XVIII NOVEMBRE
Le dix-huitième jour de novembre de l'an 1624, mourut à Aixla-Chapelle le F. Jean Klûnïzing, Scolastique. Assailli, pendant ses études de philosophie, d'une étrange complication de maux, rebelles à tous les efforts des médecins, il offrit, durant plus de dix-huit mois, le spectacle d'un nouveau Job, que les plus anciens religieux ne contemplaient qu'avec admiration. On peut bien donner le nom de martyre aux souffrances qui l'assiégeaient de toutes parts ; elles étaient telles par leur multitude et leur violence, que souvent il ne pouvait se tenir ni assis, ni debout, ni couché, de quelque manière que ce fût, mais devait rester nuit et jour à genoux, sans soulagement et sans repos.
En ce triste état, le F. Klûntzing demeurait toujours calme et serein, pensant tantôt à la justice de Dieu, qui le châtiait, disaitil, comme un bon père, et dont il baisait la main avec amour ; tantôt à sa miséricorde, qui travaillait à le rendre plus semblable à Jésus crucifié. Quelquefois dans ses longues insomnies, il se traînait, en rampant sur les genoux et les mains, jusqu'auprès du saint tabernacle, pour s'entretenir avec Notre-Seigneur et le remercier du don inestimable de la croix. II disait souvent que si Dieu lui laissait le choix ou de mener indéfiniment cette vie misérable dans la