XXVI JUILLET
Le vingt-sixième jour de juillet de l'an l()4o, mourut à Prague le P. Gaspard Tausch, né à Lobau, instructeur des Pères de troisième probation à Krummau. Ses trois pieux opuscules, Les sources (lu Sauveur, — la Mère de douleurs — et la sa^-esse de Jésus- Christ, ou le plus haut degré de Vhumilité, nous offrent à la ibis le fruit de ses méditations et de ses exhortations ordinaires et comme l'àme de sa vie. Entre plusieurs traits insignes de son amour du mépris, ses biographes en citent un renouvelé des anciens Pères du désert. Les supérieurs cherchaient avec lui par quels moyens ils pourraient, sans toutefois aigrir les esprits, porter un remède elBcace à certains abus peu compatibles avec le véritable esprit de la Compagnie qui s'étaient glissés dans la Province. Le serviteur de Dieu était alors chancelier de l'université de Prague. Il s'offrit pour être repris très sévèrement en public, comme s'il eût été l'un des coupables. C'était du reste, à son avis, la moindre des humiliations qu'il avait méritées ; à l'exemple de saint François de Borgia, il se considérait tous les jours et du fond de l'àme comme uniquement digne d'être sous les pieds du démon .
Les médecins, témoins des vives et continuelles souffrances du
P. Tausch, l'avaient surnommé le grand patient, tant il se montrait joyeux de ressembler à Jésus en croix. Lui demandait-on des nouvelles de sa santé : « Je ne vais pas mal, répondit-il, puisque mon Dieu me trouve bien ainsi ». Toutes les occasions de se mortifier lui étaient précieuses. 11 évitait avec grand soin de se délivrer des picpires des mouches et des insectes, craignant, disait-il, de l'aire envoler avec eux le mérite de la patience. Il éprouvait pour les médecines une horreur naturelle instinctive, presque insurmontable, jusqu'à sentir son cœur se soulever de dégoût rien qu'à les voir, môme en pleine santé. Cependant, quand il fut malade, il les prenait lentement et comme goutte à goutte, et ne cessait point d'y appliquer ses lèvres qu'il ne les eût entièrement épuisées, ou que l'infirmier, prenant en pitié son martyre, ne lui eût dit : « C'est assez ». Le P. Tausch remit très saintement son âme à Dieu dans la cinquante-et-unième année de son âge et la trente-et-unième depuis son entrée dans la Compagnie.
SciiMiDL. Histor. Provinc. Bohem., L 5, lib. 4, u. 86, p. '^"'- ~ ^°'
ÏUELLLS, Biblioth., p. 283. — SOMMERVOGEL, Biblioth., t. 7, p. 18J4. —
Drews, Fasti Soc, 2&- juL, p. 28G. - Patrignani, MenoL, 26 luglio, p. 206. — Pelzel, Boemische Gelehrte, p. 20.