‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 194 sur 322 · XXV OCTOBRE. F, JEAN GEORGES · texte numérisé non relu

XXV OCTOBRE. F, JEAN GEORGES

SoMMERvoGEL, BibUotli., t. 4, p. 1038. — KiLBER, Anulysis biblica, édit. Paris, 1856. En tète du premier volume est la notice biographique sur le P. Kilber, donnée par la Noi'a Bibliotk. ecclesiast. friburgens., ann. 1783. — RuLAND, Vitœ... professor. qui Wirceburgi.,. docuerunt^ p. 140.

* Le vingt-cinquième jour d'octobre de l'an 1634, mourut à Aixla-Chapelle le F. Jean Georges, Coadjuteur temporel qui, dans les emplois de cuisinier, de portier et de jardinier, avait constamment donné l'exemple des plus solides vertus. Il possédait dans un haut degré l'esprit d'oraison ; la prière semblait son élément ; pour y vaquer plus à loisir, il abrégeait les heures de son sommeil ; les jours de fête, il n'avait pour ainsi dire point d'autre occupation. Le martyre de la charité au service des malades atteints de la peste fut le couronnement de cette belle vie. Frappé après trois semaines d'héroïque dévouement, le F. Georges accueillit avec une très douce joie l'annonce de son prochain départ pour le ciel , et conjura son supérieur de ne demander aucune prière pour sa guérison, tant il avait de désir d'aller voir Dieu. Il mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, dont il avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.

Suinmar. vitie defunclor. Provinc. Rheni Infer. (Arc/iiv. Rom.).

Le vingt-cinquième jour d'octobre de l'an 1840, mourut à Brigue en Valais le F. Victor Mayer, Coadjuteur temporel. Il était né dans le canton de Soleure l'année de la suppression de la

Gonipag-nie. Quand il fut en âge de porter les armes, il s'engagea comme soldai, servit quelque temps en France, et fit ensuite partie de la garde suisse vaticane. Témoin peu après de l'enlèvement sacrilège du Souverain Pontife Pie VI sur les ordres du Directoire, il en conçut une douleur qui ne s'apaisa jamais, et jusqu'à la fin de sa vie lui fit répandre des larmes amères. Nicolas Paccanari venait de fonder à Rome la société des Pères de la Foi ; Victor Mayer, dégoûté des choses de ce monde, sollicita son entrée dans le nouvel Institut. En 180S, il accompagna les Pères qui étaient envoyés dans le Valais ; et lorsque, au mois de juillet 1810, ces religieux, avec l'autorisation du P. Thaddée Brzozowski, furent admis dans la Compagnie, sans quitter la Suisse, il s'empressa de se ranger, à leur exemple, sous l'étendard de saint Ignace.

Le 2 février 1822, il prononça ses vœux de Coadjuteur formé. Depuis lors, il exerça presque sans interruption l'office de manuducteur des novices. II en était bien digne; car, au témoignage de l'annaliste, toutes les vertus de son degré brillaient en lui avec éclat ; il était vraiment lucerna ardens et lucens. On admirait surtout la vivacité de sa foi et la perfection de son obéissance. Aussi quand les supérieurs lui commandaient quelque chose, devaient-ils peser avec soin toutes leurs paroles ; car il s'y conformait à la lettre, non par étroitesse d'esprit, mais par cette sagesse supérieure des saints qui découvre la volonté de Dieu dans tout ordre de ceux qui ont l'autorité. On lui avait dit un jour d'attendre en dehors de la porte du collège un Père qu'il devait accompagner. Le Père tardant à venir, le F. Mayer resta longtemps à son poste sous une pluie battante, jusqu'à ce qu'on lui eût dit de rentrer.

Pendant quarante ans, il fut affligé de pénibles infirmités ; loin

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