur dire combien il était heureux d'avoir été, malgré son indig-nité, reçu parmi les enfants de saint Ignace ; il ajouta qu'il avait toujours eu h cœur l'observation des règles ; il les conjurait de les garder euxmêmes, non par crainte ou intérêt, mais pour l'amour de Dieu; ils verraient par expérience que cette fidélité est une source inépuisable de joie pendant la vie et à la mort. Après un moment de silence : « Eaniiis^ eanius, allons-nous-en, allons-nous-en », dit-il joyeusement, et le prêtre qui l'assistait complétant sa pensée, ajouta : « Ad cœlum, n'est-il pas vrai » ? Le F. Bégé sourit doucement, fit un léger signe de tête affirmatif, et expira. Il n'avait que dix-neuf ans, il en avait passé trois dans la Compagnie.
Summar. vitse defuncior. Provinc. Austr. (Ai-c/iiv. Rom.}.