‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 30 sur 322 · XVIII JUILLET. — P. MARTIN KALDI · texte numérisé non relu

XVIII JUILLET. — P. MARTIN KALDI

bandonner au bon plaisir de Dieu et à la charité de son ange gardien. En effet, au moment où il fut frappé d'apoplexie, un de nos Pères se sentit tout à coup pressé d'aller à son secours et le trouva mourant assis sur un escabeau. En cet état, le pieux et vénéré malade put encore recevoir les derniers sacrements avec toute sa connaissance, et quelques heures après, il expira. Le P. Scheiner était dans la soixante-dix-septième année de son âge et la cinquantième depuis son entrée dans la Compagnie.

Litter. ann. Socîet., anno 1650, p. 143. — Sotuellus, Biblioth., p. 144. — ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 3, n. 137, p. 467 ; t. 5, lih. 5, n. 175, p. 639. — Crugerius, Sacri Pidveres, 18» jul., p. 102. — SoMMERvoGEL, BibUoth.^ t. 7, p. 734.

* Le dix-huitième jour de juillet de l'an 1632, moururent deux insignes missionnaires de la Province d'Autriche, le P. Martin Kaldi dans le comté de Zips en Hongrie, et le P. Etienne Mory, à Klausenburg.

Le P. Martin Kaldi avait longtemps déployé, dans le gouvernement des collèges et la formation des novices, les rares qualités naturelles et surnaturelles dont il était doué. A l'âge de cinquantequatre-ans, loin d'aspirer au repos ou à quelque emploi moins laborieux, il sollicita la faveur de se consacrer à l'évangélisation des populations du comté de Zips, également ravagées par l'ignorance, des désordres de toute nature et l'hérésie. Pendant dix années entières, il arrosa de ses sueurs cette terre ingrate ; il éclaira et raffermit la foi des catholiques, ramena dans les familles l'union

et la pureté des mœurs, réconcilia les ennemis, arracha quatre villages au luthéranisme, et à la grande fureur de leurs anciens collègues dans la prédication du mensonge, convertit un certain nombre de ministres. Le P. Kaldi rendit le dernier soupir loin de ses frères, suprême et douloureux sacrifice qu'il offrit à Dieu pour le salut des âmes. Il avait vécu quarante ans dans la Compagnie. Le P. Etienne Mory ne se dépensa pas moins de seize ans dans les rudes missions de la Transylvanie, presque toujours loin des maisons de sa Province. Mais il avait depuis longtemps contracté de telles habitudes de régularité et de vie commune que, dans ses courses et ses travaux les plus absorbants, il gardait, au témoignage de ses compagnons d'apostolat, toutes nos règles avec autant de fidélité et de ferveur que dans un collège ou un noviciat. Comme il allait expirer, le Père qui l'assistait le pria de lui laisser quelque parole qu'il pût de sa part transmettre à ses frères. Alors le moribond, se souvenant de la recommandation du Sauveur à ses disciples au moment d'entrer dans la voie douloureuse : « Dites-leur, répondit-il, de s'aimer les uns les autres ». Et peu après le P. Etienne remit son âme entre les mains de Dieu. 11 était âgé de soixantedeux ans, et avait passé trente-six ans dans la Compagnie.

P. Martin IUldi. — Cordara, Histor. Soc. Jesu, part. 6^, lib. 17, n. 166, p. 625. — Kazy, Histor. Univers. Tyrnav., p. 237. P. Etienne Mory. — Cordara, l. c.

Le dix-huitième jour de juillet de l'an 17S5, mourut à Munich le P. Antoine Gaun, du diocèse de Trente en Tyrol, religieux d'une

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