XXIII NOVEMBRE. P. IGNACE STEAESSL
* Le vingt-troisième jour de novembre de l'an 1738, mourut à Vienne dans la maison professe le P. Ignace Straessl, né à Alt- Oetting-, l'apôtre des prisonniers. II paraissait fait pour ce ministère, dit l'auteur de sa notice. Il était la providence visible de ces malheureux ; il intéressait en leur faveur les plus grands personnages et l'impératrice elle-même, leur distribuait de larges aumônes en argent ou en vêtements, plaidait leur cause auprès des magistrats, et souvent, à force de démarches, leur obtenait un adoucissement de peine ou même la vie. Si quelques-uns, trop coupables pour trouver grâce, étaient condamnés au dernier supplice, il les accompagnait à l'échafaud avec une charité incomparable et les disposait h mourir en vrais pénitents.
Le spectacle de ce dévouement avait gagné toutes les s^'mpathies au P. Straessl. Aussi lorsqu'il fut brusquement emporté par une maladie dont il avait pris le germe, pensait-on, auprès de ses chers prisonniers, la ville toute entière s'émut. On aurait peine à se faire une idée, écrit l'annaliste de la Province, de la douleur avec laquelle cette mort fut accueillie dans Vienne. De mémoire d'homme, assurait un vieillard qui avait longtemps vécu dans cette capitale, aucun membre de la Compagnie, si célèbre qu'il fût par son éloquence ou l'éclat de ses charges, n'avait excité de si vifs et si unanimes regrets. Le P. Straessl n'avait que quarante-trois ans ; il en avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.
Litterœ ann, Provinc, Austr., ann, 1738 (Archiv. Rom.). — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. ^i^. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1618,