‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 69 sur 322 · XIII AOUT · texte numérisé non relu

XIII AOUT

* Le treizième jour d'août de l'an 1611, mourut à Trêves le P. Pierre Cremer, Maître des novices depuis dix-sept ans. Sans négliger de former aux vertus solides d'humilité, d'obéissance et de renoncement ceux qui lui étaient confiés, il s'attachait principalement à gagner leurs cœurs par sa bonté, sûr qu'il en obtiendrait ensuite les plus généreux sacrifices. Il était pour eux toute bénignité, toute sollicitude. Quelques-uns autour de lui s'offensaient presque de cette condescendance et la trouvaient excessive ; ils auraient voulu voir en lui, disaient-ils, un peu plus de cette réserve et de cette dignité qui conviennent au commandement. Alors le bon supérieur, s'emparant d'une parole de notre Bienheureux Père sur l'obéissance : « Que d'autres, répondait-il, me surpassent en talents et même en vertus, j'y consens volontiers ; mais pour la charité, la douceur, l'affabilité envers les miens, je ne saurais souffrir qu'aucun soit au-dessus de moi. — J'aimerais mieux, 3isait-il encore, verser mon sang pour le moindre des miens que de lui manquer de charité ».

Quand le P. Cremer fut sur le point de mourir, il fit rassembler tous les religieux de la communauté autour de son lit ; et après avoir déclaré qu'il était au comble de ses vœux, parce qu'il

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