XXIX JUILLET. P. JACQUES GERAN
et prié Notre-Seigneur de lui accorder sa lumière, ni difficultés, ni fatig-ues, ni même persécutions, menaces, calomnies et mauvais traitements, n'étaient capables de l'arrêter ; il n'hésitait pas à entreprendre, s'il le fallait, de longs et pénibles voyages, toujours à pied, son chapelet à la main. Et si, après avoir épuisé tout ce qui était en son pouvoir, il voyait ses désirs et ses espérances trompés, il n'en éprouvait aucun trouble et ne pensait plus à vouloir une chose que Dieu ne voulait point.
Les dernières années du P. Geran s'écoulèrent dans la charge de Père spirituel au collège de Prague, dont il avait été Recteur deux fois. Il s'y employa tout entier à faire des saints, bien persuadé que l'obéissance ne lui avait jamais confié de plus belle et de plus importante mission. A l'âge de soixante-douze ans, ce saint homme retrouvait encore les forces de la jeunesse, pour les veilles, les prières, les austérités de tout genre ; il servait à la cuisine, au réfectoire, partageait les travaux manuels des novices, et faisait avec eux des instruments de pénitence ou des chapelets. Ce fut au milieu de ses pieuses occupations, que le P. Geran termina sa laborieuse carrière. Il fut frappé d'un coup soudain à l'autel au moment où il venait de prendre le précieux sang et s'endormit quelques heures après dans la paix du Seigneur. Il était Agé de soixante-douze ans.
SciiMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 6, n. 19, p. 1028. — BalniNos, Bohemia Sancta, part. 2^, titul. 55, p. 111.