XXII DECEMBRE
Le vingt-deuxième jour de décembre de l'an 16r34, mourut à Munich le P. Mathieu Rader, tyrolien, dont toute la vie religieuse, dit le P. Alegambe dans sa Bibliothèque, se résume en ces quatre mots : prier, apprendre, écrire et enseigner. Les grands hommes sortis de son école et formés par ses soins à la piété aussi bien qu'à la science, durant un professorat de vingt-deux ans ; les trésors de l'antiquité chrétienne qu'il mit au jour ; ses propres ouvrages sacrés et profanes, parmi lesquels il faut mentionner sa Bavaria saneta et pia et ses travaux sur les Menées ou Ménologe des Grecs et les oeuvres de saint Jean Glimaque, avaient rendu son nom célèbre dans toute l'Europe, et particulièrement cher aux catholiques.
Honoré par les savants et par les princes, le P. Rader n'en était que plus humble et, en toute occasion, il aimait à rappeler l'obscurité de sa naissance. Quand il vit arriver la mort, après une longue vie de travail, il l'accueillit avec la joie et la confiance d'une âme qui n'avait cherché que Dieu; il consolait lui-même ses frères par ces simples et belles paroles : « Optanius et speramus œterna . Les biens éternels sont toute notre, espérance et notre