‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 97 sur 322 · XXIX AOUT · texte numérisé non relu

XXIX AOUT

* Le vingt-neuvième jour d'août de l'an 162b, à Prag-ue, le F. Christophe Neumer, Goadjuteur temporel, couronna par une mort héroïque au chevet des pestiférés une vie toute de dévouement et d'humilité. Son empressement à rendre service était si connu que les Pères le prenaient pour compagnon, de préférence à tout autre, quand ils allaient visiter les malades et les prisonniers, ou assister les criminels condamnés au dernier supplice. Le décret de proscription lancé contre la Compagnie par les hérétiques de Bohème après la fameuse défenestration de Prague, obligea le F. Neumer de se retirer jusqu'à Rome.

En y arrivant, il eut une occasion de faire éclater son humilité. La septième Congrégation s'était séparée depuis trois ans à peine . Elle avait réglé à l'égard des Frères Coadjuteurs une question d'importance assez minime en elle-même, mais qui n'avait pas laissé d'agiter les esprits dans plusieurs Provinces et d'occuper plus d'une fois les délibérations des Congrégations générales. Elle avait décidé qu'à l'avenir et dans toute la Compagnie, l'usage de la barette serait interdit aux Frères Coadjuteurs, et qu'il serait seulement toléré en faveur de ceux qui en avaient joui jusque-là et dans les Provinces où il avait eu cours. Le F. Neumer fut vivement pressé

de s'autoriser de cette exception. Il s'y refusa constamment avec une modestie et une fermeté qui ne furent pas sans exciter une grande édification ; cela ne convenait pas à son degré, disait-il, et dans sa Province cet usage n'avait jamais existé.

Quand l'humble Frère alla se jeter aux pieds du Père Général, Mutius Vitelleschi, avant de retourner en Bohême, il demanda pour unique grâce à Sa Paternité qu'il lui fût permis de toujours refuser toute exemption à la vie commune et tout ce qui aurait l'apparence d'un privilège. Il ne voulait se signaler que par sa charité et son dévouement, et c'est ainsi qu'il affronta et souffrit joyeusement la mort au service des pestiférés, à l'Age de cinquante-neuf ans, dont il avait passé trente-quatre dans la Compagnie.

Alegambe, Heroes et Victima; charitat., p. 251. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 4, n. 124, p. 637.

Sur l'expulsion de la Compagnie de Bohême, voir Cord.\ra, Histor. Societ. part. 6» , lib. 3, n. 36, secjq., p. 148 seqq. — Sur la question du honnet des Frères Coadjuteurs, Cf. Institut. S. 7., 7^ Congreg., décret. 24, n. 2, et décret. 27. — Juvenc, Histor. Societ. part, a^ , lib. 11, n. 83, p. 26, et lib. 25, n. 66, p. 919.

* Le vingt-neuvième jour d'août de l'an 1726, au village de Weitersweiler dans le diocèse de Mayence, mourut le P. François Dorn, à l'âge de quarante-huit ans, dont il avait passé trente-et-un dans la Compagnie. Dès son noviciat, il avait compris par un songe mystérieux que Dieu le destinait à la vie apostolique. Il sollicita à plusieurs reprises, mais sans les obtenir, les missions des In-

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