‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 209 sur 327 · XXII AVRIL · texte numérisé non relu

XXII AVRIL

Le vingt-deuxième jour d'avril de l'an 1768, mourut dans les montagnes du Pérou, le P. Jean-Joseph Mesner, de la Province de Bohême. Sa fin rappelle d'une manière frappante celle du glorieux patriarche de Gonstantinople, saint Jean Ghrysostôme, expirant entre les mains des soldats qui le traînaient en exil, sans pitié pour les dernières heures de son agonie. Le P. Mesner travaillait depuis trente ans dans les réductions du Paraguay, lorsque le fatal décret de Charles III vint l'arracher à son troupeau. L'innocence et la pureté angélique de ses néophytes étaient devenues comme proverbiales entre les églises du Paraguay, si pures elles-mêmes qu'un évêque n'avait pas craint de dire au roi d'Espagne : « Je ne sais s'il se commet un péché mortel chaque année dans ces admirables églises ».

Pour éloigner le démon, le serviteur de Dieu veillait plusieurs heures chaque nuit, au pied du Saint Sacrement, et malgré de fréquentes et très graves infirmités, il faisait de son corps une perpétuelle hostie de propitiation, par l'usage du jeûne, du cilice et des flagellations. Epuisé de souffrances, couvert de plaies, n'ayant plus qu'un souffle de vie, le P. Mesner fut néanmoins arraché de sa mission au milieu des sanglots de ses chrétiens et emmené à

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