‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 137 sur 327 · XVIII MARS. — P. ETIENNE CSETE · texte numérisé non relu

XVIII MARS. — P. ETIENNE CSETE

* Le dix-huitième jour de mars de l'an 1718, mourut au collège d'Oedenburg en Hongrie le P. Etienne Csete, surnommé le Cicéron hongrois. Avant même la fin de sa troisième année de probation, il fut choisi pour aller avec quelques autres Pères combattre l'hérésie et soutenir la foi catholique en Transylvanie, d'où la Compagnie était exilée depuis près d'un siècle. Cette mission, dit la notice du P. Csete, n'était pas moins fertile alors en fatigues et en dangers de toute sorte que celle du Japon. Le P. Csete y pénétra sous un nom et un costume étrangers, en faisant un long détour par la Pologne ; les routes directes occupées par les hérétiques en armes étaient absolument impraticables. Il établit sa résidence à Karlsburg, où plusieurs missionnaires l'avaient déjà devancé. Il y demeura dix-neuf années entières ; et par la puissance en même temps que l'éclat de sa parole, par son énergie patiente, son audace même qu'inspirait l'amour de l'Eglise, il releva peu à peu le courage et le crédit des catholiques et battit en brèche la domination orgueilleuse et toute-puissante des hérétiques. A force de démarches, il obtint de l'empereur Léopold un édit qui restituait à la Compagnie l'église de Karlsburg, bâtie autrefois par les libéralités du prince Bathori, ordonnait le libre exercice de la religion catholique dans toute la Transylvanie, ouvrait aux catholiques non moins qu'aux dissidents l'accès à toutes les charges, et réglait que le Conseil souverain du pa^'s serait composé par parties égales de membres des deux religions, avec cette clause qu'à la mort d'un hérétique un catholique prendrait sa place.

Cette grande mission si glorieusement terminée, le P. Csete fut envoyé poursuivre sur un autre théâtre le cours de son apostolat.

Il parut dans les chaires des cathédrales de Tyrnau et de Raab au milieu de foules immenses, avides de l'entendre ; puis il remplit pendant dix ans la charge de Vice-Provincial de Hongrie au milieu de circonstances très difficiles, et consacra avec joie ce qui lui restait de forces au gouvernement du pensionnat des nobles à Oedenburg. Quand il eut été relevé de ses fonctions, il se retira au collège de la même ville, et c'est là que le vaillant ouvrier entendit l'appel de Dieu qui l'invitait au repos. Il était dans la soixante-dixième année de son âge et la cinquante-deuxième depuis son entrée dans la Compagnie.

Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 51. — Sommervogel, Biblioth.,

t. 2, p. 1719. Frider. Weiser, S. J., Vitœ Patrum et magistrorum

S. J. qui in Hunoaria et Transylvnnia instituendœ... jwentuti operam navarunt... Coloczœ, 1886, p. 84.

Page 1