XXVIII MAI. P. FRÉDÉRIC KUNEKEN
trouvé de fer pour l'hérésie. Des assassins, soudoyés au prix de quelques mesures de bière, par une veuve luthérienne, furieuse de ses premiers succès, s'étaient décidés d'abord à le massacrer. Mais celui qu'ils avaient chargé d'épier ses démarches pour choisir le temps et le lieu favorable, revint bientôt émerveillé d'avoir trouvé non pas un démon, comme on le lui avait dit, mais un homme céleste ; tous accoururent aussitôt se jeter aux pieds du missionnaire, pour lui demander pardon et se faire instruire par lui. Un jour, pendant qu'il parlait en public, un ministre hérétique, touché de la force de ses paroles, lui appliqua ce texte de l'Evangile : « Viani Dei in veritate doces ; vous nous enseignez bien réellement la voie de Dieu » (Math. 22. 16). Un autre abjura hautement ses erreurs en présence de tout le peuple, qu'il avait jusqu'alors séduit. A la mort du P. Huneken, il ne restait plus qu'un seul hérétique à Katherberg ; cette âme qu'il n'avait pu gagner à Jésus-Christ, lui fît verser à son agonie ses dernières larmes ; précieux et touchant témoignage de sa charité, que Dieu daigna bénir et récompenser ; car à la nouvelle de la compassion dont il avait été l'objet, le malheureux fut si ému que toute son obstination tomba et qu'il se convertit à la grande joie de ses concitoyens.
Sans entrer ici dans le détail des autres œuvres de zèle, ou des vertus et des miracles du P. Huneken, nous ne pouvons cependant omettre un des plus importants services qu'il ait rendus à l'Eglise. C'est lui qui dans les diocèses de Magdebourg et d'Halberstadt, ainsi que dans les villes de Lubeck et de Hambourg, fit refleurir, surtout par les Exercices de saint Ignace, un grand nombre de communautés qui allaient s'affaiblissant de jour en jour, sans directeur et sans secours, au milieu de l'hérésie. Dans un de ces
monastères, les religieuses, qui le vénéraient comme un ange, assurèrent avoir vu dans ses mains, pendant le saint Sacrifice, l'Enfant Jésus rayonnant d'une ravissante beauté. Le P. Huneken mourut dans la soixante-dix-neuvième année de son âge et la cinquante-quatrième depuis son entrée dans la Compagnie.
Jo. Tanner, Appendix ad vitani P. Alberli Chanowski. — Balbinus, Bohemia Sancta^ titul. 59, p. 117. — Schmidl, Histor. P r ovine . Bohem., t. Z et k passim ; t. 5, lib. 5, n. .51, p. 395 seqq. — ■ Mat h. Tanner, Societ. Jesu apostolor. iinitatr., p. 740 seqq. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 28 maii, p. 203. — Patrignani, MenoL, 28 maggio, p. 195. — Cru- GERius, Sacri Pulveres Bohemise, 28 maii, p. 165. — Summar. vitse defunct. Provinc. Bohem. [Archiv. Boni.).
* Le vingt-huitième jour de mai de l'an 1768, mourut dans la maison du noviciat de Sainte-Anne à Vienne, le P. François Molin- DES, de Ma3'ence, vénérable vieillard âgé de quatre-vingt-dix ans, dont il avait passé soixante-quinze dans la Compagnie. Après avoir occupé les chaires de littérature, de philosophie et de théologie, il fut appliqué au gouvernement des Nôtres, office pour lequel Dieu l'avait doué de qualités éminentes. Il fut tour à tour Maître des novices à Vienne, compagnon du Père Provincial, Recteur du collège de Gratz, Provincial et enfin Préposé de la maison professe.
Après avoir vieilli dans ces charges, le P. Molindes, déjà plus qu'octogénaire, se retira au noviciat de Sainte-Anne, où il mit au service de la communauté, dans l'ofiîce de Père spirituel, les trésors de sa longue expérience. La vue seule de ses vertus était une prédication. 11 donnait les plus touchants exemples d'union à Dieu