‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 218 sur 327 · XXVII AVRIL · texte numérisé non relu

XXVII AVRIL

Le vingt-septième jour d'avril de l'an 1601, mourut à Olmutz le P. Wenceslas Ssturm, regardé comme le fléau de l'hérésie des Picards. Il fut le premier religieux de la Compagnie qui, avant même d'être prêtre , prêcha aux peuples de la Bohême en leur propre langue. Le zèle et la simplicité de nos Pères leur faisaient inventer mille saintes industries pour le salut des âmes. Comme le P. Wenceslas Ssturm n'avait pas encore étudié la philosophie, et que d'autre part il connaissait seul la langue de Bohême, il traduisait des sermons composés en latin par quelque autre Père ; puis il en faisait corriger le style par un chanoine ami de la Compagnie, et le prêchait ensuite dans l'église, après l'avoir déclamé une ou deux fois au réfectoire, afin de surmonter son excessive timidité.

Plus tard, il devint à son tour le guide, le père d'un grand nombre d'apôtres, qui l'aidèrent à exterminer presque entièrement, avant sa mort, une des plus opiniâtres et la plus immorale peut-être de toutes les sectes de ces contrées. En envoyant ses disciples, il les animait par les mêmes paroles qu'il avait autrefois entendues de A. G. I. — T. I. — 50.

la bouche de saint Ignace : Ite, incendite omnia. Il était lui-même la terreur des hérétiques ; le P. Jouvancy et le P. Tanner racontent que ces malheureux tremblaient au bruit de son nom, qui signifie haliste ou catapulte, comme des soldats sans cœur sont saisis d'effroi au seul souvenir de cette machine de guerre. Epuisé de fatigue, mais toujours ardent au travail, le P. Ssturm fut frappé d'une attaque d'apoplexie le soir du jeudi saint, après être resté de longues heures le matin à entendre les confessions. Il mourut huit jours après à l'âge de soixante-dix ans, dont il avait passé quarante-huit dans la Compagnie.

JuvENCius, Histor. Societ. Jesu, part. 5* , lib. 17, n. 14, p. 406. — Grugehus, Sacri pulveres Bohemias, 26* april., p. 167. — Tanner, Societ. Jesu apostolor. imilatr., p. 338. — Patrignani, MenoL, 27 april., p. 248. — SoTUELLUs, Biblioth., p. 1%1 . — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1464. — ScHMiDL, Histor. Proviiic. Bohem., t. 1, l. 2, n. 55, p. 118; t. 2, lib. 3, n. 11, p. 256. — Nadasi, Ann. dier. memor., 27" april., p. 231. — Pelzel, Boemische Gelehrte S. /., p. 2. — Litterse ann. Soc. Jesu, anno 1601, p. 688.

* Le vingt-septième jour d'avril de l'an 1639, mourut à Olmutz le F. Jacques Kesler, dont les annales du collège disent qu'il était la vivante image de la perfection propre des Goadjuteurs temporels de la Compagnie. Son ardent désir d'être un saint, lui avait fait obtenir la grâce de recevoir Notre-Seigneur au moins trois ou quatre fois par semaine. 11 était si heureux de se fatiguer, d'être méprisé et de crucifier son corps par la pénitence que, pendant les

Page 1