XVII JUILLET
Le dix-septième jour de juillet de l'an 1630, mourut à Ingolstadt le P. RuPERT Reindel, né à Passau, modèle accompli de conformité avec Dieu. Il y était parvenu par la méditation continuelle des admirables voies de la Providence ; son oraison jaculatoire de toutes les heures, quel que fût le cours des événements, était celle-ci : « Benedictus Deus ! Dieu soit béni » ! Rien de si imprévu et de si .amer qui pût lui arracher un autre cri et un autre sentiment. Pour le même motif, ce lui était une grande joie d'obéir, d'ouvrir sa conscience et de demander conseil à ses anciens novices, devenus pour lui, en qualité de supérieurs ou de confesseurs, les représentants de Jésus-Christ. Cette simplicité et cette humilité lui méritèrent dès cette vie des grâces extraordinaires, comme de pénétrer le secret des consciences, de voir ce qui se passait au loin et d'annoncer l'avenir.
Durant près de trente ans qu'il fut Maître des novices ou Père spirituel des Nôtres, le P. Reindel n'eut pour ainsi dire d'autre but, dans ses prières, ses pénitences, et surtout au saint Sacrifice de la messe, que d'obtenir de Notre-Seigneur pour ceux qui lui étaient confiés le même abandon à la divine Providence et le même esprit de foi. Sa vue s'était affaiblie de bonne heure, et
dans les dernières années de sa vie il était devenu presque entièrement aveugle : « Pourquoi voulez-vous que je regrette de ne plus voir, disait-il à ceux qui le plaignaient, puisque Notre-Seigneur ne veut plus que je voie » ? Il tirait gloire de cette infirmité qui l'avait soustrait aux grandes charges et laissé dans des emplois moins éclatants. Comme autour de son lit de mort on le priait d'adresser un mot d'édification à la communauté : « Mes Pères et mes Frères bien aimés, répondit-il, bénissons le Père, et le Fils, et le Saint Esprit » ; puis quelqu'un lui ayant demandé s'il était heureux de mourir dans la Compagnie : Omnino, omnino, réponditil, et peu après il expira à l'âge de soixante-dix ans, dont il avait passé quarante-sept en religion.
Summar. vitœ defunctor. Provinc. German. Super., anno 1630 {Archiv. Rom.). — CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, part. 6» , lib. 15, n. 125, p. 380. — Patrignani, Menol., 17 luglio, p. 150. — Histor. Provinc. German. Super., t. 4, p. 341 segq. — Sommervogel, Biblioth., t. 6, p. 1636.
* Le dix-septième jour de juillet de l'an 1661, mourut à Paderborn dans une sainte vieillesse le F. Jean Knôller, Coadjuteur temporel. A la nouvelle de son entrée au noviciat à l'âge de trentedeux ans, son frère était accouru plein de colère pour l'en arracher et le ramener dans sa famille. Mais Dieu donna tant d'efficacité aux paroles de celui qu'il voulait ravir à sa vocation, qu'il fut lui-même changé et sollicita la grâce de partager le même genre de vie.
Le F. Jean Knôller se distingua par sa grande dévotion aux