‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 86 sur 322 · XXII AOUT. P. ANTOINE KASCHUTNIG · texte numérisé non relu

XXII AOUT. P. ANTOINE KASCHUTNIG

inopinée vint ruiner dans leur fleur de si belles espérances. Le F. Przichowski, atteint déjà par la maladie contagieuse qui ravao-eait Prague, vit soudainement son mal s'aggraver, et remit à Dieu son àme innocente dans le temps même où il récitait les litanies des saints.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 2, lib. 4, n. 74, p. 441.

* Le vingt-deuxième jour d'août de l'an 1745, mourut à Tyrnau le P. Antoine Kaschutnig, né en Garinthie. Il était âgé de cinquante-neuf ans et en avait passé quarante-deux dans la Compao-nie. La plus grande partie de sa vie religieuse s'écoula dans l'enceinte des collèges. Ses paroles et ses exemples avaient une puissance étonnante pour inspirer à ses élèves l'amour de la sainte Vierge et les détacher du monde. Plus de quarante d'entr'eux s'enrôlèrent dans la seule Compagnie de Jésus, pendant que d'autres allaient plus nombreux encore grossir les rangs des autres familles religieuses.

Le P. Kaschutnig était lui-même un modèle de perfection. Dès l'âge de douze ans, il avait fait vœu de chasteté; et jusqu'à son dernier soupir il garda cette vertu dans toute sa fleur. Il la protégeait par une mortification rigoureuse, des jeûnes fréquents, des flagellations répétées deux fois par jour, et surtout par la prière, à laquelle il consacrait souvent de longues heures pendant la nuit. Son obéissance brillait encore, semble-t-il, d'un éclat plus vif. Sur un mot, un signe des supérieurs, le P. Kaschutnig était prêt à

quitter sans excuse et sans retard son office et le collège qu'il habitait. C'est à cette promptitude, à ce plein abandon de sa volonté, qu'il attribuait, disait-il, de n'avoir pas vu pendant ses quarante-deux années de Compagnie, un seul jour qui ne fût brillant et radieux, confirmant ainsi par son exemple la parole de notre Bienheureux Père à François Coster : « Mon fils, si vous voulez être toujours joyeux, soyez toujours humble et toujours obéissant ».

Litlerœ anii. Pronnc. Austr.^ ann. 1745, p. 180 [Arch. Rom.). — Stô- GEB, Scriptor. Provinc. Austr., p. 170. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 933.

Page 1