IV MARS. P. MAXIMILIEN SCHERHÂKL
mi les hérétiques de Bohême, le P. Schultet se sentit plus abattu que jamais ; il comprit que sa fin était peu éloignée et l'annonça lui-même avec assurance. Et en effet, après avoir langui quelque temps, il s'endormit saintement dans le Seigneur, à l'âge de cinquante ans, dont il avait passé vingt-sept dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provînc. Bohem., t. .5, lib. 4, n. 82, /;. 128.
* Le quatrième jour de mars de l'an 1701, mourut au collège de Tyrnau le P. Maximilien Scherhàkl, du comté de Presbourg, célèbre par sa dévotion à l'apôtre des Indes. C'est à ce grand saint qu'il devait ses premiers attraits pour la Compagnie et son entrée elle-même au noviciat, dont Xavier lui avait ouvert les portes en le guérissant d'une maladie réputée incurable. Toute sa vie Maximilien se montra reconnaissant de cette grâce insigne, en honorant son bienfaiteur par de pieuses pratiques, et en propageant son culte autour de lui. Il aurait voulu se consacrer aussi à l'apostolat; mais à peine lui fut-il accordé de passer une année dans les camps, les supérieurs ayant jugé plus utile à la gloire de Dieu de lui confier le gouvernement de ses frères.
Placé par devoir h la tête des autres, le P. Maximilien mit son ambition à se faire le plus humble de tous, le plus soumis de tous à la règle, et ainsi il obtenait de ses inférieurs, même les moins faciles, tout ce que sa charge et nos règles lui faisaient une obligation de demander. Sa pureté était angélique ; il la défendait par une garde sévère de ses sens, une réserve extrême et
presque scrupuleuse dans ses rapports avec les femmes et une très rigoureuse mortification. Son zèle, bien c[u'il dût en contenir les élans, à cause de ses autres occupations, ne laissait pas de se répandre au dehors. 11 s'occupait surtout des orphelins pauvres, leur procurait des vêtements et du pain, les plaçait en apprentissage auprès de maîtres chrétiens, et, s'ils étaient nés de parents hérétiques, en faisait des enfants de l'Eglise. Nombre d'adultes, engagés dans l'hérésie, lui durent aussi leur conversion. Un jour le P. Sherhakl n'hésita pas à se jeter, au péril de sa vie, entre deux ennemis qui avaient déjà croisé le fer, et il eut le bonheur de les séparer et de les réconcilier. Un autre jour, il arracha des portes de l'enfer un malheureux qui dans un accès de désespoir s'était vendu corps et âme au démon.
Ce fidèle serviteur de Dieu mourut très saintement à làge de cinquante ans dont il avait passé trente-trois dans la Compagnie.
Litterœ nnniiœ Provinc. Austr., anno 1701 (Arc/iiv. Jium.). — Patiugna- Ni, Menolog., 4 marzo, p. o3.