‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 280 sur 327 · III JUIN. — P. ALBERT SITTARDT · texte numérisé non relu

III JUIN. — P. ALBERT SITTARDT

pour le couronnement du nouveau roi ; et comme on invitait ces seigneurs à suivre l'exemple de la Hongrie qui venait de se défaire des Jésuites : « Rappelez-vous, répondirent-ils, que si les Croates sont unis à la couronne de Hongrie depuis plusieurs siècles, c'est par leur seule et libre volonté. Or vous nous trouverez unanimes à briser cette union, plutôt que de nous séparer de nos Pères et de nos maîtres ; et si quelque émissaire de Luther ou de Calvin ose paraître au milieu de nous, bientôt les flots de la Save vous rapporteront, avec son coros, le témoignage de l'inébranlable attachement du peuple croate à sa foi ». L^ P. Vragovitz mourut à l'âge de quarante-sept ans : il en avait passé vingt-huit dans la Compagnie.

CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, part. 6^, lib. 2, n. 38, p. 96. — Litterse ann. Societ. Jesu., anno 1608, p. 565 seqq. — Nadasi, Ann. dier. meinor. 3* junii, p. 296. — Drews, Fasli Societ. Jesu, 3=» j'un., p. 212.

*■ Le troisième jour de juin de l'an 1633, mourut au collège d'Osnabriick, dans la Province du Bas-Rhin, le P. Albert Sittardt, d'Aixla-Chapelle, victime de son dévouement au service des pestiférés. Il était âgé de trente ans seulement et en avait passé quinze dans la Compagnie. li occupait la chaire de philosophie au collège d'Osnabruck. A l'enseignement il aimait à joindre les œuvres de charité auprès des pauvres, des malades et des prisonniers. On pouvait le voir mendier à travers les rues de la ville et porter luimême aux indigents ce qu'il avait recueilli pour eux.

Un jour il trouve à l'hôpital, gisant dans la pourriture et l'infection, un soldat prisonnier atteint d'une maladie contagieuse. Il s'approche de lui, le console et le réconcilie avec Dieu, puis avec la permission de son supérieur, il l'adopte comme son fils, le soulève de son fumier, lui prodigue tous les soins avec la tendresse d'une mère et l'arrache à la mort. Il court ensuite à d'autres malades et se dépense auprès d'eux avec le même dévouement. Mais il est frappé à son tour et expire bientôt après, heureux de donner dans ce ministère de charité la vie qu'il avait demandé à sacrifier au salut des âmes dans les missions des Indes. En mourant, le P. Sittardt laissait après lui un tel parfum d'édification que les hérétiques eux-mêmes en furent embaumés : « Voilà disaient-ils, le meilleur des Jésuites; le héros de la charité n'est plus. »

Summar. vitse defunctor. Pr ovine. Rheni Infer. (Archiv. Rom.}.

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