IX NOVEMBRE
* Le neuvième jour de novembre de l'an 1670, mourut à Neustadt le P. Charles Kuglmann, premier supérieur de la résidence de cette ville. Il était né à Gratz d'une noble famille ; et à quinze ans, foulant aux pieds les promesses du monde, il était entré au noviciat de Leoben. Il se fit entendre pendant vingt-et-un ans dans l'église Saint-Etienne à Vienne avec un succès toujours égal. Les mêmes applaudissements le suivirent à Neustadt. Souvent, après avoir prêché le matin dans la cathédrale, il faisait encore le catéchisme le soir, et ses instructions familières n'étaient pas moins suivies ni moins fertiles en fruits de salut que ses discours plus solennels. Le Père Général, informé du bien extraordinaire qu'il faisait par sa parole, lui décerna le beau nom de Ungua apostolica. Lorsqu'il mourut, après avoir gouverné pendant quatre ans la nouvelle résidence de Neustadt, le premier magistrat de la ville offrit de le faire enterrer dans la cathédrale ; le P. Kuglmann, ajoutait-il, était digne des honneurs des autels. Les magistrats, le clergé séculier, les différents Ordres religieux, Cisterciens, Franciscains, Ermites de saint Paul, en un mot la cité presque tout entière accourut aux funérailles de celui que tous aimaient comme un père A. G. — T. II. — 47.
et vénéraient comme un saint. Le P. Kuglmann était âgé de cinquante-huit ans ; il en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
Summar. vitae defunct. Provinc. Austr. [Archiv. Rom.).
* Le neuvième jour de novembre de l'an 1763, mourut très saintement, au collège Saint-Clément à Prague, le P. Élie Pichler, après avoir usé ses forces dans les travaux de l'apostolat. Cependant, avant de donner carrière à son zèle, il avait été retenu dix ans dans l'étroite enceinte d'une classe de grammaire, « sine qiierela, sine gertiitu, remarque l'auteur de son éloge, sans faire entendre une plainte ni un gémissement ». Il apprenait ainsi à se vaincre et à soumettre ses meilleurs désirs au frein de l'obéissance. Ce temps d'épreuve écoulé, et son ardeur multipliée par l'attente, il fut associé aux missionnaires, dits de la pénitence ; et pendant trente-deux ans, soit comme supérieur, soit comme simple ouvrier, il parcourut la Bohème, la Moravie, la Silésie, la Lusace, la Haute et la Basse Autriche, la St3'rie, la Carinthie et la Carniole, supportant des fatigues incroyables et recueillant des fruits de salut sans nombre.
Pendant la mauvaise saison, le P. Pichler demeurait à Prague, où son zèle avait à soutenir d'autres travaux. Un crucifix suspendu au cou, il allait sur les places publiques ou pénétrait dans les maisons, enseignant le catéchisme, corrigeant les vices, exhortant tout le monde à mener une vie chrétienne. Il prenait soin des pauvres, des prisonniers, des malheureux de toute sorte. Jour et