MARS
Le premier jour de mars, les Pères Frédéric Speer à Lintz en 1621, et Louis Praun à Vienne en 1688, moururent victimes de leur dévouement au service des troupes impériales sur les champs de bataille de Bavière, d'Autriche et de Hongrie.
Avant de consacrer les dernières années de sa vie à cet apostolat des camps, le P. Speer, de Neisse en Silésie, avait été charge de pourvoir aux besoins spirituels et temporels des écoliers pauvres du collège de Kommotau, et s'était vu deux fois chassé de la ville par la populace héréticpie, qui dans sa fureur contre les Jésuites, était allée jusqu'à briser à coups de hache les portes du collège et à ravager, durant sept heures entières, tout ce qui lui
tomba sous la main. Il était âgé de soixante ans et en avait passé quarante-deux dans la Compagnie.
Le P. Louis Praun s'était fait remarquer, dès son noviciat, par un extrême désir de beaucoup souffrir pour l'amour de Jésus-Christ. Nommé supérieur des chapelains militaires avec les pouvoirs de vicaire général, il déploya dans l'exercice de sa charge autant de courage que de zèle et de sainteté. Non content d'animer les troupes par son exemple, encore plus que par ses paroles, à supporter joyeusement les fatigues de la guerre, il se traitait lui-même avec une extrême rigueur et s'offrait en perpétuel sacrifice de prière et de pénitence pour le salut des blessés et des mourants. Il se signala surtout par son intrépidité sous le feu des Turcs, aux sièges de Bude et de Vienne; et les généraux de l'armée impériale, le célèbre Montecuculli à leur tête, remercièrent les supérieurs de la Compagnie d'avoir donné un pareil apôtre à leurs soldats. Le P. Praun mourut à l'âge de cinquante-quatre ans; il en avait passé trente-quatre dans la Compagnie.
P. Frédéric Speeiî. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohcm., t. 3, Ub. 2, n. 110, p. 256.
P. Louis Praun. — P.vtrignani, MenoL, 1 marzo, p. 4.
Le premier jour de mars de l'an 1786, mourut à Vienne le P. Ignace Parhammer, confesseur de l'empereur d'Allemagne François l", directeur de l'œuvre si éminemment catholique des catéchismes, supérieur des missions de l'Autriche, de la Hongrie, de la Carinthie, et fondateur des orphelinats de Rennweg à Vienne,
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pour les enfants des soldats morts au service de leur patrie. Cette œuvre admirable de zèle et de charité, commencée avec vingt orphelins et qui ne tarda pas à en réunir huit cents, mérita au serviteur de Dieu les félicitations du Souverain Pontife Pie VI, lors de son vo3age à Vienne et celles de Joseph II, qui tenta vainement, à deux reprises, de lui faire accepter l'épiscopat. Tout entier à l'éducation et à l'instruction chrétienne de ses enfants, le P. Parhammer, môme après la suppression de la Compagnie, demeura fidèle à ses habitudes de vie simple et régulière, à l'esprit de zèle et de pauvreté religieuse qu'il avait puisé à l'école de saint Ignace.
Le jour de sa mort, sentant qu'il ne lui restait plus que peu de moments à vivre, il célébra dès quatre heures du matin le saint Sacrifice, se communia lui-même en viatique, et rendit ensuite doucement son âme à Notre-Seigneur, pleuré amèrement par les milliers d'orphelins dont il avait fait des hommes et de fidèles enfants de l'Eglise. 11 était âgé de soixante-et-onze ans.
Caballero, Biblioth. Scriptor. Soc. Jesu, supplément. 1""", p. 219. — Stôger, Scriptores Provinc. Austriacœ, p. 252. — Sommervogel, Biblioth.^ t. 6, p. 215. — Feller, Dictionn. histor., t. 4, p. 706. — Cré- TiNEAU-JoLY, Histoire de la Compagnie de Jésus, t. 5, ch. 5, p. 291, note; ch. G, p. 348. — Bern. Duhr, S. J., Jesuiten-Fabeln, Freiburg im Breisgau, 1892, p. 12 et suù'., 496, 501. — Georg. Rieder, Ignaz Parha^ mers Lebeii und Wirken..., Wien 1872.