XXX MAI
Le trentième jour de mai de l'an 1649, mourut dans la Province de Bohême, le F. Michel Mârtz, professeur de grammaire au collège de Brûnn ; il était âgé de vingt-huit ans et en avait passé neuf dans la Compagnie. Atteint de la peste dans son enfance et déjà près de mourir, il vit tout à coup la très sainte Vierge se montrer à lui resplendissante de gloire. Cette bonne Mère daigna lui rendre la santé, l'appeler à la Compagnie de Jésus et lui donner même l'assurance de son éternelle prédestination. Michel Mârtz ne vécut plus dès lors que pour le Sauveur et sa sainte Mère ; et en signe de son inébranlable résolution de leur appartenir toujours, il entoura ses reins d'une chaîne de fer qu'il porta jusqu'à sa mort.
Novice et Scolastique, la communion faisait ses délices. Il y goûtait des douceurs ineffables et y puisait une force divine, On voyait briller dans ses moindres actions un reflet surnaturel, qui rendait comme sensible la vie de Notre-Seigneur en lui. Pour ne rien perdre des grâces que Dieu voudrait lui communiquer, le F. Mârtz découvrait à son directeur tous les secrets de son âme, avec une entière franchise. Selon l'expression de son biographe, il s'efforçait par dessus tout d'être un enfant de lumière et d'o-
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béissance. L'un de ses Pères spirituels put attester sous la foi du serment, qu'en recevant un jour le compte de conscience du F. Martz, il vit tout à coup resplendir le visage du jeune religieux, tanquam vultuni angeli.
Nadasi, Annus dier. memorab., 30" maii, p. 290. ■ — Drews, Fasti.., 30* maii, p. 206. — Patrignani, Menolog., 30 inagg., p. 213. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, lib. 5, n. 125, p. 543.
* Le trentième jour de mai de l'an 1671, mourut au collège de Molsheim le P. Nicolas Hansler, de Trêves, en très haute réputation de vertu. Il s'était signalé par un amour extraordinaire de l'oraison et un profond mépris de lui-même. 11 consacrait chaque nuit trois heures entières à s'entretenir avec Dieu. Le cilice et la discipline étaient ses pratiques de tous les jours. 11 s'abstint pendant quinze ans de viande et de vin. Il dormait tout habillé sur une natte ; et c'est sur cette même natte qu'il voulut rendre le dernier soupir. Il expira, dit l'auteur de son éloge, plein de joie de quitter la prison de son corps pour aller vivre avec Jésus-Christ. Le P. Hansler était âgé de soixante-quinze ans ; il en avait passé cinquante-six dans la Compagnie.
Sumniar. vitae defunctor. Provinc. Rlieni Superior. [Archiv. Rom.}. — Summar. vitae defunct. Provinc. Bohem. (Archiv. Rom.). « Copia d'una lettera scrilta al P. Nostro Générale dal P. Gioachimo Lier, Rettore del collegio di Molshemio nella Provincia del Rheno Superiore. Molshemio, il di 31 di maggio 1671. Gioachimo Lier ».
Le trentième jour de mai de l'an 1833, mourut au collège de Sion le P. Mathias Vandergrinten, né à Kranenburg dans le duché de Clèves. Encore enfant, il avait été guéri d'une maladie mortelle par les prières du célèbre prince de Hohenlohe. Il résolut de con. sacrer à Dieu la vie qui lui avait été rendue. Ceux qui vécurent avec lui au noviciat et au scolasticat, affirment d'une voix unanime qu'il entreprit et poursuivit l'œuvre de sa perfection avec une ardeur extraordinaire. L'obéissance le ravissait ; il ne se lassait pas d'exalter le bonheur des religieux, toujours assurés de faire la volonté de Dieu en se conformant à celle des supérieurs.
Sa dernière maladie, qui fut longue et douloureuse, fît resplendir d'un nouvel et plus vif éclat toutes ses vertus, sa patience, sa soumission au bon plaisir de Dieu, qui lui demandait le sacrifice de sa vie au lendemain de son sacerdoce, à la veille d'entrer dans la carrière apostolique, et son amour passionné de la croix. Au milieu des crises les plus aiguës, il disait et redisait sans cesse : « Vraiment la souffrance est une grande grâce de Dieu » ; et il ajoutait: « Je ne savais pas qu'il fût si doux de mourir ». Alors aussi parut d'une manière touchante l'attachement du P. Vandergrinten à sa vocation. Tant que ses forces le lui permirent, il récita son chapelet ; et quand la faiblesse lui eut interdit cet effort, il pria le Frère infirmier de le réciter à sa place et devant lui pour obtenir la grâce de la persévérance. A3^ant appris qu'un religieux auquel il était très attaché, venait de rentrer dans le monde : « Oh ! dit-il avec animation, plutôt mourir mille fois que de revenir à la santé et de mourir hors de la Compagnie »! Le P. Van-