‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 216 sur 327 · XXV AVRIL, — P. PAUL KOLOSVARI · texte numérisé non relu

XXV AVRIL, — P. PAUL KOLOSVARI

de croix que, comme il en fit la confidence à un de ses amis, il ne restait jamais un jour, ni même une heure sans faire souffrir quelque douleur à sa chair.

Cependant il aspirait toujours à se consacrer plus directement au salut des Ames ; et quand les supérieurs, après sa troisième probation, lui ouvrirent enfin la carrière des missions, sa joie fut sans bornes. Le jour où il en reçut la nouvelle fut inscrit par lui avec ceux de son baptême et de son entrée dans la Compagnie au nombre des plus heureux de sa vie. Pendant cinq ans, car la Providence ne lui donna que cette courte mesure, il ne cessa de parcourir à pied les campagnes de la Haute-Hongrie et de la Transylvanie. Pour s'animer au travail, il avait pris cette devise: Quisquis amat Christuni annuntiat ipsum.

Il fit partout revivre sur son passage les merveilles d'ébranlement et de conversion des âmes opérées par les plus illustres missionnaires. Des foules immenses, composées parfois de plus de dix mille personnes, accouraient de tous côtés attirées par l'esprit de Dieu et ne pouvaient se rassasier de l'entendre. Il leur parlait en plein air, jusqu'à trois heures de suite, avec une ardeur surhumaine. Et quand il quittait ces populations pour s'en aller porter à d'autres la bonne nouvelle, on voyait, dit l'historien qui nous a transmis ces détails, se renouveler les scènes qui s'étaient déroulées sur le rivage de Milet lorsque saint Paul quitta ses chers néophytes [Act. 20, 37). Les miracles ajoutaient leur autorité à celle de ses discours et de ses vertus, et lui donnaient une puissance incroyable sur les âmes. 11 étendait sa sollicitude aux besoins même temporels de ses auditeurs et portait le beau nom de père des pauvres. On le vit un jour charger sur ses épaules un misérable

abandonné de tous, couvert de plaies hideuses et infectes, le cou cher dans son propre lit et le soigner avec amour, comme il aurait fait pour Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Malheureusement ses forces s'usèrent vite dans un travail excessif et trop continu. Déjà malade il dut se retirer au collège de Kaschau dans la Haute-Hongrie. La charité des supérieurs multiplia vainement tous les moyens pour sauver une vie si précieuse. Le P. Kolosvari, les mains chargées de mérites, alla recevoir la récompense qu'il avait si vaillamment méritée. Il n'était âgé que de quarante-sept ans et en avait passé vingt dans la Compagnie.

Litterœ nnn. Provinc. Austr. ami. 1731, pp. 561-585 (Archii>. Rom.}. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 192. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 1185. — Kazy, Memoria posthuma insignium ex Huiigar. Societ. Jesu virorum... pp. 137-166.

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